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Sommaire du n° 152 avr - jun 2005

 



Dossier

SOMMES-NOUS DES FONDAMENTALISTES ?

Jan Bert de MOOY

I. Introduction

Certains évangéliques sont aujourd’hui taxés de fondamentalistes. Sommes-nous donc réellement des fondamentalistes ?

Observons tout d’abord que le classement des êtres humains en fonction de leurs croyances se présente comme une tâche délicate qui réclame souplesse et discernement. Nul d’entre nous n’aime être catalogué, pour la simple raison que les étiquettes que les autres nous réservent sont généralement peu flatteuses.

Le terme « fondamentaliste » a une connotation très négative aux yeux de la population. On a peur des fondamentalistes tels qu’ils sont présentés dans les médias. Pourquoi ? Parce qu’on se défie du fanatisme, de l’intolérance et de la violence religieuse.

Dans le dictionnaire, le fondamentaliste est défini comme « un croyant extrémiste, traditionaliste, orthodoxe, conformiste et conservateur. C’est une personne qui adhère aux fondements de sa foi, du point de vue le plus orthodoxe possible. Ce mot vient du latin fundamentalis, de fundamentum ».

Certains chrétiens évangéliques sont perçus comme des fondamentalistes caractérisés par une lecture intransigeante, littérale, rigide des textes de la Bible, et par leur refus de toute relativisation de son message. Ils le manifestent, par exemple, dans leur rejet de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux.

Les termes « évangélique » (utilisé sans nuances pour désigner toutes les tendances du mouvement évangélique) et « fondamentaliste » sont parfois synonymes. Ainsi, dans un article paru dans L’Hebdo du 15 mai 1997 en Suisse romande, le journaliste écrit : « Les évangéliques sont déjà plus de 200 000 en Suisse ! Armés d’une foi pure et dure, ils prennent la Bible à la lettre, arborent des poissons sur leurs voitures et pratiquent le culte à l’américaine, avec un ‘D.J’ pour animer les cantiques. »

Les termes employés par nos contemporains pour nous désigner, tout comme les confusions qui en découlent, nous poussent donc à clarifier la question de notre identité. En effet, il n’est pas inutile de comprendre ce que le monde pense de nous, mais il est surtout vital de savoir comment nous (nous) représentons la révélation de Dieu au travers des saintes Ecritures.

II. Le fondamentalisme dans tous ses états

Le monde qui nous entoure ne commente pas le « phénomène » fondamentaliste d’une seule voix. Pour nous comprendre et nous expliquer, les approches et les discours sont multiples, et pas toujours concordants ! Rappelons quelques pistes.

a) L’approche sociologique

Le fondamentalisme est perçu comme une réaction contre la modernité. Dans cette approche, l’homme (et ce qu’on décrit comme ses droits et ses besoins élémentaires) est l’objet et la référence ultime (ainsi que l’exige l’humanisme moderne). L’anthropologie et la sociologie relèguent la Bible et la foi chrétienne classique au rang de reliques d’un autre âge. Le fondamentalisme est donc facilement classé parmi les mouvements anti-progressistes, et non scientifiques.

b) L’approche théologique

Le fondamentalisme est perçu par les théologiens libéraux comme une menace anti-intellectuelle. Le fondamentalisme existe, selon cette définition, pour empêcher le christianisme de perdre son influence sur la société (à la limite, on l’accuse de se montrer complice de régimes politiques « de droite » très mal-aimés en Europe). Les évangéliques sont dénoncés comme des croyants simplistes qui refusent de lire la Bible d’une façon critique. A l’encontre de ce que préconise la théologie libérale, les évangéliques semblent être en conflit avec toute position qui s’attaquerait à l’historicité et à l’inspiration des textes sacrés1.

c) L’approche psychologique

Dans cette approche, le fondamentalisme exprime un besoin de sécurité face à la déstabilisation de la société, face à la perte des normes et des valeurs éthiques qui furent autrefois la base même de notre civilisation2. Le fondamentalisme serait donc une façon un peu désespérée de répondre au vide moral et sémantique de notre monde postmoderne.

d) L’approche médiatique

Finalement, dans l’approche médiatique, le fondamentalisme est perçu par les journalistes comme un mouvement de re-christianisation du monde séculier, sur le modèle des projets musulmans qui visent à ré-islamiser le monde. Ainsi les évangéliques sont assimilés à un mouvement de reconquête. Or les journalistes, dont les positions sont souvent teintées de libéralisme humaniste, se montrent volontiers horrifiés à la pensée de l’avènement d’une forme quelconque de théocratie.

III. Les fondamentalistes sur la sellette

La théologie libérale fait la différence entre le Jésus de la foi, le Jésus de la Bible et le Jésus de l’histoire. Pratiquement, ces théologiens, tout en se proclamant chrétiens, n’hésiteront pas à remettre en question l’existence historique de Jésus-Christ au 1er siècle. Ou encore s’attaqueront à des faits qui semblaient pourtant largement confirmés : « De nouvelles découvertes archéologiques remettent en cause l’existence d’un royaume unifié aux XIe et Xe siècles avant J.-C. » Conclusion de l’archéologue : le grand Israël des rois David et Salomon n’a jamais existé3. Il est donc très important que nous examinions brièvement quelles sont les critiques que les théologiens libéraux adressent aux fondamentalistes évangéliques. Ils nous reprochent…

1. De croire à l’inerrance et à l’inspiration plénière des saintes Ecritures.
2. De vouloir convaincre les autres par des méthodes d’évangélisation qui visent la conversion individuelle (accusation de prosélytisme).
3. De mettre l’accent sur le rôle primordial de la conversion, c’est-à-dire sur l’expérience personnelle de la conversion et d’une vie de piété en harmonie avec la foi.
4. D’insister sur la réalité du péché (dont les libéraux ont depuis longtemps relativisé la gravité) ; James Barr, dans son ouvrage sur les fondamentalistes, écrit que les évangéliques sont obsédés par le péché et par la culpabilité. Le fondamentalisme existe, dit-il, parce qu’il a besoin du péché pour exister4. Quoi qu’en pense cet auteur, les conséquences tragiques d’un christianisme sans contenu (et « sans péché » !) sont malheureusement démontrées par les dernières recensions qui font apparaître un recul constant du christianisme en Europe. En Suisse par exemple, les protestants ont diminué de 4 % en 10 ans, et les catholiques de 2 %5, et ce malgré l’augmentation de la population. En revanche, le nombre de musulmans a doublé en dix ans6. Du côté catholique romain, le cardinal Schwery écrit : « La société devient de plus en plus païenne »7.
5. De mettre l’accent sur l’importance de la prière personnelle. Les détracteurs du fondamentalisme proposent à la place une foi communautaire, d’orientation essentiellement liturgique. Ils désapprouvent totalement le désir de promouvoir le rétablissement de la prière dans les écoles publiques, selon les propos du sociologue Ben Barka dans son livre Les nouveaux rédempteurs8.
6. De voler la liberté de conscience de chaque être humain en matière de religion. Mais à l’examen, qui sont ceux qui, en Suisse, en France, ou en Allemagne, sont jaloux de conserver leurs privilèges de « religions d’Etat » ? Sûrement pas les évangéliques.
7. D’avoir une vision biblique de la société. On déteste nos thèses créationnistes, même modérées. Un ouvrage comme celui d’Edward J. Young, qui insiste sur une lecture littérale du récit de la création9, est jeté aux orties.
8. D’accréditer une christologie basée exclusivement sur la révélation biblique. Pour nous, il est clair que si nous mettons en doute l’historicité du Fils de Dieu, et l’inspiration plénière de la Bible, nous ne pouvons plus soutenir la thèse de la divinité de Christ. Et toute la christologie tombe d’un coup (comme l’écrit par exemple Donald MacLeod dans son ouvrage La personne du Christ10). Ce ne sont pas seulement les fondamentalistes qui sont ici pris à parti par la théologie officielle : c’est le cœur du christianisme qui est attaqué !
9. De croire en un jugement des incrédules à la fin du monde, et de parler de peines éternelles.

IV. Sommes-nous des fondamentalistes ?

Pour éviter des controverses inutiles, il serait peut-être opportun de ne pas revendiquer à tout prix le qualificatif de « fondamentalistes », tant ses connotations actuelles sont parfois éloignées de ce que nous croyons ! Mais admettons que, comme beaucoup d’évangéliques, nous sommes bien des conservateurs quant aux doctrines essentielles de la Réforme. Au reste, soyons-en persuadés : Jean Calvin ou Martin Luther seraient aujourd’hui taxés par leurs ennemis de fondamentalistes.

Le théologien J. Stott regrette, pour sa part, l’amalgame que font James Barr et ses semblables entre fondamentalisme et évangélisme. Barr met en effet dans le même sac :

- le fondamentalisme en général ;
- certains mouvements purs et durs comme les intégristes catholiques par exemple ;
- les évangéliques modérés prêts à se remettre en question.

John Stott estime que James Barr juge très mal ces derniers, et que son attitude dénote de la méchanceté, de l’incompréhension ou de l’ignorance. Il écrit : « Qu’il soit dit clairement d’emblée que l’immense majorité des chrétiens évangéliques (du moins en Europe) rejette l’étiquette ‘fondamentaliste’, car ils sont en désaccord avec les prétendus fondamentalistes sur de nombreux points importants »11. Sans nous attarder sur les différences abyssales qui nous distinguent des fondamentalistes islamistes, nous résumerons ici les thèses de J. Stott sur ce qui nous sépare des intégristes catholiques.

V. Similitudes et différences entre évangéliques conservateurs et catholiques intégristes

a. Similitudes

1. Les deux tendances ont la conviction que l’évolution de la modernité actuelle met en péril les fondements de la foi chrétienne. D’où le reproche qu’on adresse aux deux mouvements : pour éviter que la Vérité absolue ne soit altérée, vous faites preuve d’un comportement militant excessif et d’un esprit exclusif.

2. James Barr prétend que les fondamentalistes sont persuadés d’être les seuls détenteurs de la doctrine chrétienne authentique et les seuls dépositaires de la vérité, et qu’ils rejettent en conséquence tous ceux qui ne pensent pas comme eux12. Bien plus, la monopolisation du christianisme a pour résultat, selon les libéraux, la diabolisation de toute autre position. Cette critique doit être prise au sérieux et vaut la peine qu’on y réfléchisse, puisque certains évangéliques sont en effet très exclusifs dans leur façon d’exprimer leur opinion. Mais si, jusqu’à un certain point, évangéliques conservateurs et intégristes sont persuadés que la Bible est la Parole de Dieu, il n’en découle pas pour autant qu’une quelconque organisation ou association d’églises soit détentrice unique et permanente de la vérité. C’est la Parole de Dieu qui est la vérité. Et la mission de l’Eglise est de soutenir cette vérité (1 Tim 3.15).

3. Les deux courants n’acceptent pas l’œcuménisme, car s’ils le faisaient, ils devraient tolérer l’incertitude et la relativité de leurs positions doctrinales13. Donc, ni les évangéliques conservateurs, ni les catholiques intégristes n’aiment l’œcuménisme. C’est un point que nous ne pouvons pas contester, pour la plupart d’entre nous.

4. On reproche aux évangéliques conservateurs et aux intégristes d’avoir une lecture pessimiste de l’évolution sociale, éthique et politique de notre époque. Ils se voient comme les dépositaires privilégiés de l’héritage chrétien, seul espoir d’échapper à l’effondrement de l’Occident. Par leurs racines, évangéliques et intégristes s’ancrent dans les idéaux soit de la réforme, soit de la contre-réforme. Cette remarque me semble aussi juste de la part de nos adversaires libéraux.

b. Différences

1. Si les évangéliques conservateurs rejettent les structures ecclésiales autoritaires propre au système romain, les intégristes catholiques (tels les adeptes de feu l’évêque Marcel Lefebvre) prônent le retour aux institutions sacrées de l’Église, avec le Pape à leur tête. Les intégristes restent de farouches partisans de la plupart des hérésies anti-bibliques combattues autrefois au prix d’immenses sacrifices par les Réformateurs. Evangéliques et intégristes sont donc foncièrement divergents sur bien des points essentiels, et non négociables.

2.. Les évangéliques conservateurs, s’appuyant sur des fondements scripturaires clairs et intangibles, insistent sur la nécessité de la conversion personnelle et de la nouvelle naissance, conjointes à la repentance et à la foi personnelle en Jésus-Christ (cf 2 Cor 5.17). AA l’inverse, les intégristes catholiques (comme les catholiques en général) reçoivent le salut au travers du magistère de l’EEglise et de l’administration des sacrements, sans engagement complet de la conscience, de l’intelligence, de la volonté, et du cœur.

VI. Sept marques de notre identité

Les évangéliques, reconnaissons-le, sont loin de toujours parler d’une seule voix, de défendre les mêmes priorités, de faire preuve de la même rigueur, doctrinale ou pratique, de présenter le même degré de fidélité par rapport au message de l’Evangile dont ils se réclament. A défaut de pouvoir ici nous étendre sur ce qui « sépare » les évangéliques, nous terminerons notre article par une brève revue de quelques certitudes qui constituent le noyau de notre identité.

1) Nous croyons à l’inerrance et à l’autorité de l’Ecriture

Nous croyons que la Bible est la seule règle, certaine et infaillible, qui suffit pour toute connaissance en matière de salut, de foi et de conduite pratique (2 Tim 3.15-17). Nous ajoutons encore cette précision : « Puisque Dieu n’a promis nulle part que l’Ecriture serait transmise sans erreur, il faut bien affirmer que seul le texte des autographes, des documents originaux, a été inspiré, et il faut bien maintenir que la critique textuelle est nécessaire pour détecter toute altération introduite dans le texte au cours de sa transmission. La conclusion de ce travail scientifique, cependant, c’est que le texte hébreu et grec se révèle étonnamment bien conservé, si bien que nous avons tout à fait le droit d’affirmer, avec la Confession de Westminster, que Dieu y a veillé spécialement dans sa providence, et que l’autorité de l’Ecriture n’est en rien menacée si les manuscrits que nous détenons ne sont pas totalement sans erreur »14.

2) Nous croyons que l’homme a perdu sa justice originelle et sa communion avec Dieu le Créateur

Par le péché, Adam et Eve ont perdu leur justice originelle et leur communion avec Dieu (Gen 3.6-8). Ils sont devenus spirituellement morts, et promis à la mort physique, à cause de leur désobéissance à Dieu (Gen 2.17 ; Eph 2.1). Par le péché, leur nature a été corrompue, et avec eux, tous leurs descendants (Ps 51.5 ; Gen 5.3 ; Job 14.4 ; 15.14).

3) Nous croyons que Jésus-Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes

Il a plu à Dieu, dans son dessein éternel, de choisir et d’établir le Seigneur Jésus, son unique Fils engendré, comme Médiateur entre lui et l’homme, comme Prophète (Act 3.22), comme Prêtre (Héb 5.5,6) et comme Roi (Ps 2.6 ; Luc 1.33). Jésus-Christ est la tête et le sauveur de son Eglise (Eph 5.23). Le Fils de Dieu est la seconde personne de la Trinité. Etant Dieu vrai et éternel de même substance que le Père, et son égal, il a assumé, quand les temps furent accomplis, la nature humaine (Jean 1.1,14 ; 1 Jean 5.20 ; Phil 2.6 ; Gal 4.4). Dans son corps, Jésus-Christ a accompli, au terme d’une vie parfaite, l’œuvre de notre rédemption par sa mort à la croix. Son sacrifice, agréé par le Père, sa résurrection et son ascension à la droite de Dieu, nous assurent un salut éternel, et tous les privilèges qui découlent d’une relation nouvelle avec Dieu (Rom 3.21-26). Il n’y a de salut en aucun autre (Act 4.12).

4) Nous croyons à la nécessité de la collaboration entre les chrétiens dans les églises que nous représentons

Les évangéliques sont ouverts à collaborer avec toutes les églises qui affirment clairement l’inspiration plénière et l’autorité des Écritures. « Nous affirmons que la Bible reçoit son autorité canonique de son inspiration par le Saint-Esprit et que le rôle de l’Eglise a été et reste de reconnaître et d’affirmer cette autorité. Nous affirmons que Christ le Seigneur a établi son Eglise sur la terre et la gouverne par sa Parole et par son Esprit. Nous affirmons que l’Eglise est apostolique si elle reçoit la doctrine des apôtres rapportée par l’Ecriture, se fonde sur elle et continue de proclamer l’Evangile apostolique. […] Nous affirmons que les marques ou ‘notes’ d’authenticité de l’église locale sont la confession et la proclamation fidèles de la Parole de Dieu, l’administration du baptême et de la cène selon la discipline biblique. Nous affirmons que, dans leur organisation comme dans leur doctrine, les églises sont soumises à la Parole du Christ. Nous affirmons qu’en plus de leur engagement dans une église locale, les chrétiens peuvent légitimement s’engager dans des organisations para-ecclésiales pour des ministères spécialisés. »15

5) Nous croyons à l’égalité devant Dieu de l’homme et de la femme, et des êtres humains en général

« Nous rejetons l’idée selon laquelle la différence des situations culturelles invalide le principe biblique de l’égalité entre l’homme et la femme, ou les exigences bibliques quant à leurs rôles respectifs dans l’église. »16 Dieu a créé l’homme et la femme à son image et il a accordé à tout être humain des droits fondamentaux, aussi bien matériels que spirituels, qui doivent être sauvegardés, maintenus et cultivés. Un principe d’équité est donc prescrit à l’humanité, et il s’applique aux personnes de conditions sociales, économiques, nationales, raciales, différentes. Nous croyons que l’individu est, en dernière instance, responsable devant Dieu de la façon dont il a fait usage de ses droits.

6) Nous croyons au caractère sacré de la vie humaine

« Nous affirmons que Dieu le Créateur est souverain sur toute vie humaine et que l’humanité est responsable, devant lui, de sa préservation et de sa protection. Nous affirmons que la vie de l’homme commence à la conception et dure jusqu’à la mort biologique. En conséquence, l’avortement (sauf lorsque la vie physique de la mère est menacée), l’infanticide, le suicide et l’euthanasie sont des formes de meurtre. »17

7) Nous croyons au retour visible et personnel de Jésus-Christ

Les évangéliques veulent vivre pleinement leur foi ici-bas, tout en attendant ardemment le retour personnel, visible, glorieux et triomphal du Seigneur Jésus-Christ. Dieu a fixé un jour où il jugera le monde, en toute justice, par Jésus-Christ (Act 17.31). Dieu a donné tout pouvoir et tout jugement à Christ (Jean 5.22,27). Tous les êtres humains qui ont vécu sur la terre comparaîtront devant Dieu pour rendre compte de leurs pensées, de leurs paroles et de leurs actes, et pour être rétribués selon ce qu’ils auront fait dans leur corps, soit en bien, soit en mal (2 Cor 5.10 ; Rom 2.16 ; 14.10,12 ; Mat 12.36,37). En fixant ce jour, Dieu va manifester la gloire de sa miséricorde par le salut éternel des élus, et celle de sa justice par le jugement des réprouvés : alors les justes iront à la vie éternelle et les incrédules seront jetés dans le feu éternel (Mat 25.21, 31-46 ; Rom 2.5,6 ; 9.22,23 ; Act 3.19 ; 2 Thes 1.7-10).

VII. Conclusion

La Bible ne parle pas des fondamentalistes, mais du fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire18. C’est sur ce fondement que nous devons rester établis. « L’appel à la fermeté est un cri qui s’impose aujourd’hui pour les évangéliques. »19 En tant qu’évangéliques conservateurs, nous tenons aux trois « R » :

- Révélation : Dieu le Père qui se révèle par l’Ecriture,
- Rédemption : Dieu le Fils qui se révèle par son incarnation et son œuvre rédemptrice à la croix,
- Régénération : Dieu le Saint-Esprit qui se révèle par son opération dans le cœur.

Pourquoi faut-il insister sur le fondement ? Afin de ne pas s’égarer (Eph 4.14-16) loin du message de la croix, qui est « le fondement et le cœur » de l’Evangile (1 Cor 1.18-30). Voilà ce qui nous constitue en tant qu’entité spirituelle unique, et qui fait notre raison d’être.

Si le monde nous qualifie, avec dédain, de « fondamentalistes », n’en soyons pas surpris. C’est le témoignage qu’il nous rend, à sa manière, parce que nous croyons que seul Jésus-Christ est « le chemin, la vérité, et la vie ». Nul ne vient au Père que par lui (Jean 14.6).

SOLI DEO GLORIA !

1Le livre Vérité historique et critique biblique, nous aide à faire le point dans ce débat (PBU, Collection théologique Hokhma, 1982).
2Exemples de dérives actuelles : le concubinage remplace le mariage ; l’homosexualité se veut l’égale de la relation hétéro-sexuelle ; la famille traditionnelle est remplacée par les familles recomposées, ou monoparentales ; l’avortement est légalisé ; l’euthanasie est un acte médical parmi d’autres, une option laissée à la libre appréciation des patients.
3Le Temps, mercredi 12 juin 2002, p 37.
4J. Barr, Fundamentalism, reprint 1995, SCM Press, London, chapitre II.
5La Liberté, mercredi 23 janvier 2002, p. 3
6Nuance, octobre 2002, p. 23-24.
7La Liberté, samedi 21 décembre 2002, p 10.
8M.B. Barka, Les nouveaux rédempteurs, Labor et Fides, 1998, p 9.
9E.J. Young, Au commencement, Dieu, Kerygma, 2000 ; E.Andrews, Dieu dit… et il y eut, Europresse, 1991.
10Cf. Donald MacLeod, Collection théologie, Excelsis 1999.
11J. Stott, La foi évangélique, LLB, 2000, p 19.
12James Barr, ibid., p. 11ss.
13Barka, ibid., p 32.
14« Les trois Déclarations de Chicago », La Revue reformée, n° 197, 1998/1, Tome XLIX, p. 32.
15« Les trois Déclarations de Chicago », ibid., p 48.
16« Les trois Déclarations de Chicago », ibid., p 49.
17« Les trois Déclarations de Chicago », ibid., p 49.
18Cf Éph 2.20 ; Rom 15 :20-21 ; 1 Cor 3 :11 ; Act 4.11.
19J. Stott, ibid., p 135.

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