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Sommaire du n° 142 oct - dec 2002

 



Les ordonnances du Seigneur

Florentin AZIA

L’auteur de cet article est de nationalité congolaise. Marié et père de deux enfants, il est chef de travaux à l’Institut Pédagogique National à Kinshasa. Il a fait une thèse de doctorat en rapport avec les enfants de la rue, ce qui lui a permis d’initier une ONG pour ces enfants en situation difficile. Son épouse est médecin, et ils ont tous deux à cœur les enfants de la rue. Florentin AZIA est aussi Ancien de l’Assemblée Evangélique «La Réconciliation» à Kinshasa. Il est le responsable de PROMESSES pour la République Démocratique du Congo. Entouré d’une équipe compétente, il dirige également la salle de lecture PROMESSES établie dans l’immeuble du Centre Biblique de Matonge, à la Place de la Victoire, Kinshasa. Il est aussi le Coordinateur pour Kinshasa des cours bibliques EMMAUS.

Notre Seigneur et Sauveur Jésus- Christ nous a laissé deux ordonnances. Il s’agit du Baptême (Mat 28.19) et de la Cène (Luc 22.19-20). Dans cet exposé, nous allons essayer de développer séparément chacune de ces ordonnances.

I. Le baptême chrétien

Au travers de la Bible, nous retrouvons trois formes principales de baptême:
- Celui de Jean-Baptiste qui fut le baptême de repentance (Marc 1.4). Il rendait le baptisé propre à accueillir le Messie dont la venue avait été annoncée sept siècles auparavant.
- Le baptême du Saint-Esprit. Il est l’introduction du chrétien dans le corps de Christ (1 Cor 12.13). Nous sommes baptisés du Saint-Esprit dès l’instant où nous acceptons Christ comme Sauveur et Seigneur, ce qui exclut toute autre forme d’expérience, après la conversion, qui conduirait également au baptême du Saint-Esprit.
- Le baptême d’eau chrétien qui est le signe extérieur de notre identification avec Christ (Rom 6.1-13; Col 2.12).

1. Définition

Le baptême chrétien ou baptême d’eau, est le symbole de notre identification à la mort, l’ensevelissement et la résurrection de Jésus-Christ (Rom 6.1-13). A ce titre, il est un témoignage public de notre appartenance à Christ, partant à l’Eglise. Ceci revient aussi à dire qu’il est une manifestation extérieure de notre foi en Jésus-Christ.

2. Pourquoi le baptême?

Il y a plusieurs raisons qui le justifient, à savoir:
- C’est un ordre du Seigneur, par lequel nous montrons notre amour pour lui (Mat 28.19).
- C’est un témoignage rendant public notre appartenance à Christ.
- C’est un acte d’obéissance à Dieu et aux Ecritures (Jean 14.21).
- Il nous permet de suivre les pas de notre modèle, Jésus (Mat 3.13-16; 1 Jean 2.6).
- Il est nécessaire pour devenir membre d’une église locale (Act 2.40-47).
- Il est aussi nécessaire pour prendre part à la cène (Act 2.40-47).

3. Sous quelle forme le baptême doit-il être administré?

Il est préférable qu’il soit administré par immersion plutôt que par aspersion. Les raisons bibliques qui justifient cette approche sont les suivantes:
- Etymologiquement, ce mot vient du grec baptizo qui signifie plonger, immerger.
- Il n’y a que l’immersion qui illustre au mieux ce que l’on entend par ensevelissement (Rom 6.4). Ainsi, pour parler de baptême, il faut nécessairement que le baptisé disparaisse de la surface des eaux, ne fût-ce que pour une seconde.
- Le contexte biblique. Les exemples de ceux qui sont passés par les eaux du baptême, dans la Bible, attestent que celui-ci se fait par immersion. Dans le cas contraire, il n’aurait pas été écrit que: «Jésus… sortit de l’eau» (Mat 3.16), «Ils descendirent tous deux dans l’eau, et…quand ils furent sortis de l’eau» (Act 8.38-39) concernant l’intendant éthiopien.

4. Quand se faire baptiser?

Pour répondre à cette question, il serait intéressant de considérer ce qui se passait au temps de l’église primitive. La lecture attentive de la Parole de Dieu témoigne que les premiers chrétiens se faisaient baptiser immédiatement après leur conversion. C’est le cas notamment des Samaritains (Act 8.12), de l’intendant éthiopien (Act 8.34-39), de Paul (Act 9.17-18) et du geôlier de Philippe (Act 16.29-33).

Aussi, dans les Ecritures, le verbe croire, qui a ici le sens de recevoir, accepter Christ, précède toujours le verbe baptiser. Cela n’est pas dû au hasard:
- Marc 16.16: «Celui qui croira… et qui sera baptisé».
- Act 8.12: «cru… et furent baptisés».
- Act 18.8: «crurent… et furent baptisés». Comme on peut le remarquer, le baptême était la première expérience chrétienne à laquelle était soumis tout nouveau converti. Selon Act 2.38, la repentance fait partie de l’œuvre de grâce de la régénération comprenant la foi. C’est «l’engagement d’une bonne conscience à Dieu» (1 Pi 3.21), en quelque sorte le commencement de notre carrière de chrétien authentique.

5. Le baptême sauve-t-il?

A la lumière de Marc 16.16, pouvonsnous dire que le baptême d’eau sauve?

Seule la foi en Jésus-Christ sauve (Act 4.12; Eph 2.6-8). Mais pour comprendre ce verset, il est prudent de le lire en entier en le situant dans son contexte et par rapport à l’ensemble de toute la Bible.

Telle est la règle d’or pour la compréhension et l’interprétation de toute Ordre biblique: un passage clair explique un passage plus obscur. Dans ce cas, la seconde partie du verset donne explicitement la réponse à notre question: le baptême d’eau ne sauve pas.

6. Peut-on baptiser des enfants?

Voici quelques malentendus qui poussent certaines personnes à faire baptiser leur bébé:
- La confusion que certains entretiennent entre:
- Présentation et baptême d’enfant. Le Christ a été présenté 8 jours après sa naissance (Luc 2.21-24) et n’a été baptisé qu’à l’âge de 30 ans (Luc 3.21-23).
- Imposition des mains et baptême d’enfant. Christ, comme ses disciples n’a jamais baptisé d’enfant. Mais Il les aimait et leur imposait les mains (Mat 19.13-15).
- Etre baptisé avec sa famille (comme Lydie dans Act 16.15 et Stéphanas dans 1 Cor 1.16), avec les siens (comme le geôlier de Philippe dans Act 16.29-34); sa maison ne signifie nullement qu’il y avait nécessairement des enfants dans ces familles et /ou maisons).
- L’illusion de croire que le baptême d’eau sauve. Cela étant, tous ceux qui se sont fait baptiser avant la conversion, ou par aspersion, doivent, à l’instar des disciples de Jean-Baptiste (Act 19.1-6), accepter Christ pour se faire baptiser par immersion ensuite1.

7. Pourquoi Jésus s’est-il fait baptiser par Jean-Baptiste lorsque l’on sait que ce baptême concernait les pécheurs?

Le baptême de Jean séparait les baptisés de l’état impie du peuple. Jésus-Christ l’a reçu, non parce qu’Il était pécheur et devait se repentir, mais afin de s’identifier avec le reste repentant d’Israël et d’accomplir par là tout ce qui est juste (Mat 3.13-15).

8. Quelle vérité se dégage de Rom 6.4 et Col 3.1-3?

Cette question renvoie à l’attitude à tenir après le baptême. Le chrétien baptisé doit désormais marcher en nouveauté de vie! Par le baptême, il confesse publiquement qu’il est mort et enseveli avec Christ quant au péché, et ressuscité avec Lui pour de bonnes œuvres.

II. La cène

1. Origine

Avant de parler succinctement de l’origine de la cène, il est bon de signaler que la littérature spécialisée use de différents termes pour la désigner. Ainsi, la cène est synonyme de «repas du Seigneur», «fraction du pain», «communion», «cène du Seigneur».

«Cène» vient du latin cena, qui signifie repas du soir. On opta pour cette appellation, car cet acte solennel de souvenir fut institué par le Seigneur Jésus-Christ la nuit même où Il fut livré, c’est-à-dire immédiatement après avoir célébré la dernière Pâque avec ses disciples (1 Cor 11.23-26).

La Pâque était fêtée en mémoire de l’agneau qui avait été égorgé avant la sortie d’Egypte, agneau par le sang duquel les Israélites avaient été mis à l’abri du jugement de Dieu. Maintenant le moment était venu où le vrai Agneau pascal, Jésus lui-même, devait être mis à mort; où son sang allait être versé pour plusieurs en rémission de leurs péchés (Mat 26.28).

2. Pourquoi la cène?

Plusieurs raisons peuvent être évoquées, notamment:

- C’est un ordre du Seigneur. Il utilise l’impératif dans Luc 22.19 (Faites ceci…) pour parler de cette réalité.
- C’est un moyen de nous souvenir de ce qu’Il a fait pour nous à Golgotha (Luc 22.19: «… en mémoire de moi»).
- C’est un témoignage public de notre communion avec Christ et entre nous (1 Cor 10.16-17). Ainsi, en nous levant pour prendre part à la table du Seigneur, nous témoignons par là que non seulement nous sommes en relation avec Dieu, mais aussi en communion avec Lui et nos frères et sœurs dans la foi.
- C’est l’occasion d’annoncer son retour imminent (1 Cor 11.26: «…jusqu’à ce qu’Il vienne…»). Sa seconde venue constitue un motif de réjouissance pour tous ceux qui sont nés de nouveau, parce qu’ils verront le Christ tel qu’Il est et qu’ils vivront éternellement à ses côtés.

3. Quand prendre part à la cène?

Cela varie d’une église locale à l’autre, surtout que la Bible ne donne pas de commandement impératif. Act 2.46 parle de chaque jour, tandis que Act 20.7 parle du «jour du Seigneur». En Act 20.7, ils «étaient assemblés à Troas, le premier jour de la semaine, pour rompre le pain». L’ensemble des textes bibliques dans les Actes et les épitres nous autorise à penser que l’on avait l’habitude de prendre la cène chaque premier jour de la semaine - donc chaque dimanche.

Dans la plupart des églises africaines, la tendance est de plus en plus de procéder à la cène une fois par mois, pour ne pas la «désacraliser», dit-on.

Toutefois, ce qui importe, ce n’est pas la fréquence, mais l’institution – sa pratique – et l’attitude dans laquelle elle se pratique2.

4. Conditions à remplir

La cène reste le moment d’adoration publique par excellence. Il nécessite le discernement et une attitude de prière. Celui qui veut participer à la fraction du pain, doit non seulement réaliser la présence du Seigneur (Mat 18.20; 28.20), mais aussi remplir certaines conditions:
- Etre en Christ.
- Etre passé par le baptême d’eau (Act 2.41-47).
- Ne pas professer des erreurs doctrinales (1 Tim 6.3-11; 2 Jean 7-11).
- Ne pas avoir la conscience chargée de péchés non confessés (2 Tim 2.19; Héb 10.22).
- S’être mis en règle avec le Seigneur et son prochain (Mat 5.23-24); de ce fait, les personnes ayant fait l’objet d’une mesure d’excommunication pour une raison morale (adultère, par exemple), ne peuvent y participer.

5. Conséquences et exhortation

Celui qui prend indignement la cène du Seigneur ( 1 Cor 11.27-31), peut subir la colère de Dieu à travers des infirmités, des maladies, voire même un décès prématuré. La marche quotidienne avec Dieu est une affaire sérieuse. Le Seigneur nous demande de ne jamais manger du pain et boire de la coupe sans nous éprouver personnellement devant Lui d’abord. Nous sommes donc invités à nous repentir devant le Seigneur de nos fautes ouvertes ou cachées et à nous préparer ainsi à la participation au repas du Seigneur. N’oublions jamais que nous sommes conviés au festin du Roi des rois pour rendre hommage à sa Personne et à son œuvre rédemptrice. Mais, par dessus tout, quel bonheur de se savoir accueilli à sa table, comme le fils prodigue, qui, après s’être repenti, put prendre place au festin de son père!

Notes
1 N.d.l.r.: D’autres, en revanche, pensent que le baptême est d’abord un acte de consécration au Seigneur, marquant une mise à part pour Dieu; la conversion serait alors la confirmation de cet acte. Mais il nous semble que le modèle néo-testamentaire priviliégie le baptême d’eau par immersion à la suite de la conversion à Jésus-Christ, comme le montre par exemple le récit des disciples de Jean-Baptiste (Ac 19.1-6).
2 N.d.l.r.: Nous pensons que si l’on enseignait l’esprit dans lequel ce mémorial doit être célébré, les églises le prendraient probablement avec plus de fréquence, comme ce fut le cas dans l’église primitive où l’on procédait au repas du Seigneur chaque «premier jour de la semaine» (Ac 20.7). Le danger devient alors de transformer la cène en un simple acte traditionnel. Or, le mémorial est toujours un moment des plus solennels: «Christ livré pour nos offenses et ressuscité pour notre justification» (Rom 4.25).

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