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Sommaire du n° 156 avr - jun 2006

 



Chronique de livre

Le mariage de Jésus :
vous y croyez ?

Auteur : Florent Varak1

En mai sortira le film tiré du best-seller de Dan Brown, Le Da Vinci code. L’histoire raconte que « Jésus était marié à Marie-Madeleine, avec qui il eut une fille dont la descendance s’est unie à la dynastie mérovingienne. » Pour garantir sa domination, l’Église tenterait d’étouffer l’affaire en rejetant des évangiles trop explicites, en avilissant l’image de Marie-Madeleine, etc. Néanmoins, des indices seraient disséminés ici et là, comme dans le dernier repas du Christ représenté par Léonard de Vinci.

Dan Brown possède sans conteste des qualités d’écrivain : sa finesse créative et son style romanesque ont séduit des milliers de lecteurs. Ce succès a suscité la publication de plusieurs livres, plus ou moins critiques. Au-delà de l’aspect artistique, F. Varak nous propose de réfléchir sereinement sur les questions que semblent soulever ce roman. Son écriture est épurée et facile à lire. Avec des mots simples, des illustrations pertinentes et des références fiables, l’auteur parvient à confronter les thèses de D. Brown à l’histoire. En cinq chapitres non dénués d’humour, le lecteur se forgera de solides opinions sur le mariage de Jésus ; il comprendra pourquoi quatre évangiles sur quatre-vingts sont admis dans le canon biblique et quelles sont les caractéristiques des apocryphes gnostiques. Il saura s’il y a vraiment complot de l’ église. Il découvrira aussi la véritable épouse de Christ et l’invitation qui lui est faite de participer aux noces !

1. Des faits avérés ?

D. Brown joue sur l’ambiguïté. Malgré la forme romanesque de son récit, il prétend s’appuyer sur des faits avérés. Méfions-nous de vouloir réécrire l’histoire. Comme il est séduisant de clamer : « On vous a trompés sur Jésus » ! L’une de ses principales sources d’informations, le Prieuré de Sion, est une « imposture » créée de toutes pièces par Pierre Plantard en 1956 à Annemasse. De plus, la lecture que fait D. Brown d’un tableau peint quinze siècles après la vie de Jésus n’est pas crédible.

En confrontant les thèses du romancier à ce qu’en disent les spécialistes, F. Varak montre que ses recherches « laissent à désirer » : « De telles erreurs sur des sujets simples et récents jettent le discrédit sur le reste. » Et l’enjeu est de taille : ce que l’on croit de Jésus a des conséquences éternelles. Luc commence son Évangile en revendiquant l’historicité des faits qu’il raconte (Luc 1.1-4) et « Jean donne à ces faits un sens » (Jean 20.31). Qui croirez-vous : la Bible ou le Da Vinci code ?

2. Qui est Marie-Madeleine ?

Dans le Da Vinci code, la figure de Marie-Madeleine est centrale. F. Varak montre que nous savons peu de choses d’elle, si ce n’est sa délivrance des démons par Jésus et sa dévotion. Il nous apprend qu’au vii e siècle, le pape Grégoire le Grand, pour des raisons politiques et religieuses, a associé deux textes bibliques (Luc 7.36-50 et 8.1-3) pour faire de cette femme la figure de la prostituée repentante. à partir de ce moment, des légendes la mentionnent, elle devient « une semi-divinité ».

Jésus pouvait légitimement se marier et engendrer… Seulement, c’est historiquement erroné. Contrairement aux dires de D. Brown, le mariage des trentenaires juifs n’est pas imposé : « Il n’existe pas le moindre indice historique en faveur de cette hypothèse. » Le célibat est envisageable, comme le prouve l’existence de la communauté juive des Esséniens, contemporaine de Jésus.

3. Philippe les a-t-il vus s'embrasser ?

D. Brown affirme que l’empereur Constantin a trafiqué la Bible au concile de Nicée (325). « C’est très mal connaître l’histoire ! », répond F. Varak : ce concile n’a pas touché au canon biblique qui faisait déjà l’objet d’un consensus. Prenons les évangiles : quatre suffisent à raconter la vie et l’enseignement de Jésus. Les autres sont soit de pâles copies (ils n’offrent aucune information complémentaire ou pertinente), soit inexacts ou loufoques (ils dénotent une mauvaise compréhension du monde juif), soit trop tardifs (ils n’existent que pour mieux promouvoir la mouvance gnostique du iii e s.). L’un d’eux, L’évangile selon Philippe, témoigne que Jésus et Marie-Madeleine s’embrassaient souvent ; c’est une « preuve irréfutable » selon D. Brown. Qu’en penser ?

a) Les experts savent bien que ce livre, « comme beaucoup de textes apocryphes, porte le nom d’un apôtre pour lui conférer une certaine crédibilité ». Un faux, écrit « quelque deux cents ans après la vie de Christ, est-ce là la preuve irréfutable ? »

b) Pour les gnostiques, qui dénigrent la matérialité de notre monde, un baiser ne peut avoir qu’un sens spirituel (celui d’une initiation) : « Il est impensable d’y voir les traces d’un mariage, ni même d’une intimité charnelle. » D’ailleurs, dans ce même écrit, le mariage est condamné.

F. Varak ajoute que l’ église n’a jamais tenté de cacher ces évangiles apocryphes. D’ailleurs, nombre de nos traditions et légendes s’y réfèrent, preuve qu’ils étaient lus parfois. Cependant, personne ne serait tombé dans le piège de les sacraliser : à cause de leur écriture tardive, de leurs effets dramatiques peu crédibles et parce qu’ils professent une vision du monde aux antipodes de l’enseignement biblique (en effet, ils « décrient la vie terrestre, dévalorisent les femmes, renient Jésus, etc. »).

4. Jésus élu Dieu en 325 ?

Comme les témoins de Jéhovah, D. Brown renie la divinité de Christ : Jésus aurait été élu Dieu au concile de Nicée parce que ses adeptes auraient mal interprété son enseignement. F. Varak invente une petite histoire désopilante et originale pour nous expliquer ensuite pourquoi cette thèse contredit l’enseignement de l’Ancien et du Nouveau Testaments, celui de Jésus lui-même, ainsi que celui de l’ église des premiers siècles. Il faudrait renier aussi sa résurrection. Or, cet événement « est la signature authentifiant la véracité du christianisme ».

5. Les noces de Jésus

Dans son dernier chapitre, F. Varak rappelle que la Bible décrit le véritable mariage de Jésus (Apoc 19.5-9). L’épouse existe : c’est l’Église ! En choisissant cette image, Dieu nous invite notamment à vivre une relation personnelle et bénie avec Christ, en nous engageant exclusivement pour lui. C’est pourquoi il est si important de discerner le vrai du faux : notre compréhension de la personne de Christ a une portée éternelle.

N’oubliez pas : en mai, tout le monde parlera du Da Vinci code. Pour la sérénité du débat, pour l’intelligence de nos réponses, et pour l’opportunité d’annoncer le véritable Évangile qui sauve, ce livre original, facile à lire, bien documenté et pertinent est essentiel.

Frédéric Mondin

Pour se procurer ce livre, s’adresser à toute librairie évangélique ou aux éditions Clé, 2 impasse Morel, 69003 Lyon, France ; site www.editionscle.com ; tél : + 33 (0)4 37 56 25 00.

1 Florent Varak a grandi dans une famille passionnée de spiritualité orientale. En 1984, il se convertit au christianisme. Marié et père de trois enfants, il est titulaire d’une maîtrise de théologie et pasteur depuis plus de 10 ans.

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