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Sommaire du n° 192 Avril-Juin 2015

 




Dossier

Profession : vendeur

Georges Herrmann


Hermann,Georges

Georges Herrmann est membre du comité de rédaction de Promesses. Marié, il travaille dans la vente de produits pour l’industrie. Il participe à la vie d’une petite église en Suisse romande.

Qui n’a jamais été contacté par un télévendeur ? Qui n’a jamais été importuné par un vendeur indélicat dans un magasin ? Ce métier souffre d’une mauvaise réputation en raison des pratiques qui, souvent, l’accompagnent. Il peut exposer le chrétien à de nombreuses tentations au travers des différentes situations professionnelles, parfois complexes, et d’agissements iniques et immoraux. Il peut également être une école de vie chrétienne au même titre que d’autres professions.

1.  Un métier qui appelle à la vigilance

 Dans le cadre des activités commerciales, le vendeur est confronté à lui-même et à ses déficiences. Le mal couche à sa porte, et bien souvent il cède aux sirènes qui le dupent en le poussant à prendre des risques insensés. Mais la Bible nous appelle à demeurer fermes dans la foi afin de ne pas succomber aux appels insatiables de la tentation et du péché (Éph 6.11 ; 1 Pi 5.9).

1.1.  L’amour de l’argent

 Beaucoup de commerciaux dans le monde croient que l’argent les préservera de la misère. Ils se confient en leur force de persuasion pour convaincre le client potentiel, ceci afin d’atteindre les objectifs fixés et d’empocher la prime promise. Le chrétien est appelé à se confier en Dieu pour plusieurs raisons : - L’amour de l’argent est la racine de toutes sortes de maux (1 Tim 6.10).

- L’argent, bien plus qu’à l’époque de Jésus, est par exemple sujet aux variations des taux de change. La valeur des biens est donc sujette à fluctuation. Untel riche un jour peut se retrouver pauvre le lendemain. La richesse est donc incertaine. - On peut être riche un jour et mort le lendemain (cf. Luc 12.16-21, parabole de l’homme insensé ; Luc 16.19-31, parabole du riche et du pauvre Lazare). Le riche n’est pas certain de pouvoir jouir de ses richesses.

- L’homme qui se confie en ses richesses passe beaucoup de temps à les gérer. Il n’accordera que peu de temps au Seigneur. Il se prive ainsi de trésors qui eux sont assurés et fixes quant à leur valeur dans les cieux (Mat 6.19-20).

Lorsque Jésus aborde la question de l’argent, il l’aborde en lien avec la fidélité (Luc 16.10). Celui qui est fidèle dans les petites choses le sera aussi dans les grandes. Le chrétien doit être fidèle avec ses clients dès le départ, lorsque ceux-ci lui confient peu d’affaires. Par la suite, étant fidèle dans les petites affaires, il se verra chargé d’affaires plus importantes au travers de la confiance qu’il aura su développer (voir aussi la parabole des talents en Mat 25.14-30).

1.2.   Le mensonge

 Dans la vente, la tentation de mentir est réelle lorsqu’on ne veut pas porter la responsabilité d’une faute. Souvent, le mensonge est subtilement associé à l’art du discours afin de l’enrober et de mieux faire passer « la pilule ». Mais le mensonge n’est guère recommandable dans ce métier, car on sait bien que l’on construit un château de cartes susceptible de s’écrouler à tout instant et de créer un désastre pire que si l’on avait joué franc jeu. On sape son travail en écornant la confiance dont on bénéficiait, confiance souvent construite sur le long terme. Lorsque j’ai démarré dans le secteur de la vente, mon patron m’a mis au courant d’une pratique bien plus subtile : le mensonge par omission. La Bible condamne la pratique du mensonge (Ex 20.16), mais l’homme recherche constamment son intérêt de manière noble à ses yeux. En ne disant pas de manière consciente toute la vérité, il ne dit pas de mensonge. Certes, il n’y a pas de mensonge, mais il y a tout de même tromperie. Cette pratique est condamnée par la Parole (Lév 19.11). Malgré les risques de ne pas aboutir dans les affaires, une attitude saine à l’encontre du mensonge sous toutes ses formes est un gage que le Seigneur fera valoir le moment venu. Nous devons rester fidèles aux commandements de Dieu et persévérer. C’est une condition sine qua non de l’approbation du Seigneur sur notre travail.

1.3.  L’irritation et la convoitise

 Comme nous l’avons déjà abordé en ce qui concerne l’argent, l’amour de l’argent est la source de tous les maux. L’irritation et la convoitise sont des conséquences de l’amour de l’argent. Dans certaines entreprises, il est de coutume de mettre les personnes en concurrence en attribuant des promotions aux employés et en honorant les meilleurs commerciaux. Cette pratique éveille bien souvent l’animosité, l’irritation et la convoitise. La Bible nous apprend plusieurs choses au sujet de l’irritation et de la convoitise :

- L’irritation est le pain des insensés et des rebelles (Ecc 7.9 ; Rom 2.8) ; - La convoitise est autodestructrice : c’est une carie pour les os (Pr 14.30) ;

- La convoitise enfante le péché et produit la mort (Jac 1.15).


Avant une embauche, le bon choix de l’entreprise et une analyse de sa culture sont une précaution judicieuse pour se prémunir contre l’irritation ou la convoitise des biens d’autrui. Dans une entreprise, les rivalités internes sont les prémices de faillites à venir, la coopération constructive de chacun est le gage de sa survie. Relevons également que les petites sociétés ont bien souvent des moyens moins rémunérateurs que les grandes. Cela limitera aussi la convoitise sur le plan salarial entre collègues.

1.4.  L’adultère

 Il n’est pas rare d’être confronté à l’adultère dans le métier de la vente. Lorsque les affaires représentent des montants plus importants, certains utilisent des techniques que l’on appelle également les « passe-droits ». Parmi ces pratiques figurent les soirées dans des lieux de volupté. Le chrétien honnête est donc appelé à se mettre à l’abri de telles pratiques. Le meilleur moyen est encore de faire connaître sa foi à ses collègues ou à ses clients. Nous avons là un bouclier efficace qui évitera d’être embarqué de manière insidieuse dans une situation infâme (Éph 6.16).

1.5.  L’orgueil et le culte de la personne

 Le culte de la personne est une pratique assez répandue qui glorifie le plus méritant. Celui à qui les affaires réussissent se sent pousser des ailes, car il est de mois en mois toujours en haut de l’affiche. À force de figurer toujours à la meilleure place, le commercial développe de l’orgueil, il peut être tenté de se croire invincible. Il oublie alors très facilement que sa réussite est le fruit d’un travail parfois long et minutieux que d’autres personnes ont fourni dans l’ombre. La parole de Dieu nous apprend que l’orgueil de l’homme l’abaisse (Pr 29.23) et précède sa chute (Pr 16.18).

En s’efforçant de garder une attitude humble, on se protège du péché d’orgueil. Cette attitude est plus facile à tenir lorsqu’on ne se laisse pas tenter par la course au chiffre d’affaires, ceci par un travail constant et régulier, se limitant le plus possible au temps de travail imparti. Un profil bas, néanmoins joyeux, devant les clients et devant les collègues, accompagné de l’amour du prochain est un autre gage de réussite sur le plan professionnel et dans une optique chrétienne (1 Cor 13.4).

2.  Un métier qui appelle au développement d’aptitudes saines

 Ce métier qui semble a priori être un enchevêtrement de pièges est également une formidable école de vie. Les aspects relationnels, la rudesse du travail et les situations difficiles peuvent être les outils dont Dieu peut se servir pour former le chrétien impliqué dans un tel travail.

2.1.  Le développement de l’amour du prochain

 Le vendeur est en premier lieu l’interface entre l’entreprise et le client. À ce titre, il est le premier interlocuteur que le client rencontre. Le chrétien impliqué dans ce travail est appelé à témoigner de son amour pour son prochain, le client. Même si le client potentiel est contrariant, le chrétien, de par l’action du Saint-Esprit en lui, aura une ressource cachée qui lui permettra de maintenir le contact parfois même dans des situations avilissantes. D’autres fois, il doit s’occuper de factures impayées et trouver le tact adéquat pour réclamer les sommes dues sans blesser son interlocuteur. Il est appelé à être plein de douceur, pacifique et modéré, et à pratiquer le pardon, dans l’espoir de renouer les contacts avec de telles personnes (2 Tim 2.24-25 ; Phil 4.5).

2.2.  Le développement de la persévérance

 Le vendeur est souvent impliqué dans un travail solitaire. On l’apprécie autonome. Lorsqu’on lit les offres d’emplois relatives à un poste de vendeur, il est très rare de lire parmi les qualités recherchées le mot « persévérant ». Pourtant, c’est là une qualité toute particulière d’un bon vendeur. Lorsqu’il essuie un échec, il doit pouvoir rebondir dès le prochain contact. Un jour, un ami m’a rapporté un fait qui l’a marqué lors d’une formation de gestion à la vente. Le formateur expliquait qu’un bon vendeur est un homme qui après neuf échecs est encore en mesure de reprendre son bâton de pèlerin pour frapper à la porte d’un dixième client. On appelle cela « avoir de la persévérance ». Nous savons que l’affliction produit la persévérance et la persévérance, la victoire (Rom 5.3-4). Le chrétien peut donc s’exercer à la persévérance de manière très concrète au travers de ce travail.

2.3.  Le développement du courage

 Le courage est bien souvent une caractéristique essentielle du vendeur. Il doit affronter des situations difficiles. Dans les négociations, lorsque des acheteurs lui demandent continuellement de baisser les prix, le vendeur doit savoir jauger la situation pour ne pas se mettre en difficulté. D’autres fois, il doit se rendre chez un client afin de constater un défaut sur la marchandise livrée. Il doit donc manifester du courage et ne pas fuir l’adversité. Lorsque les douze espions furent revenus de leur mission dans le pays promis, seul Josué et Caleb manifestèrent du courage devant le peuple, car ils n’avaient pas oublié la promesse que Dieu avait faite lorsque le peuple d’Israël avait quitté l’Égypte (Nom 13.1-14.10). Dieu, qui les avait fait sortir de ce pays, leur demandait pourtant de combattre les peuples qui habitaient le pays promis avec son aide puissante. De même, le chrétien ne doit pas oublier que Dieu peut le précéder dans des situations ardues, s’il en fait la demande ; par exemple, dans le but de disposer favorablement le cœur de son client. Il doit toutefois aller à la rencontre de son interlocuteur.

Le vendeur devrait manifester les qualités suivantes :

- L’amour pour son prochain, sans quoi son travail est vain (2 Tim 1.7 ; Tite 3.1-2). - La persévérance, sans quoi il abandonnera rapidement (Luc 8.15 ; Luc 21.19).

- Le courage, sans quoi il n’ira pas affronter l’adversité (Jean 16.33 ; 2 Cor 4.1).

3.  Un métier qui appelle à la dépendance en Dieu

 Dans l’Évangile de Matthieu (6.19-34), Jésus aborde la question des richesses matérielles et des besoins physiologiques de l’homme. Il présente de manière très claire la relation qui existe entre les richesses matérielles, les besoins physiologiques et l’avenir céleste du chrétien. Rien ne sert de s’inquiéter pour son avenir, Dieu tient tout dans sa main : ce que nous allons manger, ce que nous boirons, ce que sera notre santé, de quoi nous serons vêtus, la durée de notre vie ici-bas, etc. Il nous demande, au contraire, de nous affectionner en premier aux choses célestes, à savoir le royaume et la justice de Dieu. En retour, Dieu pourvoira à nos besoins. À ce titre, le vendeur chrétien doit constamment se rappeler que Dieu est son gagne-pain, pas le client. Bien que sa fonction dans son entreprise contribue à faire vivre les personnes qui y travaillent et leurs familles, il ne doit pas oublier non plus qu’il n’exerce ce travail que pour un temps et qu’il ne jouira pas toujours des richesses matérielles que Dieu lui accorde. Le jour viendra où toutes les richesses matérielles lui seront retirées ; il ne lui restera, alors, que les richesses célestes : celles produites par la glorification de Jésus dans son travail.

« Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain aura soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine. » (Mat 6.34)


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