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Sommaire du n° 139 jan - mar 2002

 



TÉMOIGNAGE SOUS FORME D’UN POÈME

LE SEIGNEUR DE LA VIE

Andrée DUFOUR

Dieu dit: «Je demanderai compte à chaque homme de la vie de son semblable»
(Gen 9.5b).

Jésus a dit: «Venez à moi, vous tous qui êtes accablés sous le poids d’un lourd
fardeau, et je vous donnerai du repos» (Mat 11.28 ; Bible du Semeur).

Maryse murmurait, en ce matin d’été :
« Père, tu m’as donné deux enfants pleins de vie,
Un mari généreux ; pour ta grande bonté
Je suis reconnaissante, et je te remercie.
Puisque tu m’as offert, à la Croix, ton pardon,
Que tu m’as préparé dans ton ciel une place :
Que l’affligé, souvent, s’arrête en ma maison,
Afin de découvrir la beauté de ta grâce ».
Ainsi, résolument, Maryse et son époux
Suivirent le Seigneur dans la joie et la peine.
Tandis que leur parcours semblait tranquille et doux
Ils furent accablés d’une épreuve soudaine.
« Un cancer ! dit Maryse, Oh ! mon Seigneur, pourquoi ?
Faut-il vivre cela ! Quitter si tôt la terre ?
Père, vois mon tourment, mon cœur rempli d’effroi !
Mes enfants si petits ont besoin de leur mère ».
La jeune femme dut mener un vrai combat.
Du doute et de la peur elle fit l’expérience.
Et puis, un jour, Maryse, à son Dieu déclara :
« Je ne te comprends pas, mais je te fais confiance.
J’apporte mon mari, mes enfants à la Croix.
Prends soin d’eux jusqu’au bout, Seigneur, je te les donne.
Quel que soit l’avenir, en ton amour je crois,
Car depuis deux mille ans, tu n’as trompé personne ».
Elle eut à supporter de pénibles tourments,
Mais son âme resta discrètement paisible.
Son être tout entier, malgré soins et calmants
Subit les durs assauts du mal irréversible.
Puis, quelqu’un décida dans le grand hôpital
Qu’il serait « plus humain » d’abréger sa souffrance.
Quelqu’un, tenant en main le mélange fatal
Se glissa près du lit à l’heure du silence.
Mais la malade put dans un suprême effort
Repousser ce quelqu’un, disant d’une voix sûre :
« Non ! mon frère, arrêtez ! ne donnez pas la mort,
Ne risquez pas pour moi l’enfer et sa torture.
Mon Dieu va m’appeler bientôt dans sa maison… »
Puis Maryse se tut, elle était épuisée.
L’homme sentit soudain vaciller sa raison.
Il partit sans un mot, et la tête baissée.
Mais après quelques jours, le Rendez-Vous des cieux
Mit fin à tous les maux de Maryse sur terre.
Qui donc le dépeindra cet instant merveilleux,
De voir enfin Jésus dans la gloire du Père.
Angoisses, deuils, chagrins, quel que soit notre sort
Au plus fort des combats, Il a promis son aide.
Lui qui donne la vie, Il a vaincu la mort,
Afin que dans son ciel « le meilleur » nous précède.
Restons près de Jésus, c’est le Dieu Souverain.
Il a compté nos jours, l’instant, le mois, l’année…
Lorsque nous sommes las, tremblants sur le chemin,
Oh ! n’oublions jamais, non jamais l’ARRIVEE !

Ce poème a été inspiré par un fait réel. Le nom de Maryse est un pseudonyme. Le chrétien, lui aussi, est confronté à cette réalité de la souffrance et de la mort, anomalie amenée par la désobéissance d’Adam. Malgré ses douleurs physiques aiguës, cette jeune maman avait refusé résolument la tentation de l’euthanasie active qui lui fut proposée. Visiblement impressionnée par ce qu’elle venait de vivre sur son lit d’hôpital, Mme Dufour nous écrivit entre autres: «Je
suis consternée de la manière légère dont on aborde le sujet de l’euthanasie autour de moi. Même des personnes âgées de ma connaissance désirent cette solution. Je compatis pleinement à la peur de la souffrance, mais quelle folie, n’est-ce pas? Alors, je vous joins ce poème»…

De plus en plus courants de nos jours, l’euthanasie et l’avortement sont pourtant en flagrante violation contre le sixième commandement « Tu ne commettras pas de meurtre» (Ex 20.13). Notre société humaniste, utilitariste et pragmatique a perdu le sens de la vie et ignore les vraies valeurs, parce que le Dieu de la Bible a été évacué. Levons-nous donc et demandons à Dieu foi et courage afin de nager à contre-courant. Qu’Il munisse l’Eglise de ministères de
compassion envers ceux et celles qui souffrent si intensément et endurent des épreuves morales et physiques, et apportons-leur Jésus-Christ, Sauveur, Consolateur et Espérance vivante. Prions que Dieu nous fasse rencontrer des personnes qui souffrent et auprès desquelles nous pouvons exercer un peu de compassion en les soutenant dans leurs épreuves.

Alors que nous étions en correspondance avec notre sœur, Mme Andrée Dufour, au début février 2001, le Seigneur avait rappelé sa fidèle servante en sa Présence éternelle à la fin du même mois. Nous avons apprécié notre sœur pour sa grande sensibilité et sa compassion face à la détresse et à la solitude des hommes.

H. Lüscher

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