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Sommaire du n° 141 jul - sep 2002

 



ISLAM

RÉFLEXIONS SUR L’ISLAM

Abderrahmane Zaccharia FALL

La difficulté d’annoncer l’Evangile aux musulmans et de les amener à Jésus- Christ a fait naître une production abondante de littérature. Ce sont surtout des conseils, voire des recommandations ou suggestions quant aux stratégies ou «astuces» à utiliser par celui qui est appelé à annoncer l’Evangile dans les zones où l’islam a pignon sur rue.

La réflexion que j’aimerais soumettre au lecteur - je ne suis pas «spécialiste» des questions touchant l’islam - provient de mes diverses expériences en partageant l’Evangile avec les musulmans, en particulier ceux du Sénégal. Cela concerne également la réponse ou la réaction des musulmans à l’Evangile.

L’Ordre suprême du Seigneur

L’ordre suprême du Seigneur est clair et sans ambiguïté: l’évangélisation est une responsabilité qui incombe à tout enfant de Dieu (Mat 28.19-20). Et mieux encore, cet ordre est assorti d’une garantie de sécurité pour celui qui s’y engage («…je suis avec vous…»). Pourtant, c’est le doute qui nous anime souvent et qui fait qu’on se pare de «méthodes», de «stratégies»…, oubliant souvent la puissance de la Parole de Dieu.

Loin de moi l’idée d’occulter dans l’approche des musulmans les spécificités qui leur sont propres et qui nous autorisent à être prudents. Ce que je veux dire surtout, c’est l’utilisation abusive et parfois exclusive de ces «stratégies». La réalité est là: malgré toutes ces «stratégies», l’islam est toujours en net progrès.

Quelles «méthodes» ?

Pourquoi l’islam est-il en net progrès? A mon avis, les musulmans sont conscients des méthodes qu’utilisent les évangéliques pour les gagner à Christ. Les méthodes les plus utilisées se situent au niveau du social (avec des projets de développement)… ce que font aussi, et mieux, les musulmans. Certains parmi eux participent à ces projets sociaux juste le temps de se faire de l’argent, en proclamant haut et fort qu’ils ne deviendront jamais chrétiens.

Autre méthode ou stratégie: la contextualisation. Elle est bonne et saine si elle est un effort d’adaptation et de compréhension des cultures musulmanes. Toutefois, pressée à l’extrême, elle apparaît ridicule et peut même devenir provocatrice pour le musulman. Souvent, cela se voit dans l’habillement et la langue…, deux «choses» qu’affectionnent nos frères et sœurs missionnaires dans leur champ d’action en contexte musulman. Tant ils sont convaincus qu’il faut s’habiller comme les musulmans et parler leur langue. Et la réaction des musulmans est souvent la suivante: «Pourquoi ces étrangers s’habillent-ils comme nous et parlent-ils nos langues? Pourquoi s’intéressent-ils à notre culture?» Ils trouvent suspect l’intérêt que les chrétiens ont pour eux.

L’initiative «inversée»

Face à tout cela, on serait tenté de croire qu’il est impossible, voire très difficile de toucher les musulmans et de les amener à Christ .

Connaître la psychologie du musulman est une chose fondamentale et essentielle. Elle permet de savoir ce qu’il pense de nous, les chrétiens. L’ordre suprême de notre Seigneur Jésus-Christ implique de l’initiative de notre part. Toutefois, elle devrait être «inversée». En clair, le musulman attend en premier lieu du chrétien qu’il vive ce qu’il proclame. Il attend de nous un témoignage vivant et pratique. C’est à ce moment-là qu’ils s’approchera du chrétien en prenant l’initiative (ce que j’appellerais «initiative inversée»). Il sera ouvert et enclin à écouter l’Evangile que nous lui présentons, parce qu’il sera devenu plus crédible pour lui.

Il va de soi que sa conversion à Christ incombe à Dieu. Notre seule responsabilité par rapport à notre présentation de l’Evangile sera de prier pour lui et de croire en sa puissance pour le sauver.

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