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Sommaire du n° 40 oct - dec 1976

 



Quel est notre christianisme ?

Jacques Beauverd

Un christianisme politique ?

Les deux disciples d'Emmaüs déclarent en Luc 24 : 20-21 : « Nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort et l'ont crucifié. Or nous, nous espérions qu'il était celui qui doit délivrer Israël ». Ils attendaient une délivrance politique, alors que Jésus avait dit: « Mon royaume n'est pas de ce monde ».

Aujourd'hui comme alors, la confusion des plans spirituel et politique a pour résultat un sentiment profond d'échec et de tristesse. Le remède à cette vision erronée est une meilleure connaissance des Ecritures, par lesquelles Jésus s'est alors révélé à ces deux hommes découragés et leur a expliqué le plan de Dieu. Il est alors écrit: « Commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les Ecritures, les choses qui le concernent ». La conséquence d'une juste compréhension du niveau auquel se situe le salut de Dieu en Christ dans la dispensation de l'église (dont les bénédictions sont avant tout célestes) est indiquée par ces paroles des disciples alors transformés et heureux: « Leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent. Et ils dirent: Notre coeur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait. et qu'il nous ouvrait les Ecritures ? ». La connaissance biblique et la soumission à la Parole de Dieu transforment la déception en courage et amènent à proclamer joyeusement le message de la résurrection de Christ, comme l'indique la suite du texte inspiré: « Se levant à l'heure même, ils s'en retournèrent à Jérusalem... disant: Le Seigneur est réellement ressuscité ».

ce message de la résurrection a d'ailleurs des implications profondes pour les croyants dans leur vie de famille, d'église et de citoyens chrétiens.

Un christianisme peureux ?

Nicodème, sans doute par peur d'être vu, vient de nuit à Jésus pour lui parler (chap.3 de l'évangile de Jean). Plus tard, au chap. 7 du même livre, il tentera une timide intervention en faveur de Christ. Devant la brutale réaction des pharisiens, il n'insistera pas. Enfin, au chap. 19 de cet évangile, on le retrouve après la crucifixion de Jésus avec Joseph d'Arimathée, « disciple de Jésus en secret », alors que « le soir était venu » (selon Matt. 27 : 57). Ils mettent le corps du Seigneur dans un sépulcre neuf situé dans un jardin; ils l'embaument et le lient de bandelettes. Il ne sera plus question de ces deux personnages dans la suite. Le christianisme peureux de ces hommes est à l'image de la tâche qu'ils ont accomplie. N'ayant pas voulu prendre ouvertement et fermement position pour le Christ vivant, ils mettront au tombeau un Sauveur mort. La Bible dit: « Si de ta bouche tu affirmes devant tous que Jésus est le Seigneur et si tu crois dans ton coeur que Dieu l'a ramené de la mort à la vie, tu seras sauvé. Car l'homme croit dans son coeur et Dieu le rend juste devant lui » (Rom. 10: 9-10).

Confessons-nous fidèlement notre foi ou sommes-nous des lâches qui ne témoignent pas ouvertement de Christ devant ceux qui nous entourent ? Si tel est le cas, il faudrait alors se souvenir de la parole solennelle du Fils de Dieu qui a déclaré: « Quiconque me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, moi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux » (Matt. 10: 32-33).

Un christianisme sans Dieu ?

Beaucoup de chrétiens souffrant de la théologie dite « moderniste » OU « libérale » disent comme Marie-Madeleine autrefois: « On a enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où on l'a mis » (Jean 20: 13). Le Christianisme est fondé sur des faits objectifs, - la conception par le Saint-Esprit, la naissance, la vie parfaite ici-bas, la mort expiatoire, la résurrection corporelle et l'ascension de Jésus-Christ, le Fils éternel de Dieu -. On ne peut être chrétien et nier l'un de ces faits. Aux théologiens incrédules de son temps, les sadducéens, qui ne croyaient « ni à la résurrection, ni aux anges, ni aux esprits », Jésus a dit: « Vous errez, ne connaissant pas les Ecritures, ni la puissance de Dieu » (Matt. 22 : 29). Devant la mise en doute subtile ou grossière de la Bible, qui seule est infaillible, le chrétien répond par l'affirmation de sa foi et la réalité d'une vie transformée par la vérité révélée. A l'insinuation diabolique: « Dieu a-t-il vraiment dit ? », le chrétien répond par le « Il est écrit » de Jésus en Matthieu 4 et Luc 4.

Un christianisme « religion » ?

luc 23 : 26 nous parle d'un certain Simon, Cyrénéen, qui venait des champs et qui a été chargé de porter la croix de Jésus. N'avons-nous pas là une image frappante de celui qui se fatigue à porter le poids d'une religion, sans avoir expérimenté pour lui-même la libération que donne Je Sauveur ? Le vrai christianisme n'est pas une religion, mais d'abord une Personne, celle de Christ. Le plan de Dieu est la création d'un homme nouveau par la nouvelle naissance. La philosophie, les idéologies de notre temps ou les religions humaines n'ont jamais transformé fondamentalement qui que ce soit au niveau de sa nature profonde pécheresse; seul Christ le fait, en accomplissement de la promesse divine que nous trouvons en Ezéchiel 36 : 26-27 : « Je vous donnerai un coeur nouveau et je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ;... je mettrai mon Esprit au dedans de vous et je ferai que vous marchiez dans mes statuts, que vous les gardiez... et les pratiquiez ».

Un christianisme de domination ?

Il est illustré par l'attitude de Pierre qui lors de l'arrestation de Jésus tire l'épée, frappe un homme et lui coupe une oreille. Jésus désapprouve alors son geste, accomplit un miracle en recollant son oreille et ordonne à Pierre de remettre son épée au fourreau (Jean 18: 10-11). Le christianisme, terriblement persécuté notamment au début de son histoire, est devenu à son tour persécuteur; or Jésus a formellement condamné la violence et a manifesté le caractère d'un agneau sans défense.

L'homme est plus désireux de régner, même au nom de Christ, que de servir Dieu et ses frères! Nous sommes appelés à être les imitateurs de Jésus qui a dit: « Le fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs » (Mc 10: 45).

Un christianisme sans la puissance du Saint-Esprit ?

C'est celui que vécurent pendant 10 jours les disciples, entre l'Ascension et la Pentecôte. Dans les Actes des Apôtres, au chap. 1, v. 12 à 26, nous les voyons attachés à la chambre haute qui leur rappelait tant de souvenirs liés à la présence du Seigneur au milieu d'eux. Ils prient dans ce lieu, et Pierre y prêche sur la perdition de Judas... Ils avaient certes reçu de Christ l'ordre d'attendre la venue de l'Esprit promis et leur cas est particulier. Pour nous, le Saint-Esprit nous est donné lors de notre nouvelle naissance : « Ayant cru, vous avez été scellés du Saint-Esprit de la promesse »(Eph. 1 : 13).

Il est toutefois intéressant de remarquer que lorsque l'Esprit de Dieu sera venu avec puissance à la Pentecôte, ils sortiront alors de la chambre haute pour témoigner dans la puissance de cet Esprit. On continuera bien sûr à se rassembler, mais en connaissant alors l'Evangile comme la dynamite de Dieu! Le Saint-Esprit est la vie de l'Eglise. Il est semblable à l'huile dans une lampe. Vide, elle sera un ornement, peut-être beau, mais inutile. Pleine d'huile, elle va éclairer et répandre de la chaleur. Si dans une joyeuse obéissance à la Parole de Dieu, nous réalisons l'exhortation de Paul dans l'épître aux Ephésiens, au chap. 5, v. 18: « Soyez rem. plis de l'Esprit », alors notre christianisme sera authentique et contagieux. Au travers de ce christianisme vrai, Christ sera glorifié. des personnes seront sauvées et affermies dans la foi, et nous serons nous-mêmes bénis en proportion directe de notre obéissance à la volonté révélée de Dieu.

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