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Sommaire du n° 22 avr - jun 1972

 



Le dossier des païens

Romains 1 : 18 à 32
R. F. Doulière

Tous les moralistes de l'époque condamnaient la conduite des païens. Encore fallait-il en déterminer les causes. Le tableau que Paul en fait ne pouvait surprendre personne, car ces débordements étaient bien connus. N'est-il pas vrai, par ailleurs, qu'aujourd'hui encore, n'importe quelle civilisation pourrait s'y reconnaître ? Un hindou ayant lu ce réquisitoire demandait si Paul avait vécu aux Indes... Plus que jamais les mêmes désordres révoltants s'étalent sans la moindre honte, quand ce n'est pas avec fierté. On parle de rejet de l'hypocrisie ou des tabous, de libération sexuelle ou de morale libératrice. Si Paul, dans les versets qui nous occupent, faisait bien le tableau du paganisme, la preuve est donc faite que notre monde est réellement et entièrement paganisé.

Le processus rapporté par l'apôtre n'est pas celui d'une évolution, mais d'une régression morale. Pourquoi cette dégénérescence ? Paul affirme qu'elle a sa source dans une conception erronée de Dieu. Il souligne qu'il ne s'agit pas d'une ignorance subite ou accidentelle, mais d'une ignorance délibérée. Ce n'est donc pas que les païens n'aient pas pu connaître Dieu, mais bien plutôt qu'ils n'ont pas voulu le connaître, qu'ils Lui ont tourné résolument le dos. L'homme est responsable. non seulement de ce qu'il connaît, mais encore de ce qu'il peut connaître. Ont-ils pu connaître ? Ont-ils connu ? Dans quelle mesure ? Qu'impliquait cette connaissance ? Comment s'en sont-ils écartés et à quelles en ont été les conséquences ?... A ces questions, Paul répond ici en concluant : Ils sont responsables !

Une double possibilité de connaître assez de Dieu pour ne point tomber dans l'idolâtrie leur avait été offerte :       1) la conscience
      2) le témoignage de la création

Ils n'en ont tenu aucun compte. « Ils n'ont pas jugé bon de garder la connaissance de Dieu. (verset 28) ; ils ont remplacé sa vérité par le mensonge (25) . Cette négligence et ce choix se sont exprimés sous un double aspect :

      a) Impiété et idolâtrie: « Ils n'ont pas glorifié Dieu », « et ont remplacé sa gloire par des images » (versets 21 et 23)
      b) Ingratitude: « Ils ne Lui ont pas rendu grâces » (v. 21) .

Cette attitude porte en elle-même son châtiment. Premièrement, la lumière négligée s'est changée en ténèbres (v. 21) ; l'intelligence a fait place à la folie (v. 22). Deuxièmement, le péché initial a produit pour fruit de nouveaux péchés. Il en est comme des boissons alcoolisées. Les péchés réclament des satisfactions toujours plus violentes. Le péché lui-même, par l'esclavage dans lequel il tient celui qui s'y livre, devient le châtiment de l'impiété (cf. Jér. 2: 19).

Troisièmement, Dieu les a abandonnés aux conséquences mêmes de leur choix. Depuis la chute initiale, l'homme, de génération en génération, a hérité d'une nature corrompue sensibilisée au péché. Une seule chose peut le soustraire à cette tendance naturelle, l'intervention de Dieu. Mais en dehors de la grâce divine qui le tient, l'homme est lié à cette loi intérieure qui le tire vers le bas. Qu'il refuse la grâce divine, il ne peut que tomber de déchéance en déchéance. Dieu, pour cela, n'a nul besoin d'intervenir. Il suffît que, rejeté, il se détourne et abandonne la créature.

Ainsi le païen a-t-il été abandonné

      a) à ses propres convoitises (v. 24 et 25)
      b) à des passions déshonorantes (v. 26 et 27)
      c) à une mentalité pervertie (v. 28)

Une image peut nous aider à la comprendre. Supposons que je tienne un oeuf dans ma main. Tant que je le tiens, il ne court aucun vrai danger. Mais si je suis amené à l'abandonner à lui-même, ai-je besoin de le jeter à terre pour qu'il aille s'y écraser ? Non. Il tombe de lui-même ; obéissant à une loi intérieure, la loi de l'attraction terrestre à laquelle il ne peut qu'obéir et qui le force à la chute.

C'est de la même façon que l'homme qui refuse la main de Dieu tombe, obéissant à la loi de ses propres convoitises. La chute est de plus en plus vertigineuse ; en fin de compte, il ne peut rencontrer que la colère.
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