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Sommaire du n° 79 jan - mar 1987

 



TEMOIGNAGE

Adrien SIGNORINI

PLUS JAMAIS SOIF

Celui qui vient à moi n'aura jamais soif (Jean 6.35)

      C'est dans ma vingt-troisième année que j'ai commencé à boire de façon immodérée. Dès l'âge de six ans, je vivais dans la terreur. Mon père rentrait pratiquement tous les soirs à la maison complètement ivre. Avec mes frères et mes soeurs, nous tentions d'échapper ses crises de violence en prenant la fuite. Nous cherchions des cachettes où nous pouvions nous dérober à ses regards. Plus tard lorsque je compris qu'il n'y avait pas de possibilité d'éviter les accès de méchanceté causés par l'alcool, je fuyais de la maison aussitôt qu'il y rentrait pour en revenir lorsqu'il était endormi d'un sommeil lourd et épais.

      J'ai rencontré le Seigneur à l'âge de 34 ans. J'étais marié et père de 4 enfants. J'étais toujours soumis à la boisson. J'avais découvert dans l'alcool un moyen d'éviter les conflits qui m opposaient à ma mère, et j'y trouvais la force de lui résister. Mon père acceptait la chose puisque je lui ressemblais au moins sur ce point.

      Mais ce besoin d'alcool qui m'aidait à lutter contre cette terreur devint bientôt un prince qui régnait sur mon corps et sur mes sens, au point qu'il me devint impossible de le maîtriser; au contraire c'est lui qui me maîtrisait. Mes frères et soeurs ne comprenaient pas la raison pour laquelle j'étais descendu si bas. Mon frère pouvait ainsi dire que je ressemblais à mon père, mais cela ne m'était d'aucun secours. Je me heurtais toujours aux reproches des miens.

      Plusieurs problèmes de communication se manifestaient entre ma femme et moi aussi bien qu'entre mes enfants et moi. Je n'étais pas un violent et n'étais pas ivre tous les jours, pourtant nos relations étaient parfois difficiles. Je rentrais énervé; il était impossible d'engager une conversation avec moi. Ou alors je rentrais après mon travail et j'allais tout droit dans mon lit parce que je ne pouvais faire autre chose. A propos de travail, les camarades voyaient bien que je n'étais jamais "dans mon assiette", et ils profitaient de la situation pour me pousser encore à boire du vin. Je réalisais avec souffrance qu'il m'était difficile, voire impossible de résister à l'appel de l'alcool qu ils me proposaient tout en me rendant compte que je deviendrais un objet de moquerie de leur part.

      Cette situation dura pendant des années. Je ne puis dire combien de souffrances cela a apporté dans mon coeur et au sein de ma petite famille. Lors de mes phases de lucidité, je voyais bien la situation dans laquelle je me trouvais. Je pouvais prendre des résolutions de me conduire avec sagesse, mais ce besoin d'alcool était désormais une nécessité: je connaissais ce qu'on appelle la dépendance. L'Esprit du Dieu auquel j'appartiens me révélait la souillure dans laquelle je me vautrais. Mon épouse et moi priions souvent ensemble. Je tentais vainement de faire appel à ma volonté. Ce fut peine perdue. Je continuais de trouver dans le vin le courage qui, je le croyais, effaçait ma timidité. Je pensais qu'un verre de plus me donnerait la force de dire ce que j'avais envie de dire, mais c'était le contraire. Je perdais mes moyens devant les inconnus ou les supérieurs au travail. Beaucoup de chrétiens priaient pour ma délivrance, particulièrement ceux de l'église de Voiron, aussi bien que des chrétiens d'autres églises locales qui me con naissaient.

      Comment sortir de cette situation ? Au cours de l'année 1984, j'étais vraiment très fatigué et je compris que je ne pouvais plus continuer ainsi impunément. Je pris la décision d'en finir avec l'aide du Seigneur. Il me fallait faire le premier pas, celui de la foi, parce que je savais très bien que Dieu ne m'avait pas délaissé malgré mon état qui ne le glorifiait pas. Je connaissais Jésus comme mon sauveur et avais appris combien il était fidèle.

      Je pris donc la décision sur le plan spirituel et médical, et je me soumis à un traitement de cure qui dura un moi.

      Dans mon coeur, je ne voulais plus du tout céder à la tentation, m'appuyant sur la délivrance promise par le Seigneur ceux qu'il aime et qui lui appartiennent. Pendant ma cure, je connus d'atroces souffrances au milieu d'hommes semblables à moi.

      Un jour, alors que je prenais le repas avec mes camarades dans la salle commune, je fus saisi d'une grande angoisse. Mes camarades s'en aperçurent et me posèrent des questions; je ne pus leur répondre. Je quittai la salle sans avoir mangé et regagnai ma chambre avec une grande émotion. Arrivé là, je m'allongeai sur mon lit à plat ventre et commençai à prier mon Père qui est dans les cieux intervenir. J'implorai sa délivrance et priai ainsi jusqu'à ce que le sommeil me gagne. Je me réveillai le lendemain matin de bonne heure, plein d'une joie que je n'ai jamais connue auparavant. Je compris que le Seigneur avait pleinement et magnifiquement répondu à ma prière. Et je le loue aujourd'hui de cette délivrance merveilleuse. Je ne sais comment le remercier de m'avoir donné une vie nouvelle, digne d'un témoin du Christ Jésus. Pr 20.1; 23.29-35.

Adrien SIGNORINI
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