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Sommaire du n° 153 jul - sep 2005

 



Histoire de l'Eglise

La Réforme zwinglienne et les anabaptistes (9)

Scott McCARTY

Introduction : la situation en Suisse

Cet article traite un sujet peu connu par la majorité des protestants. En effet, non seulement le personnage central, Huldrych Zwingli (1483-1531), est chronologiquement encadré par deux géants de la Réforme, Luther et Calvin, mais il est mort relativement plus jeune qu’eux. Néanmoins, ce Suisse a été le premier grand réformateur non-luthérien.

Pour saisir la particularité du début de la Réforme suisse, il est nécessaire d’avoir un aperçu de la situation politico-religieuse de l’époque, qui ne ressemblait pas à celle de l’Allemagne de Luther.

Au début du XVIe siècle, les Suisses sont le seul peuple libre en Europe, même s’ils sont considérés comme faisant partie du Saint Empire romain germanique depuis 1291, quand trois cantons ont créé une Confédération, à laquelle dix autres cantons ont progressivement adhéré. Cette Confédération est une sorte de république modérée, permettant à chaque canton de gouverner ses propres affaires intérieures. Pour toute affaire extérieure touchant l’ensemble des cantons, la Confédération est gouvernée par une diète. Chaque canton y est représenté par le même nombre de députés, malgré les différences de population entre les cantons1.

L’Eglise de Rome en Suisse est totalement corrompue, non seulement par de fausses doctrines mais aussi par un clergé ignorant, superstitieux et immoral à outrance. Le peuple est souillé de diverses manières par la pratique des mercenaires issus de ses rangs et mis à disposition de puissances étrangères ; à cette époque, les meilleurs soldats européens proviennent des cantons pauvres de Suisse2. Les villes sont exploitées financièrement par la papauté.

Parallèlement, l’humanisme exerce une puissante influence sur la Confédération, surtout par la présence de son plus illustre représentant, Erasme, à Bâle. Cette ville intellectuelle, au carrefour de trois nations, est un centre européen pour l’imprimerie : le premier Nouveau Testament grec y fut imprimé en 1516. A l’université de Bâle, le professeur Thomas Wyttenbach attaque entre 1505 et 1508 les indulgences, la messe, la justification par les œuvres, et le célibat forcé du clergé. La République suisse se trouve au croisement de son existence au début du XVIe siècle : elle vit le déchirement des rivalités entre cantons et entre des grandes villes ; elle se corrompt par les effets du système des mercenaires ; elle méprise Rome à cause de ses papes trop « gourmands » et de son clergé méprisable. Quelque chose doit changer !

I. Zwingli

De la prêtrise au salut

Ce « quelque chose » se personnifie dans le prêtre suisse germanophone H. Zwingli (1484-1531). Né d’un père magistrat, élevé en bon catholique et fervent patriote des libertés suisses, diplômé deux fois de l’Université de Bâle, il est aussi poète et un musicien accompli (il joue de six instruments) ; il a aussi mémorisé le grec du N.T. à partir de 1516. C’est un jeune intellectuel, influencé par l’humanisme d’Erasme et le biblicisme de Wyttenbach. Résultat ? Zwingli est un personnage complexe, polyvalent, humaniste, autodidacte dans le domaine biblique, penseur et écrivain religieux, grand patriote ; ce patriotisme à l’extrême lui coûtera la vie. L’empreinte d’Erasme et de Wyttenbach ne s’effacera jamais dans la vie ni dans l’œuvre de Zwingli.

Zwingli débute sa prêtrise en 1506 à Glaris, où il plonge dans l’étude des Ecritures, des Pères de l’Eglise et des philosophes païens. C’est un pasteur diligent, un collègue amical, un étudiant studieux, un prédicateur efficace, très apprécié pour ses expositions du texte biblique.

Pendant son séjour de dix ans à Glaris, il attaque progressivement, mais avec modération, à travers ses écrits, les abus évidents touchant à tout ce qui mine la vie personnelle, sociale, religieuse et politique du peuple suisse. Son réveil spirituel commence à cette période, sûrement sous l’influence antérieure de Wyttenbach. Peut-on pointer du doigt le moment exact où Zwingli se convertit à Christ, puis son passage du réformiste au réformateur ? Non ! Car à Glaris, il met en avant son humanisme biblique, comme en témoigne son interprétation des épîtres de Paul à la lumière du Sermon sur la Montagne et de Platon ! Ce bon catholique pacifiste chemine lentement vers le salut. Ce processus intellectuel et spirituel ne s’achève qu’après son arrivée à Zurich, à partir de 1519. Il cherche diligemment « la voie » dans le N.T., guidé par les mots d’Erasme qui affirmait vers 1514-1515 que Christ est « la source de tout bien, sauveur, consolateur et trésor de l’âme ». Il n’a aucune intention à cette époque ni de détruire l’influence de Rome, ni de la quitter. Il espère seulement l’améliorer. Malheureusement, cet homme intense qui est « en chemin » ne triomphe pas de son penchant pour la chair, une pratique très commune parmi les prêtres… Cela trouble toutefois sa conscience, malgré le dicton : « Si non caste, saltem caute ! » (Si tu n’es pas chaste, au moins sois prudent). Heureusement, il est victorieux de ces penchants après avoir reçu l’assurance de son salut et s’être marié à Zurich.

Zwingli, si efficace pour s’insurger contre les mercenaires de la Confédération, se voit cependant « remercié » par ses paroissiens. Il s’installe à Einsiedeln, un lieu de pèlerinage où l’image noire de la mère du Seigneur est adorée. Là, il critique les « cérémonies judaïsantes » de Rome, l’adoration de Marie, la vente des indulgences. Chose étrange, le nonce papal le fait aumônier papal (1518) avec pension annuelle ! Faux-pas qu’il regrettera amèrement bien plus tard à Zurich (1522). Zwingli discerne le besoin de réforme, lui qui n’a pas été encore réformé par Christ !

Sa célébrité considérable dans toute la Confédération comme prédicateur et patriote fait de lui le candidat idéal pour devenir le prêtre principal de l’église principale de Zurich (Gross-Münster). Le 1er janvier 1519, il prend ses fonctions à Zurich et y reste jusqu’à sa mort « prématurée » le 11 novembre 1531. A partir d’août 1519, la peste tue en deux mois un tiers des Zurichois ; Zwingli manque d’y passer ! Sa réflexion sur cette expérience (parce qu’il craint la mort), puis ses lectures de Luther complètent le processus de son salut ; il reconnaît alors que le salut vient par la grâce, non par les œuvres.

Le temps du changement

Convaincu que seule la prédication des Ecritures triomphe des abus, Zwingli assouvira pourtant son désir de réforme par la force ! Son but : une réformation totale, ecclésiastique, morale, politique et civile. Sa popularité ne l’empêche pas d’avoir des ennemis, ni d’être souvent menacé d’assassinat. Mais il poursuit ouvertement son œuvre : supprimer la messe, rejeter la papauté et sa hiérarchie, abolir les monastères, détruire les statues, dénoncer les monopoles des compagnies marchandes, abolir la dîme imposée sur tous, arrêter le trafic des mercenaires, traduire la Bible et la liturgie en suisse-allemand, rénover l’enseignement et la formation théologiques, renforcer le rôle des « laïcs » dans la vie de l’église, introduire un système disciplinaire ecclésiastique applicable par les autorités civiles (!), autoriser le mariage des prêtres, supprimer les honoraires pour les baptêmes et les enterrements. Zwingli se considère prophète d’un état politico-religieux, à l’instar de l’Israël de l’A.T. : c’est pour le Royaume de Dieu qu’il prêche, et le conseil municipal doit faire appliquer ses principes bibliques par tous les moyens à sa disposition !

Il est facile de critiquer cet homme, avec la connaissance biblique que nous avons accumulée depuis le XVIe siècle — et, certes, il est critiquable pour certains actes ! Toutefois, rappelons-nous qu’il n’a aucun modèle à imiter dans l’histoire de l’Eglise catholique romaine ! Même les cas des pré-réformateurs (Valdo, Wyclif, Hus, Savonarole, etc.) diffèrent. Zwingli est un vrai pionnier dans le vrai sens du terme !

L’autorité politique zurichoise estime nécessaire un débat public pour déterminer quel système politico-ecclésiastique suivre. Elle organise ce débat en 1523 entre Zwingli et ses ennemis catholiques : doit-on suivre Rome ou la réforme de Zwingli ? Zwingli a préparé un document, Les soixante-sept thèses, mettant en évidence le salut par la foi, la seule autorité de la Bible, Christ seule tête de l’Eglise, le droit au mariage des prêtres, la condamnation de toute pratique catholique non-biblique. Le conseil municipal le déclare vainqueur. La ville adopte légalement la Réforme zwinglienne. Les gouvernements de Zurich et du canton lient l’Eglise « réformée » et l’Etat dans une sorte de théocratie. Par la suite, la Réforme gagne certaines grandes villes comme Berne, Bâle, Schaffhouse, Saint-Gall, etc., et certains cantons importants. Le tout est organisé comme une sorte de synode d’églises évangéliques suisses.

Des guerres à la neutralité

Les cantons ruraux, restés catholiques, en saisissent les dangers. Ils s’organisent en « Union chrétienne des cantons catholiques ». Après des manœuvres politiques des deux côtés en 1528-1529, la guerre contre l’Union est déclarée par Zurich sous la pression de Zwingli en juin 1529.

Les soldats suisses n’aiment pas combattre entre eux ; une paix est donc signée le 26 juin 1529 à Kappel, procurant pour chacun avantages et inconvénients. Malheureusement, Zwingli considère qu’il a le droit de soumettre de force les cantons catholiques à la Réforme. Lorsqu’il cherche l’appui de Genève, les catholiques ont attaqué le canton de Zurich à Kappel, parce que le blocus alimentaire impulsé par Zwingli les pousse à la famine. La guerre commence le 11 octobre 1531 et s’achève en pratique le même jour ! Zwingli, l’aumônier, est tué avec les meilleurs hommes de Zurich. La paix de Kappel du 20 novembre 1531 apaise toute la Confédération.

Zwingli avait raison de défendre la prédication de l’Evangile dans les cantons catholiques, mais aucune conversion ne naît par la force. La victoire des réformés aurait été une véritable catastrophe pour ces « protestants » et pour cette mouvance, car il y aurait eu une réaction massive de tous les pays catholiques autour de la Confédération. La Diète comprit que la voie de la neutralité face à tout pays étranger serait la seule solution pour la survie politique de la Confédération. Ce point nous aide à mieux comprendre la ténacité moderne de la neutralité suisse.

Après Zwingli

Zwingli meurt, mais ses idées perdurent dans les cantons réformés grâce à des leaders valables et courageux. Ces idées ont aussi fait leur chemin dans le sud de l’Allemagne, en Hongrie, en Moravie et, en suivant la vallée du Rhin, jusqu’aux Pays-Bas, pour finalement parvenir en Angleterre plus tard.

Aujourd’hui chaque né de nouveau en Christ bénéficie des convictions de Zwingli : l’autorité et le caractère vivifiant de la Parole de Dieu, l’œuvre du Saint-Esprit pour illuminer le lecteur, la souveraineté de Dieu, la cène comprise comme uniquement un mémorial. Dieu dans sa sagesse impénétrable, a choisi un homme qui reconnaissait sa propre imperfection pour retrouver certaines vérités bibliques pour sa plus grande gloire. Retenons ce qui est bon dans l’œuvre de Zwingli, mais profitons aussi de ses erreurs pour pouvoir les éviter.

II. Les Anabaptistes3

Un survol historique

L’histoire, qui ne ment jamais, serait parfois plus acceptable si nos « héros » évangéliques ne remplissaient leurs armoires de « squelettes» ! L’histoire de Zwingli et de la mouvance anabaptiste est une véritable tragédie, les chrétiens zwingliens tuant les chrétiens anabaptistes au nom du baptême romain des enfants, mais aussi pour d’autres raisons. Le tout sous l’impulsion du Réformateur !

En 1525, deux disciples de Zwingli se séparent de lui en disant que le N.T. n’enseigne pas le baptême chrétien des enfants, trop jeunes pour se repentir et se convertir. En privé, Zwingli reconnaît le caractère non biblique du baptême des enfants, mais très vite, il le juge nécessaire pour la survie du système Eglise-Etat, même réformé ! Il voulait donner au Royaume de Dieu une forme physique et matérielle à Zurich et dans la Confédération. Le baptême systématique des nouveaux-nés place la ville et le canton du côté non plus catholique mais réformé. Comment n’a-t-il pas compris qu’il employait exactement la même méthode que Rome pour assurer sa pérennité?! Comme le baptême d’eau néo-testamentaire ne lave pas le cœur de ses péchés et ne correspond nullement sur le plan spirituel à la circoncision vétéro-testamentaire, Zwingli n’aura que des païens baptisés, mais des païens quand même ! Il accepte l’application par le conseil de Zurich de la punition suprême. Le 5 janvier 1527, le premier anabaptiste est noyé. D’autres cantons « réformés » appliquent la même sentence par la suite.

Des milliers d’anabaptistes sont mis à mort ou sévèrement punis. Beaucoup fuient dans des pays environnants où souvent ils sont tués par les catholiques. En quatre ans, la mouvance anabaptiste est pratiquement éradiquée de Suisse.

Le sang des martyrs pour des vérités bibliques n’est jamais versé en vain. Les idées de base de la mouvance ont survécu et trouvent, en général, leur expression parmi les Mennonites, les Baptistes en Angleterre, aux Etats-Unis d’Amérique et partout dans le monde. Bien de ces convictions se trouvent parfois dans d’autres groupes de convertis.

Un survol doctrinal

L’histoire de l’anabaptisme au XVIe siècle, au sens large, n’est pas faite d’un bloc. Elle est plutôt comparable à la roue en bois d’une charrue de cette époque : du moyeu s’étendent des rayons qui s’éloignent de plus en plus du centre et les uns des autres. Le moyeu est communément appelé « la Réformation radicale » ou « l’aile gauche de la Réforme ». Luthériens, zwingliens et catholiques acceptaient tous le principe du lien entre l’Eglise et l’Etat, ainsi que le baptême des enfants — ce que les anabaptistes récusaient. Ces dissidents ou radicaux se répartissent en trois grandes catégories : (1) les anabaptistes proprement dits, (2) les « spiritualistes », (3) les rationaux anti-trinitaires. Laissons de côté ces deux dernières tendances, carrément hérétiques et éloignées de l’enseignement du N.T., et concentrons-nous sur la doctrine des anabaptistes « normatifs ». Voici quelques croyances communément admises parmi eux :
1. Une église locale est formée uniquement de personnes nées de nouveau.
2. Le baptême est réservé à l’adulte qui est né de nouveau, en passant par la repentance et par la foi (Act 20.21). Ainsi, le baptême d’un enfant est-il anti-scripturaire.
3. Le principe néo-testamentaire du renoncement à soi et de l’entraide communautaire apportée dans l’amour aux nécessiteux est primordial dans la conduite du converti.
4. La symbiose de l’Eglise, comme institution nationale, avec l’Etat, est totalement rejetée, car la liberté de conscience religieuse est fondamentale, et l’Etat n’a pas le droit d’ingérence dans le domaine qui ne concerne que la conscience de l’individu. Cependant, l’Etat a le droit d’attendre la soumission de ses citoyens à une loi civile juste et équitable pour tous sans distinction aucune.
5. Le chrétien, vu la nécessité de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ne doit pas exercer une responsabilité dans le système judiciaire. Un juge tranche jusqu’à condamner son prochain, alors que seul Dieu est Juge ; le chrétien doit-t-il prendre le place de Dieu ?
6. La participation à la guerre, même d’une manière défensive, est une horreur, contraire à l’exemple de Christ et à l’esprit de l’Evangile.
7. La peine capitale est antichrétienne.
8. L’individu est parfaitement libre de croire ou non. Aucun cas ne justifie l’emploi de la force.
9. La cène est l’acte le plus solennel auquel un adulte puisse participer. Pour cela, l’individu doit être converti à Christ, baptisé, et en règle avec le Seigneur.
10. Les décisions concernant la doctrine et la discipline sont prises par toute l’église locale après une discussion publique et libre.
11. La prestation de serment doit être rejetée selon Matt 5.34-35. Toutefois, servir de témoin assermenté devant un tribunal est acceptable, puisqu’il s’agit d’accomplir son devoir de dire la vérité.
12. L’établissement d’une sorte de communion des églises interdépendantes ayant la même assise doctrinale est une bonne chose.

Cela dit, nous ne voulons pas laisser l’impression que tout anabaptiste « normatif » depuis le XVIe siècle a toujours vécu une vie chrétienne exemplaire sur tous ces points, ni que ces points récapituleraient les doctrines et les pratiques du N.T. Par exemple, les points 5 et 6 ne sont pas acceptés aujourd’hui par tous les chrétiens dans le monde. Chacun est libre devant Dieu pour décider pour lui-même. Le but de cette partie de l’étude est de nous informer que bien des croyances et des pratiques des lecteurs de Promesses ont eu leurs origines dans la Réformation, dite « radicale », encore plus que dans la Réforme « classique ». Même si chaque mouvance pouvait inclure certaines particularités, manies, voire hérésies, qui éloigneraient des gens peu fondés des principes du N.T., nous pourrions profiter du passé en reconnaissant ce qui est bien et ce qui est moins bien.

Conclusion

En lisant l’histoire des grands réformateurs, leurs paroles et leurs actes, nous pouvons nous demander : « Comment de tels hommes osaient-ils professer Christ comme leur sauveur et agir ainsi ? ». La question est légitime. Si tous ces hommes avaient été parfaits après leur conversion, nous serions sûrement plus à l’aise à leur sujet. Les voies de Dieu et son plan sont mystérieux et ne sont pas de notre ressort. Le salut est un acte privé entre l’individu et son Sauveur ; lui seul décide qui est sauvé ou non.

Aimons ces hommes pionniers, et leur fidélité courageuse : ils nous ont tracé le chemin du désir de plaire au Chef de la vraie Eglise. Dans beaucoup de domaines nous ne sommes pas dignes de porter leurs souliers !

1Ainsi, une majorité à la Diète peut aller avec une minorité en nombre d’électeurs. Ce système permettra à la Diète d’empêcher la pénétration du protestantisme dans les cantons catholiques jusqu’en 1848 ! Il sera modifié en 1848, puis amélioré, pour suivre à peu près le modèle américain.
2Aujourd’hui encore, ils sont la garde rapprochée du pape.
3Le mot « anabaptiste » signifie « baptisé à nouveau ». Le nom d’« anabaptiste » était péjorativement donné par les luthériens, les zwingliens, et les catholiques à tous ceux qui n’étaient pas de « chez eux ».

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