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Sommaire du n° 118 oct - dec 1996

 



Lecture systématique de la Bible

Auteur anonyme connu de la rédaction

Né dans une famille catholique, je me suis converti à 20 ans, en même temps que ma fiancée, et ces lignes ont pour seul but de rendre témoignage à la lecture biblique systématique. Après quelques années de semi isolement spirituel (Une assemblée locale décimée, sans responsable ni local), le Seigneur m'a permis d'organiser une petite réunion dominicale dans notre cuisine, et d'essaimer deux ans après dans un entrepôt désaffecté. Je donne ces précisions pour témoigner que nous étions prêts à servir le Seigneur, mon épouse et moi, ce qui est le contexte nécessaire aux conclusions du témoignage.

Sitôt converti, j'ai lu pour la première fois le Nouveau Testament. Ce modèle était annoté par Fd Faivre, (un outil devenu introuvable), et il m'a permis, en peu de temps, de faire le ménage des croyances erronées, romaines, humaines ou extra bibliques, qui m'avaient été inculquées, et qui ne satisfaisaient pas mon besoin de paix avec Dieu.

Après cette lecture, on m'a donné une "vraie" Bible. Un ouvrage dont la lecture était interdite par mon ancienne religion. J'ai été très intéressé par les deux premiers livres, Josué m'a enthousiasmé, dans les Juges j'ai été indigné par les Israélites, et les Prophètes m'ont arrêté dans mon élan: je n'ai pas su franchir cette montagne dont j'ignorais la logique, et je ne les lisais plus. Seul, le Nouveau Testament m'était accessible, même si je croyais que le Seigneur s'adressait aux païens plutôt qu'aux Juifs.

Lorsque nous avons commencé les réunions de cuisine, 4 à 5 ans après notre conversion, je devais travailler activement afin de découvrir quelque enseignement pour les amis.

Une fois dans le local, les choses allaient mieux grâce à quelques frères de passage, mais ils n'avaient pas conscience de notre ignorance générale. D'autre part, je confesse que je ne lisais la Bible que rarement. L'activisme me poussait à m'occuper des autres beaucoup plus que de moi-même, ce que je trouvais logique, étant sauvé; et puis j'étais le plus ancien des frères.

Un jour un frère visiteur (GR) a dit à mon épouse que j'avais un don de docteur. Un autre (RS) a sondé mes connaissances bibliques, et il m'a conseillé de lire la Bible trois fois par jour: le matin dans la première moitié de l'Ancien Testament, à midi dans la seconde moitié, et le soir dans le Nouveau Testament... Mais en semaine, impossible de lire le matin et midi, sinon en vitesse et pour me donner bonne conscience. De plus, je ne lisais qu'un chapitre à la fois (!).

Au fil des années, je devais délivrer plus de messages (jusqu'à trois certaines semaines), et quand je pense au contenu de ces messages, j'ai honte de leur pauvreté. Je conclus que les chrétiens sont très indulgents.

Longtemps après, en 1988, le frère David Goold travaillait à Marseille dans une assemblée très vivante avec beaucoup de très jeunes convertis. Lors d'une rencontre nationale, il expliquait que le frère Ralph Shallis, de passage à Marseille, avait apporté le témoignage que, dès sa conversion, il s'était mis à lire la Bible deux fois par an, et il avait dit: "J'ai dû lire la Bible 14 fois avant de comprendre le plan de Dieu." Alors certains Marseillais, dont de très jeunes chrétiens, ont dit: "14 fois pour connaître le plan de Dieu, je suis d'accord." Et, pour connaître le plan de Dieu, conclut David, ils ont commencé à lire la Bible en entier au moins deux fois par an.

A cette époque, je lisais la Bible une fois par an, grâce à l'excellent plan de la Ligue pour la lecture de la Bible. J'en avais bonne conscience et j'y trouvais beaucoup de plaisir, mais le témoignage de David m'a interpellé. Alors, j'ai confectionné un plan de lecture en six mois, avec un ordinateur, et le résultat fut surprenant. Après sept ans, non seulement j'ai une compréhension claire et logique du plan de Dieu, mais chaque jour je découvre quelque trésor complémentaire, et la Parole de Dieu me parle comme jamais auparavant. De son côté, mon épouse fait la même expérience, et nous mettons nos acquis en commun. La Parole de Dieu est devenue notre plus agréable sujet de conversation.

Quand je lis un verset, son contexte peut se trouver dans ce que je viens de lire en six mois pas plus. Et le Seigneur me le rappelle comme dans Jean 14. 26: ...L'Esprit saint vous rappellera tout ce que je vous ai dit.

En vérité, je n'ai pas tellement honte d'avoir été si paresseux: parce que le Seigneur est au courant... Il sait ce que nous valons, et il est très patient.

En revanche, j'ai un grand sentiment de colère contre moi-même pour cette grande négligence par laquelle je me suis lésé tout seul. J'ai l'impression de racheter un peu le temps, mais je ne le rattraperai pas d'ici la fin de mon pèlerinage. Je ne suis pas sous une loi, pas plus qu'autrefois, mais lorsque la lecture est exceptionnellement impossible, je ne suis content que lorsque je suis à jour avec mon calendrier.

A mon expérience, il faut quand même calculer la dépense: celui qui ne lit pas systématiquement une fois par an devrait commencer par là avant de doubler le rythme. Et, sauf si l'on peut lire dans l'original, il est bénéfique de changer de version de temps à autre.

Mais, quelque soit le don qui est en nous, s'il est négligé, il ne sert à rien.

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