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Sommaire du n° 2 avr - jun 1967

 



La promesse de l'Esprit (2)

Frank Horton

Les disciples de Jésus sont terrassés par les mauvaises nouvelles qu'ils viennent d'apprendre - trahison de Judas, départ du Seigneur, reniement de Pierre - et les questions angoissantes se multiplient dans leur esprit. Cependant Jésus... n'est pas encore prêt à leur parler à coeur ouvert; Il doit préparer le terrain d'une autre manière.

TRIPLE PRÉPARATION

Jésus lave les pieds de ses disciples, non pas uniquement par souci de respecter les coutumes juives, mais aussi et surtout pour purifier leur coeur, pour en extirper toute ambition, tout égoïsme, tout orgueil, en les conduisant à s'humilier lorsqu'Il assume à leur place, Lui le Seigneur, le rôle de serviteur.
Ensuite doit s'en aller celui qui, entre les mains du diable, s'est déjà éloigné au delà de tout espoir de récupération, et n'est plus à même d'écouter, de recevoir ou de comprendre les paroles de Jésus. Le Seigneur veut être seul avec ceux que le Père lui a donnés. Judas Iscariot doit sortir dans la nuit.
En troisième lieu, Jésus, avant d'ouvrir son coeur, institue la Sainte-Cène, ce repas si simple et pourtant si profond et si solennel, qui nous rappelle par les signes du pain et de la coupe, ses souffrances, son corps brisé, son sang versé.

SUJETS DE CONSOLATION

C'est ainsi que Jésus aborde le discours que nous trouvons dans les ch. 14 à 16 de l'Evangile de Jean, et qui sera suivi par la prière sacerdotale du ch. 17. Une partie sera prononcée dans la chambre haute, le reste le long du chemin qui contourne les murailles de Jérusalem pour remonter le torrent du Kidron et conduire au jardin de Gethsémané. Troublé en son propre esprit plus que nous ne pourrions l'imaginer, Jésus met le comble à son amour pour les siens: Il pense à leur tristesse. ..
Au ch. 14, Jésus affirme d'abord qu'Il est lui-même un sujet de consolation et de joie pour les disciples. «C'est moi qui suis le Chemin, la Vérité et la Vie! Nul ne vient au Père que par moi» (v. 6). S'Il s'en va, c'est pour aller auprès du Père et leur préparer une place. Son absence ne sera pas définitive, car Il reviendra quand Il aura achevé ce travail de préparation, et prendra les siens pour qu'ils soient désormais et pour toujours avec lui. Jésus est le Sauveur qui suffit à tous égards!
Quoi que ses disciples demandent en son nom au Père, Jésus le fera. Ainsi le Seigneur se présente lui-même aux disciples comme le sujet de consolation par excellence.
Mais sont-ils pleinement rassurés pour autant? Ne se disent-ils pas: "Tout cela est bien réconfortant. Pourtant tu viens de dire que tu vas nous quitter, et que nous ne pourrons te suivre. A quoi bon, alors, trouver notre consolation en toi, si tu n'es plus à notre côté, là où nous pourrions te voir, te toucher, t'entendre, te demander conseil?» Et c'est là, dans ce contexte, que Jésus commence à parler du Saint- Esprit: la promesse de l'Esprit constitue le second grand sujet de consolation du ch. 14, et sera aussi le thème principal de tout le discours.

UNE PROMESSE RÉJOUISSANTE

«Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet. ..» (v.16). Une première question se pose aussitôt: Qui donne ou envoie le Saint- Esprit? (Nous ne voulons pas évoquer ici la grande controverse qui dresse, depuis des siècles, une barrière dogmatique entre les églises catholique romaine et orthodoxe, et qui tourne autour de la légitimité du mot latin Filioque.) Que dit le Seigneur? Dans deux textes, Il déclare que c'est le Père qui donnera l'Esprit, en exauçant la prière du Fils (14: 16, 26). Cependant, deux autres textes, tout aussi clairs, semblent dire le contraire: c'est Jésus qui l'enverra de la part du Père (15: 26; 16: 7)!
Si, comme nous le croyons, Jésus ne se contredit pas, ces affirmations se complètent harmonieusement. Ce qui est clair, alors, c'est que le jour de Pentecôte, agissant ensemble et d'un commun accord, le Père et le Fils ont envoyé l'Esprit qui avait été promis. Toutefois - et c'est cela qui est important -, pour que ces promesses s'accomplissent, il a fallu que Jésus s'en aille comme Il l'avait dit, remonte au ciel et prenne sa place à la droite du Père.
Quelle en est la portée en ce qui nous concerne? Tout simplement ceci: l'événement du jour de Pentecôte, la descente du Saint-Esprit sur l'Eglise, n'est rien moins qu'une démonstration éclatante et définitive que Jésus avait dit vrai: Il est le Fils unique et éternel venu du Père, Il est bel et bien ressuscité d'entre les morts, ayant accompli une oeuvre de rédemption parfaite et agréée par le Père, Il est rentré auprès du Père. Le jour de Pentecôte est avant tout une manifestation de la victoire, de l'autorité suprême, et de la gloire de notre Seigneur Jésus- Christ; il confirme le bien-fondé de notre foi, et doit nous pousser à éclater en louanges et actions de grâces.

QUELQU'UN D'AUTRE

«Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet» (Jean 14 : 16).
Que signifie ce petit mot autre? Deux mots grecs peuvent être traduits par autre: d'abord hétéros, qui signifie d'une catégorie ou d'un genre différent, c'est-à-dire d'une différence qualitative (d'où les mots français hétérogène et hétéroclite, par exemple). Cependant, Jésus utilise non pas ce mot-là, mais l'adjectif: allon: «Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet (allon parakléton).» Ce petit mot allon veut dire autre, mais du même genre, de la même essence. Par conséquent, ce Paraclet (1) que promet Jésus sera quelqu'un qui lui ressemble, dans une ressemblance qui est d'autant plus totale que le même titre de Paraclet est attribué par l'Apôtre Jean à Jésus (1 Jean 2 : 1) !
Voici donc un nouveau sujet de réconfort pour les disciples: Si Jésus s'en va pour être leur Paraclet auprès du Père, ils seront consolés dans la perspective de l'avènement d'un «nouveau» Paraclet. ..voire, ils ne perdront pas au change, bien au contraire, car Celui qui prendra la relève ressemble à Jésus, et Il continuera l'oeuvre que Jésus a commencé d'accomplir. C'est pour cela que le Seigneur peut continuer en substance: «Je ne vous abandonnerai pas - je ne vous laisserai pas orphelins - vous ne serez pas laissés seuls pour vous débrouiller sans mon secours» (v. 18).
Mais Jésus va plus loin encore: «II vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai» (16: 7). Non seulement les disciples ne perdront pas au change, parce que Jésus s'en va et le Saint-Esprit vient, mais cela leur sera avantageux! N'est-ce pas surprenant? Que peut apporter l'Esprit de plus que ce que Jésus a apporté? Que peut-il faire de plus que ce que Jésus a fait? En quoi peut-il être plus précieux - supposer que cette question soit légitime? - En quoi consiste l'avantage?

(à suivre)
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(1) Nous utilisons à dessein Paraclet, car Consolateur n'en donne qu'un sens entre plusieurs.

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