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Sommaire du n° 39 jul - sep 1976

 



Brèves pensées sur la vie du prophète ELIE (6)

Michel Perrot

2 Rois 2:1-18.

L'enlèvement d'Elie

La Parole place devant nous deux hommes qui cheminent ensemble : Elie, arrivé au terme d'une carrière richement bénie, s'apprête maintenant à passer le relais à Elisée, lequel n'avait été jusqu'à ce jour que son servi­teur, vivant dans son ombre ; l'un achève son service pour le Seigneur et l'autre va bientôt le commencer. Dans quelques instants, Elie laissera à Elisée le précieux manteau qui représente la puissance de l'Esprit sans laquelle un service pour Dieu n'est pas possible. En Jos. 1 1-9, Moïse est mort et Josué lui succède en I Rois 2 : 1-12, David, dans les derniers instants de sa vie, donne d'ultimes conseils à son fils Salomon qui va mon­ter sur le trône peu de temps avant de connaître le martyre, Paul adresse son testament spirituel à Timothée dans le passage qui nous occupe, Elie va bientôt quitter Elisée. Instant solennel entre tous, où l'un franchit la ligne d'arrivée et l'autre prend le départ de la course.

Il semble que Dieu ait voulu jeter un voile de mystère sur cette scène si glorieuse. Pourquoi ? Ne serait-ce pas pour que, guidés par le Saint-Esprit, nous puissions creuser dans la mine inépuisable des richesses de la Pa­role, et découvrir des joyaux précieux brillant d'une lumière divine ?

Suivons l'itinéraire de ces deux hommes et, nous laissant guider par le Saint-Esprit, tenons notre imagination en bride, nous verrons alors la signi­fication biblique des sites qu'ils traversèrent.

Tout d'abord, ils partent de

GUILGAL

ce lieu rappelait à Israël de glorieux événements, pour les remémorer, le lecteur relira avec profit les chapitres 3, 4 et 5 du livre de Josué. Après sa longue pérégrination dans le désert, le peuple d'Israël se trouva enfin devant le Jourdain, et l'arche (la présence et la puissance de Dieu) leur fraya un chemin au milieu de ce fleuve pour commémorer ce grand mira­cle, les Israélites érigèrent à Guilgal douze pierres enlevées du lit du fleuve; ce monument était destiné à instruire les générations futures au sujet de la puissance déployée par Dieu en cette occasion (Jos. 4: 1-7 et 19-24). Ce fut donc le premier campement des Israélites après la traver­sée du Jourdain ce fut aussi leur quartier général durant la conquête de Canaan. Le mot Guilgal signifie roulement, action de rouler ; en Josué 5: 9, nous trouvons : « LEternel dit à Josué Aujourd'hui, j'ai roulé de dessus vous l'opprobre de l'Egypte. Et ce lieu fut appelé Guilgal jusqu'à ce jour ». Par la circoncision, Dieu fit ainsi disparaître (rouler) l'opprobre de l'Egypte. C'est donc à Guilgal que la génération née dans le désert passa par la circoncision, et nous savons que la circoncision est, pour Israël, le signe de l'alliance avec Dieu. De plus, la circoncision était un acte de purification religieuse ; dans son sens le plus étendu elle est le signe de la mortification du désir charnel (Col. 2 : 11). Circoncire le coeur, c'est le régénérer à tel point qu'il ne s'obstine plus dans le mal: « Vous circoncirez donc votre coeur, et vous ne raidirez plus votre cou » (Deut. 10: 16).

Hélas, par la suite, son histoire montre combien son coeur était incircon­cis. C'était particulièrement vrai au temps d'Elie, alors que le peuple de Dieu s'était attaché aux Baals. Mais que dire d'Elie lui-même ? N'avait-il pas marché selon la chair lorsque, cessant de se tenir devant l'Eternel, il avait fui devant la colère de Jézabel et était tombé dans un noir découra­gement ? Accomplissant ses derniers pas sur cette terre, celui qui, dans un instant, allait être enlevé et introduit dans le ciel en vainqueur, sans passer par la mort, pouvait se souvenir du sombre épisode où, sous un genêt, il avait demandé la mort. Il pouvait se remémorer aussi la grande bonté que Dieu lui avait témoignée en cette circonstance. Et nous, chers lecteurs ? N'avons-nous pas besoin de passer par Guilgal ? Laisser le cou­teau entamer la chair est une opération qui peut nous paraître doulou­reuse, mais sachons bien que si le vieil homme n'est pas crucifié, notre vie chrétienne ne pourra pas s'épanouir. Nous ignorerons tout de l'affran­chissement et Christ ne pourra pas se manifester en nous (Lire à ce sujet Rom. 6, où il est question de marcher en nouveauté de vie, et Gal. 2 : 20).

Et c'est encore à Guilgal que le peuple d'Israël célébra la Pâque,
la première dans le pays de Canaan ; cette fête (voir Ex. 12) nous rappelle d'une part l'Agneau qui a été immolé et dont le sang nous a lavés de tout péché, et d'autre part la nécessité pour nous de faire disparaître de notre vie le levain, c'est-à-dire le mal sous toutes ses formes. Si la Pâque était, en quelque sorte, le mémorial de l'ancienne alliance, la Sainte-Cène, pour nous chrétiens, ne rappelle-t-elle pas les souffrances et la mort de Celui qui a pris sur Lui nos péchés à la croix ? Le repas du Seigneur a-t-il la place qui convient dans nos vies ? Savons-nous répondre à la douce invitation que Jésus adresse à tous les siens : « Faites ceci en mémoire de moi ? » Savons-nous, dans ces instants, contempler avec amour et reconnaissance l'Agneau qui a été Immolé ?
(A suivre)
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