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Sommaire du n° 176 Avril - Juin 2011

 



Promesses 176 – Étude biblique

DÉCOURAGEMENT, DÉSESPOIR ET DÉPRESSION : CAUSE ET SOLUTION SELON LE PSAUME 73

Douglas Virgint

Douglas Virgint Doug et Ellen Virgint œuvrent dans les assemblées chrétiennes au Québec depuis plus de 40 ans. Ils ont 2 enfants et 4 petits enfants. Doug dirige Publications Chrétiennes, une maison d'édition francophone évangélique. Doug enseigne chez ProFAC, une école de formation pour anciens et ouvriers chrétiens, ainsi qu’à l’étranger.

L’auteur de ce Psaume est Asaph. Il était un ami de David, directeur de chœur et responsable du chant (1 Chr 6.39). Il a fait chanter les Psaumes de David, puis il en a écrit lui-même : il est l’auteur de 12 des 150 Psaumes. Il a eu un grand impact sur l’adoration du peuple de Dieu : plus de 550 ans après, les chantres étaient encore appelés les « fils d’Asaph » (Néh 7.44).

Mais cet Asaph-là a expérimenté le découragement, le désespoir et la dépression… Si cela vous arrive, vous êtes donc en bonne compagnie ! Quelle honnêteté et quelle franchise de sa part !

Ce Psaume traite aussi d’un deuxième sujet : le bonheur des méchants.

Asaph n’est pas le seul à aborder ces sujets. Job en parle — mais son livre de donne pas de réponse explicite ; il se termine par cette question : qui sommes-nous pour questionner Dieu ? Le Psaume 37 en parle aussi et conclut : Sois patient et attends, Dieu finira par rectifier la situation.

Le mot clef de ce Psaume est le « cœur », le centre de notre volonté et de nos émotions — rien d’étonnant pour un Psaume qui traite de la cause de la dépression. Il se trouve 6 fois dans ce Psaume : – cœur pur (v. 1), – pensées de leur cœur (v. 7), – cœur purifié (v. 13), – cœur aigre (v. 21), – cœur consumé (v. 26), – Dieu, le rocher de notre cœur (v. 26).

Une autre expression clef est « pour moi », qui se trouve 4 fois en hébreu (v. 2,22,23,28).

1. La descente (v. 2-16)

A) L’envie des méchants (v. 2,3)

Asaph pense à leur bonheur et il le met en relation avec ses propres difficultés. Puis il se fâche contre Dieu, qui permet que sa situation continue sans amélioration.

Voilà la racine principale de notre problème1 ! Dieu ne nous traite pas comme nous pensons qu’il devrait le faire et nous sommes mécontents de lui : « Mes amis sont tous mariés et moi je ne le suis pas ; mes amis ont de bons jobs et moi je suis au chômage, etc. Dieu, ce n’est pas juste ! Je m’abstiens de certaines choses dans ma vie chrétienne pour toi et ça ne va pas bien pour moi, alors pour qu’untel qui se permet cela, tout va bien pour lui. Dieu, tu n’es pas juste envers moi ! »

Je pense que la racine la plus profonde du découragement se nourrit de notre colère contre Dieu. Théologiquement parlant, c’est une attaque contre la souveraineté de Dieu. Nous adhérons intellectuellement à cette doctrine… jusqu’à ce que Dieu fasse quelque chose dans notre vie qui ne nous plaît pas.

B) La description des méchants (v. 4-12)

Les méchants n’ont pas de problèmes : ils possèdent une santé parfaite (v. 4) ; ils se réjouissent dans leur orgueil2 (v. 6) ; ils jouissent de leur popularité (v. 10) ; Dieu n’a aucune place dans leur vie ; ils échappent toujours aux conséquences de leurs actes (v. 11) ; ils sont toujours en train de s’enrichir (v. 12).

Ils n’ont pas de soucis pour le lendemain ; pour eux, la vie, c’est « aujourd’hui », « maintenant ». Ils n’ont aucun égard pour Dieu et ses commandements.

En lisant les Psaumes d’Asaph, on est surpris de voir que les méchants ne sont pas toujours à l’extérieur du peuple de Dieu. Il n’est pas étonnant que les hommes du monde fassent des misères au peuple de Dieu ; par contre, il est encore plus déstabilisant de constater que les méchants peuvent faire extérieurement partie du peuple de Dieu.

Un autre mot clé est « bonheur » (v. 3) — sans doute le seul mot hébreu que tous connaissent : shalom. Pour le juif, ce mot représente la santé, la paix, le bien-être, la tranquillité, la prospérité, la perfection, le repos, l’harmonie, l’absence d’agitation ou de discorde. Le Messie lui-même est « le prince de shalom » (És 9.6) ; c’est lui qui l’amènera définitivement. Asaph, pour qui ce mot est précieux et représente des bénédictions réservées au peuple de Dieu, voit que les méchants en jouissent et que lui, qui veut rester fidèle, n’en bénéficie pas. C’est tellement déstabilisant pour lui qu’il est « sur le point de glisser » (v. 2).

C) Les mauvaises conclusions (v. 13,14)

Asaph est sur le point d’en tirer de mauvaises conclusions : – pourquoi vivre une vie pure ? – pourquoi servir Dieu ?

Non seulement je ne reçois pas ce que j’espère, mais j’ai des problèmes supplémentaires : ma situation est pire, parce que je veux faire le bien !

D) Une sage décision (v. 15)

Mais Asaph prend ensuite une sage décision : « Si je disais : Je veux parler comme eux, voici, je trahirais la race de tes enfants. » S’il est vrai que s’isoler et rester muet n’est pas la bonne solution lorsque nous sommes découragés, il faut faire bien attention à qui nous parlons de nos sentiments quand nous sommes découragés. Nous pouvons faire beaucoup de mal à des personnes sensibles et fragiles. Tournons-nous plutôt vers des croyants mûrs.

2. Le point tournant (v. 17)

Asaph est entré dans « les sanctuaires de Dieu ». Là, dans la présence de Dieu, il commence à voir les choses comme Dieu les voit ! Et c’est lorsque nous voyons les choses telles que Dieu les voit, que nous les voyons telles qu’elles sont vraiment.

3. La remontée (v. 18-27)

Asaph reçoit alors de nouvelles conceptions :

– Il reçoit une nouvelle conception de la destinée des méchants (v. 18-20). Le problème est que Dieu est moins pressé que nous… Il y a certains méchants que nous frapperions volontiers tout de suite. Mais nous oublions que Dieu est patient — envers nous et envers les méchants. Alors Asaph a dû comprendre que si les méchants ne sont pas immédiatement frappés, ce n’est pas parce que Dieu ne voit pas ou est indifférent ; mais il leur laisse du temps pour se repentir.

Les méchants vont finalement être détruits soudainement (v. 19), ce qui ne veut pas dire immédiatement.

– Asaph reçoit aussi une nouvelle conception de lui-même (v. 21-22). Il se compare à des animaux stupides. Il se rappelle ses pensées de découragement envers Dieu et envers les méchants et il entrevoit leur stupidité.

– Asaph reçoit enfin une nouvelle conception de la présence de Dieu (v. 23-24). Dans la dépression, on se sent seul, isolé, abandonné. Mais Asaph réalise maintenant que, même au plus profond de son découragement, Dieu était là, près de lui. L’omniprésence de Dieu est une profonde vérité doctrinale, mais c’est aussi une réalité expérimentale.

Asaph sait qu’il a la paix de Dieu, le shalom de Dieu dans sa vie. Les versets 24 à 26 sont peut-être la plus profonde expression de la vraie vie spirituelle dans toute la Bible.

Asaph a compris que les 3 « d » du découragement, de la dépression et du désespoir peuvent avoir deux causes : – « ma chair » (des causes physiques) – « mon cœur » (des causes psychiques ou spirituelles). Mais il sait aussi que Dieu « sera toujours le rocher de [son] cœur et [son] partage » (v. 26).

Asaph était un Lévite. Or les Lévites n’avaient pas de territoire contrairement aux autres tribus ; Dieu était leur partage. C’est ce qu’Asaph réalise ici.

4. Conclusion (28)

Les pronoms de ce Psaume sont intéressants à relever :

– Dans la première section (2-12), « eux » : Asaph pense aux méchants.

– Dans la deuxième section (13-16), « je » : Asaph est centré sur lui-même.

– Dans la troisième section (17-20), « tu » : Asaph se tourne vers Dieu.

– Dans la dernière section (20-28), « tu et moi » : Asaph est en relation avec Dieu.

Quelle belle progression !

Ce Psaume : – commence par la bonté de Dieu (v. 1) — peut-être une vérité théologique à laquelle il croit, mais qu’il a de la peine à accepter dans ses circonstances, – se termine par la bonté de Dieu3 (v. 28) — mais cette fois, c’est une réalité expérimentale.

Comment Asaph a-t-il trouvé la solution contre le découragement, la dépression et le désespoir ?

– Les circonstances de sa vie n’ont pas changé.

– Les personnes autour de lui n’ont pas changé.

– Il n’a pas trouvé de pilule « magique ».

Mais il est entré dans les sanctuaires de Dieu. Le principal est notre relation avec Dieu. Quand elle est à sa place, les autres choses deviennent bien moins importantes. La vie commence à prendre du sens lorsque nous parlons avec Dieu. Notre communion avec Dieu est notre plus grand privilège. Rien n’est plus important !

1 Il est clair qu’il y a plusieurs causes à la dépression, au désespoir et au découragement : héréditaires, chimiques, etc. Toutefois cet article traite de ce que je pense être la cause principale.
2Le « collier » (v. 6) est le symbole de la dignité.
3 Mon « bien » (v. 28) est le même mot en hébreu que « bonté » au v. 1.

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