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Sommaire du n° 54 avr - jun 1980

 



PARABOLES (3)

Bon grain et ivraie

Mt. 13 : 24-30. 36-43
R.-H. Guignard
Comprendre une parabole demande un effort. Mais la récompense est à la porte.

La parabole du bon grain et de l'ivraie nous fournit un nouveau tableau. Il s'agit du bon terrain que nous avons laissé de côté jusqu'à maintenant, terrain bien ameubli, bien préparé, où la bonne semence rapporte du cent, du soixante ou du trente. En fait, notons que dans cette nouvelle parabole, il ne s'agit plus de semence, mais d'hommes qui ont cru à la Parole, et qui sont devenus les serviteurs du SEMEUR. Ce sont eux, les évangélistes, petits et grands, qui, résultats d'un premier semis, ont à leur tour semé la « bonne nouvelle du salut éternel ». Ils ont cru, et ils ont déterminé dans leurs coeurs d'annoncer aussi à d'autres cette grande nouvelle.

Cela représente une partie de l'activité de Dieu, par la coopération de ses ouvriers, dans les affaires de son royaume.

Ainsi donc, par cette parabole, le Seigneur rendait attentifs ses serviteurs tant évangélistes, pasteurs, enseignants, moniteurs

que chrétiens au coeur bouillant, au fait qu'ils allaient devoir se répandre à travers le monde en portant la Parole de la réconciliation. Effectivement, il leur avait annoncé que le Malin et ses agents représentés par l'ivraie, étaient déjà présents parmi eux, parmi tous les apôtres, parmi les cent-vingt du jour de la Pentecôte. Il était nécessaire de saisir que la situation présente à leurs yeux allait être difficile, sans modification possible et sans remède.

Bon grain et ivraie croîtraient côte à côte, entremêlant leurs racines et leur feuillage. Vivant du même pain, sur la même terre !

Certainement, les disciples ont été surpris. Nous le sommes aussi. Si nous comprenons bien, dans le royaume des cieux, les « enfants de Dieu » trouvent à côté d'eux - et sans délai - « des enfants du Malin » qui les surveillent et cherchent à les induire en erreur.

Que faire ? Pourquoi devons-nous apprendre, nous aussi, par le moyen de paraboles ? Le fait que le Seigneur a utilisé ce moyen, les paraboles, et non des ordonnances formelles, semble nous montrer qu'il désire nous voir les appliquer avec beaucoup de prières, de réflexion, de modération et de recherche. Nous ne sommes plus sous la LOI de Moïse, et le Seigneur nous donne liberté de venir à LUI pour rechercher Sa volonté. Il s'agit donc d'étudier ses paraboles dans la prière. De plus, et c'est une promesse, le Saint-Esprit viendra en aide au vrai chrétien. « Mais quant à vous, heureux sont vos yeux, parce qu'ils voient, et vos oreilles. parce qu'elles entendent » (v. 16).

Dans sa Parole, le Seigneur ne nous a pas laissés sans lignes directrices. Nous trouvons ces dernières dans de multiples pages du Nouveau Testament. Les disciples ont montré, par leur exemple et leurs écrits, qu'il est indiqué de conduire les églises dans la vérité, dans la pureté. Il en est de même pour ce qui concerne le chrétien individuel.

Pour le moment, nous voulons revenir à notre parabole. Au tour des serviteurs d'être surpris: « N'as-tu pas semé une bonne semence ? » disent-ils au « Père de famille », qui les a pris à son service. Comment cela est-il possible ? Une autre plante pousse dans ce champ !

« C'est un ennemi qui a fait cela », répond le Maître. Effectivement, on ne peut le nier, le fait est là sous les yeux de tous. Sur toute l'étendue du champ apparaît une autre tige, presque semblable à la première: l'ivraie, une plante très nuisible pour la culture du blé, et très mauvaise pour l'homme (enivrante). Aussi pouvons-nous comprendre la question que posent les serviteurs: « Veux-tu que nous allions l'arracher ? »

«NON, répond le Maître, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le bon grain ». C'est ici le point central de cette parabole. Il est de la volonté de Dieu que bon grain et ivraie croissent ensemble sur le champ. Or le champ, c'est le monde entier, comme nous l'avons vu dans la parabole du SEMEUR.

L'offre que font les serviteurs est-elle sensée: arracher l'ivraie ? Sans doute. Mais le Maître a vu de suite les conséquences: on allait aussi déraciner du bon grain! Avez-vous bien lu ? le bon grain. Transposez cela au point de vue spirituel. Le bon grain, c'est la semence divine - qui donne naissance à l'enfant spirituel, à « l'enfant de Dieu ». Déraciner un « enfant de Dieu » ? Non. Lisons un peu plus loin (Mt. 18 : 1-14) : « Si vous ne devenez pas comme de petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux... Ce n'est pas de la volonté de votre Père, qui est dans les cieux, qu'un seul de ces petits périsse ». La leçon est claire.

Mais de même, la proposition d'arracher l'ivraie n'était point acceptable. L'ivraie représente des hommes; ces hommes sont des créatures de Dieu. Oui, nous lisons bien. Aujourd'hui, ce sont des « enfants du Malin », des hommes qui ont choisi de le servir. Reviendraient-ils à Dieu ? Ils sont libres. Le sont-ils encore ? Comme le brigand, l'un des brigands sur sa croix, a changé de chemin pour prendre celui de la vie éternelle, un « enfant du Malin » peut-il revenir ? A la dernière heure !

Que va faire le chrétien face aux leçons de cette parabole ? Il a une tâche très importante. Si le chrétien doit éviter de « déraciner », on pourrait aussi dire « de combattre », on peut l'inviter à ne pas dépasser certaines limites que lui assigne l'Ecriture. Le chrétien DOIT AVERTIR.

Son rôle est celui d'un témoin. D'après Mt. 5: 14-16, il est témoin :
A. dans sa famille et parmi son entourage
« lumière dans sa maison » -témoignage personnel, à cause de sa foi et de ses bonnes oeuvres.
B. dans le monde - « lumière sur la montagne » -témoignage collectif- dans et par l'église fidèle à son chef, le Christ.
(à suivre)


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