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Sommaire du n° 189 Juillet-Septembre 2014

 




Dossier

Destinés à la gloire !

Romains 8.28-39

Michel Bohrer

Michel Bohrer Michel Bohrer a obtenu un Bachelor of Arts à Washington Bible College et un Master en Théologie à Capital Bible Seminary aux USA. Pasteur dans plusieurs églises en Suisse durant plus de 25 ans, enseignant à l’Institut Biblique de Genève, il est aujourd’hui retraité.

Dans la lettre aux Romains, après avoir prouvé l’universalité de la nature pécheresse de l’homme et son besoin de justice, Paul démontre que Dieu, dans sa grâce, a révélé une justice qui vient de lui sur la base de la foi seule. Ensuite, il traite des implications pratiques du salut pour ceux qui ont été justifiés. Malgré ce qu’a été leur passé, ceux que Dieu a justifié font l’expérience de la sainteté personnelle.

Le chapitre 8 souligne en apothéose à ce développement trois réalités grandioses :

-  La réalité d’aucune condamnation : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (verset 1).
- La réalité de la gloire à venir : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d’être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous » (verset 18).
- Et la réalité que toutes choses concourent pour notre bien (verset 28).

 C’est ce troisième aspect de Romains 8 que nous allons considérer.

1.  Dieu a un but pour ses enfants, lequel englobe toute l’éternité (versets 28-30)

 1.1. Considérons la providence de Dieu

« Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (verset 28)

Souvent, nous ne voyons pas — et nous ne ressentons pas — que « toutes choses concourent » pour notre bien. Dieu nous dit : « Mon enfant, lorsque les circonstances semblent aller dans le sens contraire, sache que je fais concourir toutes choses pour ton bien. » La tranche de la pièce de 5 francs suisses nous rappelle que « dominus providebit » (le Seigneur pourvoira).

Dieu, dans sa providence, agit en notre faveur. Son action comprend :

a)  Une activité globale : « Toutes choses ». Les grandes choses, les petites, les bonnes choses, les adversités, les afflictions : Dieu prend tout en compte. Il n’y a aucune exception !

 Je pense à un épisode difficile de la vie de Jacob, lorsqu’il a dû envoyer dix de ses fils en Égypte pour acheter du blé (excepté Benjamin, frère de Joseph).

Il a déclaré à ses fils : « Vous m’avez privé d’enfants : Joseph n’est plus, et Siméon n’est plus, et vous voulez prendre Benjamin ! Toutes ces choses sont contre moi. » (Gen 42.36, Darby) Mais Jacob ne connaissait pas tous les faits ; il avait une vue faussée de la vie. Il croyait que son fils Joseph était mort, et que son fils Siméon était retenu otage en Égypte. Et si Benjamin devait aller en Égypte, il ne savait pas qu’il serait en sécurité. De plus, Jacob avait la mémoire courte : combien Dieu l’avait conduit, gardé et béni durant toutes ces années !

Combien souvent nous aussi, nous limitons Dieu, nous ignorons son caractère, sa puissance, et nous oublions les promesses qu’il nous a faites !

b)  Une activité continuelle : « Toutes choses concourent ». D’une part, le verbe est au présent : Dieu ne cesse jamais d’agir. D’autre part, le mot français « synergie » provient de ce verbe grec syn/ergei (travaille ensemble) : Dieu harmonise toutes choses pour le bien ultime des croyants.

c)  Une activité en faveur de ceux qui l’aiment : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Nous avons souvent de la peine à comprendre le processus que Dieu utilise dans notre vie. Mais c’est un processus qui est entièrement pour notre bien.

 Les exemples abondent. Citons-en deux : John Bunyan a écrit un livre qui a été en bénédiction à des milliers de croyants, Le voyage du pèlerin ; mais dans sa vie, il souffrait d’une névrose obsessionnelle. John Newton a écrit l’hymne bien connu : « Amazing Grace »1, lequel a été un encouragement à d’innombrables chrétiens ; pourtant, il a souffert de l’alcoolisme.

Dieu emploie des gens ordinaires, afin que nous puissions nous identifier à eux. Quant à nos difficultés, elles sont souvent nos plus grands atouts. Dieu les utilise pour nous rendre en bénédiction dans la vie d’autrui.

1.2. Notons le but de Dieu

« Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils soit le premier-né de beaucoup de frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. » (versets 29-30)

a)  « Il les a connus d’avance » : avant la fondation du monde, Dieu nous connaissait déjà. Il ne s’agit pas d’une connaissance intellectuelle, mais d’une connaissance active, d’une relation personnelle, basée sur le choix de Dieu. Dieu a déclaré à Jérémie le prophète : « Avant que je t’aie formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais. » (Jér 1.5) C’est là qu’a commencé le long processus du salut.

b)  « Il les a prédestinés » : étymologiquement, ce terme signifie que quand Dieu sauve une personne, il va jusqu’au bout. « Pré » : avant notre naissance, Dieu avait déjà planifié la destination de ceux qu’il a connus d’avance. Notre destination : la gloire !

c)  « Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés » : il nous a appelés à être « en Christ », à faire partie de la famille de Dieu.

d)  « Et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés » : nous avons été déclarés justes, non à cause de nos mérites, mais à cause des mérites de Christ (Rom 3.23-24 ; Héb 10.14). Rappelons-nous que la grâce est une faveur accordée à ceux qui ont démérité.

e)  « Et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » : nous serons semblables à Jésus-Christ. Avez-vous remarqué le temps du verbe ? Il est au passé. Dieu nous voit – non seulement tels que nous sommes présentement – mais tels que nous serons. Voilà la réalité de la foi ! La foi voit les choses telles qu’elles seront un jour.

 Dans le salut de l’homme, Dieu prend donc en compte, non seulement le présent, mais le passé et le futur : le plan de Dieu englobe toute l’éternité.

Entre le départ et l’arrivée, il y a trois grandes étapes : appelés – justifiés – glorifiés. Et dans tout ce processus, il n’y a pas une seule personne qui se perd. Dieu achève toujours l’œuvre qu’il commence. Ce merveilleux processus du salut commence par « ceux qu’il a connus d’avance » et trouve son apogée dans « il les a aussi glorifiés ».

Lorsque le Souverain Berger sauve par son sang 100 brebis, il ramènera à la maison 100 brebis ; il ne va pas en perdre une (rappelez-vous la parabole de la brebis perdue dans Luc 15).

Si vous avez placé votre confiance dans le Seigneur, vous serez un jour avec le Seigneur dans la gloire.

C’est la raison pour laquelle il n’y a dans ce passage aucune référence à la sanctification. Simplement parce que le fait d’être un jour dans la gloire n’est pas le résultat de notre sanctification personnelle, mais uniquement de la grâce toute-suffisante de Dieu (Éph 2.8-10).

2.  Rien ne pourra empêcher la réalisation du but que Dieu s’est fixé pour ses enfants, la gloire éternelle (versets 31-39)

 2.1. Il n’y a rien qui puisse séparer le véritable croyant de Dieu

L’apôtre commence par une question générale : « Que dirons-nous donc à l’égard de ces choses ? » (v. 31)

Que pourrions-nous ajouter ? À la lumière des versets 28 à 30, il n’y a qu’une seule réponse : alléluia !!! Nous ne pouvons qu’être émerveillés face à l’amour de Dieu, à sa puissance et à sa sagesse ! Paul utilise cinq arguments pour prouver que le croyant ne peut être séparé de Dieu.

a)  « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (v. 31) Nous savons que Satan et ses démons sont ligués contre les croyants (Éph 6.11-13 ; 1 Pi 5.8), mais ils ne peuvent pas les arracher de la main de Dieu (Jean 10.28-29). Le Seigneur est souverain, et il est puissant pour garder ceux qui se confient en lui.

b)  « Lui qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? » (v. 32) Dieu a épargné Isaac, le fils d’Abraham, mais il n’a pas épargné son propre Fils. Puisqu’il a donné son propre Fils, il vous donnera tout ce dont vous avez besoin.

c)  « Qui accusera les élus de Dieu ? C’est Dieu qui justifie ! » (v. 33) Satan, l’accusateur des frères, nous accuse jour et nuit devant Dieu (Apoc 12.10). Combien souvent, il murmure à notre oreille (lorsque nous avons manqué) : « Le Seigneur n’est pas content ; tu dois te racheter et regagner sa faveur. » Ne nous laissons pas prendre au piège ! Même si les accusations de Satan sont valides, elles n’ont aucun poids, car Dieu nous a déclarés justes. Cessons de vouloir gagner l’amour de Dieu : Dieu nous connaît et il nous aime. Il nous a aimés lorsque nous étions ses ennemis ; combien plus maintenant que nous sommes ses enfants (Rom 5.8) !

d)  « Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! » (v. 34) Christ, le seul Juge, est mort pour nos péchés ; et il est ressuscité pour notre justification. Voilà pourquoi Paul peut affirmer : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » (verset 1) Il est vrai qu’il arrive que notre cœur nous condamne ; mais « Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses » (1 Jean 3.20). De plus, le Seigneur « intercède pour nous » (Rom 8.34). Soyez-en assurés, le Seigneur prie pour vous !

e)  « Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ? selon qu’il est écrit : C’est à cause de toi qu’on nous met à mort tout le jour, qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. » (v. 35-36) Ce passage souligne l’amour inconditionnel de Christ pour les siens. L’apôtre mentionne sept choses qu’un chrétien pourrait expérimenter (Paul les a toutes expérimentées). Qu’est-ce qui pourrait se placer entre le croyant et Christ : la tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, le péril et l’épée ? La réponse est qu’aucune de ces choses ne peuvent séparer le chrétien de son Seigneur. En fait, ces afflictions font partie des toutes choses de Romains 8.28. Si Dieu les permet, cela est pour nous rendre semblables à son Fils (Rom 5.3-5). Souvenons-nous en lorsque nous traversons des circonstances difficiles !

 L’apôtre Paul a démontré dans sa vie que rien ne pouvait le séparer de l’amour de son Sauveur. Alors qu’il a été jeté en prison à Philippes avec Silas (Actes 16), Paul ne s’est pas mis à douter de la bonté de Dieu. Tous deux ont prié et chanté les louanges de Dieu. Peu après, le gardien de la prison et sa famille se sont convertis.

Dans ce verset 36, Paul cite le Psaume 44 (verset 23), pour nous rappeler qu’ici-bas le peuple de Dieu est confronté à beaucoup d’afflictions (cf. Jean 16.33). Comment une brebis destinée à la boucherie peut-elle être victorieuse ? C’est le paradoxe de l’Évangile (les premiers seront les derniers ; celui qui veut être grand, qu’il soit serviteur, etc).

2.2. Le croyant est « hyper-vainqueur » par celui qui l’a aimé.

« Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. » (v. 37)

Au travers de toutes ces adversités, loin d’être séparés de l’amour de Christ, nous sommes plus que vainqueurs (le verbe est au présent ; « hyper-nikaô » (je suis « hyper/vainqueurs ») par celui qui nous a aimés (pas le croyant, mais le Seigneur en lui).

Avez-vous remarqué que l’accent est sur l’amour de Dieu comme base de notre assurance et de notre victoire ?

On raconte qu’un jour Charles Spurgeon a vu sur une girouette les mots suivants : « Dieu est amour. » Il a fait remarquer à son compagnon qu’il ne lui semblait pas que ces paroles soient appropriées pour un instrument si changeant. Sur quoi, son compagnon lui a répondu : « Dieu est amour, quelle que soit la direction du vent. » 1

Les versets 38 et 39 marquent la grande finale, l’apothéose du chapitre 8 :

« Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » (versets 38-39)

L’apôtre termine par une déclaration irréversible : « j’ai l’assurance » que rien ne peut séparer les croyants de l’amour de Dieu.

Paul fait une liste dans laquelle il inclut les extrêmes :

- Au niveau de l’existence, « la mort » et « la vie ». Dans les deux cas, le croyant est dans la présence de Dieu.

- Au niveau des armées spirituelles, « les anges » et les démons. Les anges ne feraient rien contre les élus de Dieu ; quant aux démons, ils ne peuvent pas briser la relation de Dieu avec les siens.

- Au niveau du temps, le présent et l’avenir. Le présent, les choses connues et l’avenir, les choses qui nous sont inconnues mais qui n’échappent pas à notre Dieu.

- Au niveau des puissances, les puissances d’en-haut et celles d’en-bas. Quelles que soient les puissances, célestes ou terrestres, elles ne peuvent rien contre l’enfant de Dieu.

- Au niveau de l’espace, « la hauteur » et « la profondeur ». Rien au-dessus de nos têtes ni au-dessous de nous ne peut nous séparer de l’amour de Dieu.

- Au niveau de la création, « aucune autre créature ». Absolument rien dans la création ne peut contrecarrer le plan de Dieu pour ceux qui sont en Jésus-Christ.

 Le salut est une histoire d’amour. Nous l’aimons parce qu’il nous a aimés le premier. Rien ne pourra nous séparer de son amour.

-  Le début du chapitre commence par la réalité d’aucune condamnation.

- La fin du chapitre se termine par la réalité d’aucune séparation.

- Et entre les deux, il y a la réalité que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu.

 Dites-moi, y a-t-il quelque chose de meilleur que cela ? Je vous pose la question de Paul : Que dirons-nous donc à l’égard de ces choses ? Notre réponse ne peut être que :

-  la louange : par nos lèvres, pour tout ce que le Seigneur est et a fait pour nous ;

- l’adoration : car lui seul en est digne. Courbons-nous devant sa majesté, et remettons-lui notre vie entière !

 « À celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, et qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père, à lui soient la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen ! » (Apoc 1.5b-6)

Je me souviens d’un jour où j’étais sur le quai de la gare de Genève, en Suisse, et j’attendais l’arrivée du train. Parmi de nombreuses personnes sur le quai, j’ai vu un homme qui portait un attaché-case. Une chose m’a frappé : sur le côté extérieur de la mallette, il y avait ces mots bien visibles et en grand : « bound for glory » (destiné à la gloire). Je n’ai jamais oublié. Oui, toute personne qui simplement place sa confiance en Jésus-Christ, le Sauveur, fait partie de la famille de Dieu. Il peut traverser bien des épreuves difficiles, mais il est en route vers la gloire, et personne ni rien ne peut contrecarrer le plan béni de Dieu.

Pour terminer, une histoire vraie

Une famille vivait en Angleterre : elle menait une vie difficile pour nouer les deux bouts. Ils décidèrent donc d’immigrer aux États-Unis. Ils ont économisé pendant plusieurs années, afin d’acheter les billets et se procurer les visas. Tout était prêt. Mais quelques jours avant le départ, un des fils a été mordu par un chien.

Le docteur est venu. Il a soigné le fils. Puis il a mis un écriteau à la porte : « Quarantaine ». Le père s’exclama : « Qu’est-ce que cela signifie ? Nous partons dans quelques jours. Nous avons acheté les billets, et si nous ne les utilisons pas, ils seront perdus ! »

Le père était atterré : son rêve s’était évanoui. « Pourquoi, Seigneur ? C’était la chance de notre vie, pour une vie meilleure ! »

Environ 3 semaines plus tard, il a entendu la nouvelle : le paquebot, le « Titanic », avait coulé. Le père est tombé à genoux, et avec son fils, ils ont remercié le Seigneur.

Lorsque nous ne comprenons pas, faisons confiance au Seigneur : il sait toutes choses, et il fait concourir toutes choses pour le bien de ses enfants. Il n’y a aucune exception.

1Littéralement « Grâce merveilleuse »


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