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Sommaire du n° 1 jan - mar 1967

 



La promesse de l'Esprit (1)

Frank Horton

Il s'agit d'un sujet de la plus grande importance, et cela pour plusieurs raisons. Tout d'abord, nous souffrons de la pauvreté spirituelle de l'Eglise de Jésus-Christ en général, et de nos assemblées et communautés locales en particulier; nous savons que nous sommes bien en deçà des possibilités que nous réserve le Seigneur, et nous désirons connaître une vie chrétienne plus authentique, victorieuse et fructueuse pour sa gloire.

Puis, conscients de ces lacunes, bon nombre de chrétiens prient pour un réveil. Que cherchent-ils, en fait? Certains de nos frères nous encouragent à demander des signes spectaculaires - un «baptême» du ou dans le Saint-Esprit, le parler en langues. - Ont-ils raison? Est-ce à cet endroit que la Parole de Dieu met le poids de son enseignement? Que dit, en particulier, le Seigneur Jésus lui-même à ce propos? Car Il a parlé, en effet, de l'Esprit-Saint, en y attachant une grande importance. Par exemple, la promesse de l'Esprit constitue le thème principal du discours de la chambre haute, prononcé par le Seigneur quelques heures avant sa mort. Sur le point de quitter les siens, Jésus ne parlera pas à la légère, mais s'attachera aux choses les plus importantes.

Enfin, ne devons-nous pas commencer notre enquête en nous mettant à l'écoute du Seigneur? Car c'est Jésus qui parle, lui qui est LA VÉRITÉ, cette Vérité d'origine céleste, unique, absolue, éternelle. Par conséquent, lorsqu'Il parle, ses affirmations doivent être prises pour normatives, déterminantes. Ce qu'Il souligne doit être considéré comme important; ce à quoi Il fait une allusion passagère ou qu'Il passe sous silence le sera moins. C'est donc là point de départ logique d'une étude sur le Saint-Esprit, quitte à examiner ensuite l'enseignement définitif des épîtres, pour enfin chercher à comprendre le sens et la portée des incidents qui nous sont racontés dans le Livre des Actes. Celui qui essaie d'ériger une doctrine du Saint-Esprit à partir du seul Livre des Actes, sans tenir compte d'abord de l'enseignement du Seigneur et des Apôtres. s'en va à l'aventure. ..

PLAN DE TRAVAIL

Lire attentivement Jean ch. 13 à 17, et en particulier 14, 16-26; 15, 26- 27; 16, 5-15.

Sans pouvoir épuiser la richesse de ces textes, nous procéderons, dans la mesure du possible, par groupes de trois: les trois chocs terribles du ch. 13; la triple préparation entreprise par le Seigneur avant qu'Il puisse ouvrir son coeur aux disciples; les trois prépositions de 14, 16-17; et en particulier les trois noms que Jésus donne à l'Esprit promis -Paraclet, Esprit de la Vérité, Esprit-Saint.

LES TROIS CHOCS

Essayons de nous mettre dans la peau des douze disciples, et de vivre avec eux les instants dramatiques de cette nuit qui commence dans la chambre haute. La victoire et le royaume ne sont-ils pas à portée de main? Ils sont à Jérusalem et jouent déjà des coudes pour s'assurer la place privilégiée que chacun croit mériter. Manifestement, ils ne partagent pas les préoccupations du Maître, ne sont pas disposés à l'écouter, à comprendre ou à assimiler les termes du testament qu'Il est sur le point de leur laisser. C'est pour cela que Jésus doit appliquer d'abord un «traitement de choc».

Quel moment d'angoissante désillusion pour eux! Sur son appel, ils ont tout quitté pour suivre ce jeune rabbin, Jésus; ils ont découvert, éclairés par le Saint-Esprit, qu'Il est infiniment plus qu'un simple homme, Il est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Ils ont lié leur sort au sien pour le meilleur ou le pire. ..et dans cette chambre haute, ils découvrent que c'est apparemment pour le pire! Jésus leur fait des annonces pour le moins inattendues.

En premier lieu, Il dévoile la présence d'un traître parmi eux (13, 21- 30). Et les disciples de se regarder les uns les autres, effarés, en se demandant lequel d'entre eux saurait descendre assez bas pour livrer leur Maître bien-aimé!

Puis Jésus leur fait une déclaration encore plus bouleversante: Il annonce son départ (13, 33). Non seulement Il s'en va, mais eux ne pourront le suivre. En un instant, leurs espoirs s'écroulent comme un château de cartes: ils ont tout quitté pour le suivre, et voilà que le Maître les abandonne - du moins le croient-ils.

Simon-Pierre proteste, lui, le plus fort, le plus zélé, le plus fidèle, chef et porte-parole des disciples: Il ira jusqu'à la mort avec le Seigneur. Et Jésus de répondre: «En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois» (13, 38). N'y a-t-il pas là l'intimation d'un désastre très proche? Pour que Pierre renie son Maître, il faut que l'épreuve soit de taille, qu'il soit placé dans une situation inextricable. Et qu'en sera-t-il, alors, des autres disciples?

Pourquoi le Seigneur use-t-il d'une si brutale franchise, sinon précisément pour que tombe toute illusion de devant leurs yeux? Les disciples doivent sombrer dans le désespoir, perdre toute confiance en eux- mêmes, être délivrés de leur ambition charnelle et égoïste, avant que le Seigneur ne puisse leur ouvrir son coeur et partager avec eux des vérités précieuses jusqu'alors cachées.

A la lumière de ces chocs, il nous est plus facile de comprendre ou de deviner les questions que posent les disciples, soit ouvertement, soit dans le secret de leur coeur: «Seigneur, où vas-tu? Pourquoi t'en vas- tu? Est-ce pour un moment, ou pour de bon? Quand reviendras-tu? Pourquoi ne pourrons-nous te suivre?» Et puis, la question sans doute la plus angoissante: «Que deviendrons-nous pendant ton absence? Qu'allons-nous faire?» Ayant senti le désespoir qui tenaille le coeur des disciples, et ayant compris les raisons de leur perplexité, nous saurons mieux apprécier les trésors inestimables de ce merveilleux discours de la chambre haute, de ces paroles de consolation que le Sauveur a prononcées devant les siens juste avant de mourir.


(à suivre)

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