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Sommaire du n° 22 avr - jun 1972

 



Quatre rivières - Quatre évangiles - Une révélation

J. Beauverd

Le Saint-Esprit révèle dans le livre de la Genèse, comme à l'état de germes, les vérités fondamentales qui sont développées dans le reste de la Bible.

Gen. 2 : 10-14 nous parle d'un fleuve qui sortait d'elle, pour arroser le jardin, et de là se divisait en quatre rivières. Si le fleuve de la grâce de Dieu n'avait pas dépassé les limites du jardin d'Eden, nous serions encore sous la condamnation divine. En ouvrant le Nouveau Testament, nous retrouvons ce fleuve dont les eaux sortent du lieu saint et viennent sur la terre désaltérer et fertiliser, par la venue du ciel de Jésus-Christ et son Oeuvre ici-bas, révélées par les quatre évangiles.

La première rivière est Pishon ou Pison, qui signifie changeant. L'Ecriture ajoute qu'elle entoure tout le pays de Havila où il y a de l'or.

Il est intéressant de considérer que l'or, dans l'Ecriture, nous parle de la justice divine, dont le croyant est revêtu ; nous trouvons cette notion notamment dans Apoc. 3 : 18 « Je te conseille d'acheter de moi de l'or passé au feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu ». En rapport avec cette pensée, nous remarquons que l'Evangile de Matthieu nous présente la justice royale du Messie. Deux des béatitudes de cet évangile ont la justice pour thème, Mat, 5 : 6 « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justices car c'est eux qui seront rassasiés » et Mat. 5 : 10 « Bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car c'est à eux qu'est le royaume des cieux ».

Au chapitre 13 de Matthieu, v. 1, Jésus sort de la « Maison juive » pour « semer près de la mer ». La mer est ici un symbole des nations, comme nous le trouvons dans d'autres parties des Ecritures, par exemple en Apoc. 17 : 15 « Les eaux que tu as vues, ... ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues ». Au milieu de l'Evangile de Matthieu. il y a donc changement d'objectif ; on passe d'Israël à l'Eglise. de l'Ancienne à la Nouvelle Alliance. C'est de cette transition fondamentale que nous parle « Pishon » (changeant) .

La deuxième rivière est Guihon, qui veut dire impétueux, rapide ; elle entoure le pays de Cush, mot signifiant noir, sombre.

L'évangile de Marc nous parle de l'activité inlassable de Celui qui a été ici-bas le parfait Serviteur de Dieu, le Christ. Il est significatif, à cet égard, que l'on trouve et fois dans cet évangile les mots « aussitôt ». « tout de suite » où « immédiatement », caractérisant le ministère de Jésus qui, comme Serviteur de Dieu, obéissait sans attendre et parfaitement à toutes les injonctions du Père. C'est donc le caractère de perfection du ministère de christ, présenté par l'évangéliste Marc, que nous pouvons discerner au travers de « Guihon ».

Le texte biblique précise que ce cours d'eau entoure le pays de Cush. dont le sens est noir, sombre. Nous pouvons discerner là une image de l'homme dans la noirceur du péché, éloigné de Dieu, dans la prison ténébreuse de Satan. La première guérison ou délivrance du chapitre 1 : 24 de Marc est déjà la manifestation de l'active grâce de Dieu, qui vient chercher l'homme là où il est, dàns sa misère, pour l'en faire sortir et lui donner une vie nouvelle. Un des particularités de cet évangile est que l'on y voit notre Seigneur accomplir plusieurs miracles (18), délivrant des hommes et des femmes de leurs ténèbres et de diverses infirmités et conséquences du péché.

La troisième rivière est Hiddékel, qui se traduit par : un son aigu, C'est elle qui court vers Assur (I'Assyrie).

Assur ou l'Assyrie est ici un type des nations et la rivière symbolise la grâce divine qui s'en va vers elles. Tout au début de l'évangile de Luc, au chapitre 2 : 30-32, Siméon voyant l'enfant Jésus s'écrie : « J'ai vu de mes propres yeux ton salut, que tu as préparé devant tous les peuples : c'est la lumière qui te fera connaître aux nations du monde et donnera de la gloire à Israël, ton peuple ». Il est intéressant de noter que Siméon parle des peuples et des nations avait de parler d'Israël. Ce même évangile se termine au chapitre 24 : 47 par la repentance et la rémission des péchés prêchées au nom de Jésus à toutes les nations.

La pensée du « son aigu », nous la trouvons dans l'annonce glorieuse de la naissance de Christ aux bergers et dans le chant des armées célestes en Luc 2 : 9-13 : « Un ange du Seigneur se trouva avec eux! et la gloire du Seigneur resplendit autour dieux... et l'ange leur dit : ... je vous annonce un grand sujet de joIe..., car aujourd'hui,... vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur... Soudain il y eut avec l'ange une multitude de l'armée céleste louant Dieu ».

Cette notion de son « aigu », peut être vue encore dans l'invitation au grand souper de Dieu en Luc 14 : 16-24. Enfin lorsque Jésus eut accompli l'expiation de nos péchés, il est encore dit en Luc 23 : 46 : « Et Jésus criant à haute voix dit : Père ! entre tes mains je remets mon esprit ».

Le quatrième cours d'eau est l'Euphrate, mot signifiant : fertilisant. Dans Josué 1 : 4, il est appelé le grand fleuve.

Dans l'évangile de Jean, nous trouvons la Personne de Christ présentée comme Fils de Dieu. Un des mots clés de cet évangile est « vie », cité 35 fois, dans lequel on retrouve la pensée de fertilité. Jésus peut y déclarer au chapitre 11 ; 25 : « Je suis la résurrection et la vie » et au chapitre 1 : 4 il est précisé que et dans la Parole (Jésus-Christ) était la vie et que la vie était la lumière des hommes ».

Dans ce livre de l'Ecriture, tout est grand, nous y voyons le grand Dieu d'éternité venant à nous par l'incarnation.

Au chapitre 4, l'eau de la grâce coule d'abord pour une femme, au chapitre 7 : 37-39 elle coule pour tous ceux qui la désirent ; le verset 38 dit : «t Celui qui croit en moi, selon ce qu'a dit l'Ecriture, des fleuves d'eau vive couleront de son sein ». C'est donc une bénédiction réservée à tous ceux qui croient ; le texte sacré ne parle pas d'un ruisselet ou d'un ruisseau, mais d'une abondance spirituelle qui nous est offerte, comparable à des fleuves d'eau vive. Vivons-nous cette réalité de la plénitude du Saint-Esprit dans nos vies ?

Dans l'évangile de Jean, Jésus est la lumière qui fertilise et tout ce qui vient de Lui a la dimension de Dieu, c'est-à-dire l'infini.

En conclusion, nous pouvons constater que les quatre rivières de Gen. 2 : 10-14 nous parlent de la grâce divine révélée par Christ, dans les quatre évangiles et dans l'ordre dans lequel nous trouvons ces mêmes évangiles dans nos Bibles.

N'avons-nous pas dans ces quelques versets un exemple de la divine inspiration de l'Ecriture ? En effet, au travers d'une énumération apparemment sans intérêt de quatre rivières, nous découvrons d'une façon imagée des vérités profondes dont la réalisation en Christ s'est effectuée des siècles plus tard.
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J - E - S - U - S
Justifiés par le sang de la croix. Romains s : 9.
Elus dès avant la fondation du monde. Ephésiens 1 : 4.
Sauvés par sa Résurrection triomphante. Romains 5 : 10.
Unis par le baptême dans un seul Esprit. I cor. 12 : 13
Sanctifiés par Sa présence intérieure. Galates 2 : 20.

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