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Sommaire du n° 44 oct - dec 1977

 



Mise en accusation de l'homme

Rom. 1 :18-28
R. H. Guignard

« Les hommes ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur ». Dans cette portion du Nouveau Testament, l'homme est accusé d'être un pé­cheur et d'avoir abandonné Celui qui l'a créé ; il lui est reproché de ne pas Lui rendre hommage et de ne pas être reconnaissant pour ses bien­faits.

C'est bien une mise en accusation de l'homme, rédigée en quelques lignes. L'Esprit de Dieu a conduit l'apôtre Paul à dépeindre en ces mots les sentiments de l'être humain, sa conduite publique et privée. Un Chi­nois disait à un missionnaire, lequel lisait ce passage : « Il n'est pas honnête de votre part de nous dévoiler ainsi en public ». Et un autre ajoutait: « Qui vous a appris ces choses nous concernant ? ». Au pre­mier siècle, un philosophe nommé Sénèque écrivait: « L'iniquité a un tel cours dans le public, elle domine d'une telle manière tous les coeurs, que l'innocence n'est pas seulement rare - elle n'existe pas du tout ! » Dieu nous voit tels que nous sommes; Il nous invite à nous considérer COMME Il nous volt !

« Les hommes connaissent Dieu » (21).

Ce qui peut être connu de Dieu, Dieu le leur a dévoilé: Sa puissance éternelle peut être appréciée à l'oeil nu ; les cieux racontent sa gloire; la nature, l'univers physique nous montre ses perfections. Sa divinité a été rendue évidente pour les hommes (19). En plus de cela, Dieu a placé dans le coeur de l'homme la pensée de l'existence d'un ETRE su­périeur, ainsi que celle de la vision d'une vie sans fin (Eccl. 3 : 11). il existe une connaissance instinctive de Dieu, une vision inscrite au plus profond de l'être humain, la pensée d'un Etre suprême. L'homme qui se dit athée lutte constamment, dans son for intérieur, pour maintenir son assurance. « Les raisonnements par lesquels ils s'accusent ou se dé­fendent les uns les autres » (2 : 15) en témoignent.

Les connaissances dont il est question au verset 21 ont été la part de l'homme « adamique ». Noé les a transmises à ses successeurs. Nous comprenons ainsi qu'un certain nombre de familles maintinrent longtemps la crainte de Dieu et les enseignements divins. De génération en génération Dieu a eu ses témoins. Mais, en général,

« Des hommes ne lui ont pas donné la gloire qui lui est due » (21)

Il y a une loi morale qui veut que les hommes supportent les conséquences du choix de leurs actions. Or, l'apôtre parle d'une classe d'hommes, lesquels « retiennent la vérité captive de l'injustice. (18). Ces hom­mes ont eu la connaissance; ils ont été instruits ; Ils ont eu la capacité de comprendre, mais ils craignent la vérité. Pour un gain sordide, im­médiat, pour dominer sur les âmes, ils se sont Jetés dans l'égarement de Balaam (Jude 11 et I Pi. 5: 2). Ceux qui ont eu cette capacité de connaître sont nombreux de nos Jours: ils ferment leurs oreilles, leurs yeux, leur entendement à certains appels infiniment profonds, appels qui leur parlent de Dieu... Ils refusent et ne veulent pas donner à Dieu la gloire qui lui est due comme Dieu.

« Ils ne lui ont pas rendu gràces » (21).

Or, Dieu est un Dieu miséricordieux. il a été et est encore accessible. Le Juif est invité à rendre grâces à Dieu pour ses bienfaits, aussi bien que le païen et le chrétien. Selon Habakuk 1:15-17, le pêcheur, dépeint dans ces versets, donne gloire à son filet, car grâce à cet objet, il a de quoi manger ! Cet exemple nous montre l'homme glorifiant l'homme : il a su faire un filet, il a su s'en servir. Il sacrifie et offre le parfum à son outil: il le met ainsi et se met lui-même à la place de Dieu ! il ne veut pas convenir qu'un ETRE supérieur ait tout prévu pour nourrir sa créature.

L'homme a laissé de côté son Créateur. Par contre, il a trouvé ce qu'il cherchait : il est devenu son propre maître. Ayant élaboré, soupesé ses propres pensées, Il a délibéré seul, il a pris conseil de lui-même... Dé­laissant le lien qui l'unissait à Dieu, il est devenu la cible d'un ennemi. Ce dernier a pu lui suggérer d'autres pensées, et

« Ils se sont égarés dans leurs vains raisonnements » (21)

et leurs raisonnements n'étant plus axés sur la vérité, il se trouve qu'ils sont futiles, vains. Eux-mêmes ont dit: « C'est en vain qu'on sert Dieu. » (Mal.3: 14).

« Et leur coeur sans intelligence » (22)

devenu insensible, incapable de discerner, a été rempli de ténèbres. Et maintenant, ses réflexions l'ayant amené à ce point, l'homme a fait un pas décisif: ses raisonnements sont devenus une science, une phi­losophie et ont produit un changement de religion et de vie, ils ont échangé la vérité contre un mensonge (25) : la vérité concernant Dieu et le mensonge concernant Dieu !

Nous avons devant les yeux, non pas un contraste abstrait, mais une vérité bien définie. Cette vérité concerne la véritable nature de Dieu, avec ses droits et, ce qui en découle, les devoirs de la créature.

Et nous avons aussi un mensonge bien défini, lequel prétend que l'hom­me est d'essence divine, qu'il a droit à être adoré et servi : « Il a adoré et servi la créature au lieu du Créateur » (25).

L'homme a délaissé Dieu; il l'a même abaissé au rang de « chose créée ». Le processus du raisonnement n'a pas été accidentel, mais progressif, intentionnel. L'homme voit Dieu, non au ciel, mais dans la nature, dans l'être humain, dans la matière. Il a honoré la représenta­tion de ce qu'il a créé pour lui-même; il lui rend un hommage rellgieux...

« Ils ne se sont pas souciés de conserver la connaissance de Dieu » (28).

Ayant fixé eux-mêmes les qualités considérées comme convenant à leur Dieu, ils ont mis le vrai Dieu à l'épreuve selon leurs propres rè­gles; ils ont estimé que le vrai Dieu était un dieu ne répondant pas à leurs spécifications... Ils l'ont laissé de côté; ils n'en ont plus tenu compte dans leurs conseils.

Alors, et alors seulement, « Dieu les a livrés, Dieu les a abandonnés »...

Toutefois, il vaut la peine de continuer à lire l'épître aux Romains que nous venons de citer. « Abandonnés » n'est pas le dernier mot. Au cha­pitre 3 et au verset 21, l'apôtre conduit par l'Esprit-Saint, continue: « Mais maintenant, sans la Loi (de Moïse) est manifestée la

j u s t i c e   d e   D i e u

à laquelle rendent témoignage la Loi et les prophètes, justice de Dieu en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient.

Il n'y a point de distinction car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu, et ils sont gratuitement Justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ ».

« Dieu fixe de nouveau un jour (Hé. 4: 7) ... Aujourd'hui, si vous enten­dez sa voix, n'endurcissez pas vos coeurs... ».

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