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Sommaire du n° 186 Octobre-Décembre 2013

 




Dossier

SEMER GÉNÉREUSEMENT

François Fréchette


François Fréchette

François Fréchette est évangéliste dans la Belle Province au Canada. Ancien dans une assemblée chrétienne à St-Jean-Chrysostome, il participe notamment à l’émission d’évangélisation à la télévision « L’Heure de la Bonne Nouvelle » largement diffusée au Québec et au-delà (www.hbn.ca).


Le Seigneur nous a laissé une merveilleuse parabole qui, selon sa propre explication, compare la Parole de Dieu à une semence (Mat 13.3-8, 18-23). Cette parabole raconte l’histoire d’un semeur qui sortit pour semer. Il jeta sa semence, une partie tomba le long du chemin et les oiseaux la mangèrent. Une autre partie tomba dans des endroits pierreux et sécha parce qu’il n’y avait pas assez de terre. Une autre partie encore tomba dans les épines qui l’étouffèrent. Une dernière partie de la semence tomba dans la bonne terre et donna du fruit. Mettons-nous à la place de ce semeur : puisque tant de semence est tombée sur de mauvais terrains, devait-il tout de même semer ?

En tant que semeur de la Parole de Dieu, on peut être soit un semeur optimiste, soit un semeur pessimiste. Parlons d’abord d’un semeur optimiste. Je vous propose quatre caractéristiques pour le décrire.

Le semeur optimiste

Il sème généreusement. Imaginez un instant que vous êtes assis sur une colline en train de regarder cet homme de la parabole qui sort pour semer. Ne trouvez-vous pas qu’il y a quelque chose d’un peu curieux dans sa façon de faire ? Il lance sa semence un peu partout, sans s’inquiéter, semble-t-il, d’en gaspiller une certaine quantité ! Une partie tombe sur le chemin, une autre dans des endroits pierreux, une autre encore dans les épines et finalement dans la bonne terre. Le semeur ne semble pas tellement se préoccuper de ce qui tombe en dehors du champ. Ce qui importe pour lui, c’est de semer, et de semer généreusement. Il sait que, même si un certain pourcentage de sa semence est gaspillé, ce qui va pousser lui donnera infiniment plus, si bien qu’il ne fait pas très attention à ce qui se perd. Le semeur optimiste qui sème la Parole de Dieu se concentrera lui aussi sur ce qui poussera plutôt que sur la quantité qui se perdra. Il a pleinement confiance que Dieu bénira la semence de la Parole. « Comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n’y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange, ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins. » (És 55.10-11) Dieu nous appelle tous à être des semeurs de sa Parole. Nous devons nous aussi semer aussi généreusement que possible. En 2008, nous avons distribué 20 000 évangiles de Jean dans l’arrondissement de notre assemblée. Suite à cette distribution, trois personnes ont été sauvées. Certains pourraient dire que nous avons gaspillé 19 997 évangiles, mais c’est faux : le Seigneur peut encore très bien bénir sa Parole, qui a été semée un peu partout. Ce qu’il faut retenir, c’est que si on veut du fruit, il faut semer aussi généreusement que possible !

La deuxième caractéristique du semeur optimiste, c’est qu’il reste réaliste malgré tout. Pour éviter le découragement, le semeur optimiste doit aussi faire preuve d’un certain réalisme. Un semeur réaliste sait très bien que toutes les graines ne porteront pas de fruit, d’où l’idée de semer aussi généreusement que possible. Salomon avait bien saisi cette réalité : « Dès le matin sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main ; car tu ne sais point ce qui réussira, ceci ou cela, ou si l’un et l’autre sont également bons. » (Ecc 11.6) On doit savoir qu’on va parfois travailler pour rien, mais il ne faut pas se laisser décourager, ni cesser de semer pour autant. Quand j’ai été sauvé, il y a 40 ans, je croyais que beaucoup de gens autour de moi se convertiraient. L’Évangile est un message tellement formidable que je pensais que tous ceux qui l’entendraient l’accepteraient avec joie. Quelle déception ce fut pour moi ! Mon grand optimisme manquait vraiment de réalisme ! D’ailleurs, les différents terrains de cette parabole donnent un portrait réaliste : ce ne sont pas toutes les graines qui produiront du fruit, mais seulement celles qui tomberont dans la bonne terre. Il est impossible de connaître la qualité du terrain de ceux à qui on annonce l’Évangile. Jésus a aussi parlé du chemin large dans lequel beaucoup entrent et d’un chemin étroit que peu trouvent. Malheureusement, il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus (Mat 22.14). Alors, pour éviter le découragement, il nous faut une certaine dose de réalisme !

Ensuite, le semeur optimiste va au-delà de son entourage. Le Seigneur nous a dit : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mat 18.19). Le mot « allez » nous incite à nous mettre en route, à ne pas rester là où nous sommes ; il nous faut aller plus loin que notre entourage immédiat. Il nous faut faire un pas en avant, ne pas nous contenter de faire du sur place pour semer !

Si l’apôtre Paul s’était contenté de ne parler qu’aux gens qui l’entouraient, l’Évangile ne se serait pas répandu rapidement. En allant au-delà de notre entourage immédiat, nous allons semer aussi généreusement que possible. Si je dis cela, c’est parce que je constate que la plupart des chrétiens qui désirent rendre témoignage le font autour d’eux ou aux extrémités de la terre. En agissant ainsi, nous négligeons tous ceux qui ne sont ni près ni loin de nous, mais ce sont eux que nous atteindrons si nous allons au-delà de notre entourage immédiat. Ceux qui sont au loin et ceux qui sont tout près ne sont pas les seuls à avoir besoin de l’Évangile !

Finalement, le semeur optimiste ne s’attend pas à ce que ce soit facile. Un semeur sait très bien que ce qu’il sème ne portera pas de fruit instantanément. « Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il ait reçu les pluies de la première et de l’arrière-saison» (Jac 5.7). L’évangélisation est une guerre spirituelle. Il y a un ennemi qui prend un malin plaisir à ôter la semence. C’est ce que Marc 4.15 nous dit : « Les uns sont le long du chemin, où la parole est semée ; quand ils l’ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux ». Le Seigneur a dit aux disciples : « Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups » (Mat 10.16). Avec de telles affirmations, on ne devrait pas s’attendre à une expérience très reposante. Ceux qui s’impliquent dans l’évangélisation sont comme ceux qui vont au front dans un conflit armé. Le confort ne fait certainement pas partie du mandat. Le Seigneur ne nous a fait aucune promesse quant au « confort » dans l’évangélisation. Au contraire, Paul fait une liste éloquente dans la deuxième épître aux Corinthiens, au chapitre 11, des épreuves qu’il a dû subir lorsqu’il évangélisait. Il parle des travaux, des coups, des emprisonnements, du danger de mort, du fait qu’il a été battu de coups de bâton à plusieurs reprises, qu’il a été lapidé et qu’il a même fait trois fois naufrage. Ce qui m’étonne, c’est que nous, de notre côté, nous voudrions annoncer l’Évangile sans contrainte, sans difficulté et sans opposition. Quand nous regardons l’expérience de Paul, nous arrivons à la conclusion qu’il y a sûrement quelque chose que nous n’avons pas compris ! Même si ce n’est pas facile, aucune excuse n’est valable : nous devons semer aussi généreusement que possible.

Le semeur pessimiste

Relevons maintenant brièvement deux caractéristiques du semeur pessimiste. Il trouve des excuses. Dans le livre des Proverbes, il est dit : « Il y a un lion dehors! Je serai tué dans les rues! » (22.13) En réalité, le semeur pessimiste n’a pas très envie de semer. Il trouve des excuses, de très mauvaises excuses, tandis qu’il devrait plutôt chercher des moyens. Je suis trop âgé, je n’ai pas le temps, je suis trop timide, trop occupé, etc. Quelle excuse serait acceptable pour justifier le refus d’obéir au premier mandat donné à l’Église ? 

Deuxièmement, le semeur pessimiste attend en vain le moment idéal. « Celui qui observe le vent ne sèmera pas », nous dit l’Ecclésiaste (11.4). Il s’inquiète à outrance concernant les opportunités de semer. On ne peut pas toujours s’attendre à expérimenter ce que Paul a vécu quand le geôlier de la prison de Philippes lui a demandé : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » (Act 16.30). Pour Paul, l’occasion de présenter le salut à cet homme fut fameuse. C’est la question rêvée pour toute personne rendant témoignage. Tant mieux si de telles occasions se présentent, mais il faut bien comprendre que c’est l’exception, non la règle. N’attendons pas de telles occasions, elles sont bien trop rares ! Un semeur qui regarderait les nuages ne serait en réalité pas vraiment un semeur, car il n’a que l’intention et le désir de semer, mais il ne le fait pas ! Bien entendu, il ne récoltera pas ! « Celui qui regarde les nuages ne moissonne pas » (Ecc 11.4b). Comment pouvons-nous espérer voir l’Évangile se répandre si les semeurs ne sortent pas pour semer ?

Un choix

Pour conclure, nous devons être encouragés à semer généreusement la Bonne Nouvelle, même si c’est souvent difficile et que cela peut nous sembler parfois inutile. N’oublions pas qu’un semeur optimiste sème généreusement, il reste réaliste pour ne pas se décourager, il va au-delà de son entourage immédiat et il ne s’attend pas à ce que ce soit facile.

À nous maintenant de choisir. Voulons-nous être des semeurs pessimistes qui trouvent des excuses et qui attendent le moment idéal, ou des semeurs optimistes que rien n’arrête et qui sèment aussi généreusement que possible ?



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