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Sommaire du n° 7 jul - sep 1968

 



1 Thessaloniciens

B. Tatford

PAUL A CORINTHE

Quelque temps après son départ d'Athènes, Paul a séjourné à Corinthe, la plus grande ville de l'Achaïe. Dans la capitale, il avait attendu Timothée et Silas, espérant qu'ils viendraient l'encourager en réponse à son message envoyé de la solitude de cette petite ville universitaire, jadis importante, mais à cette époque tranquille et éclipsée par sa grande voisine: Corinthe.
Dans cette métropole maritime, Paul fut éprouvé à tous points de vue: matériellement et spirituellement, «se trouvant auprès d'eux dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement» (1 Corinthiens 2 v. 3). L'apôtre y vivait une période très occupée, étreint par la parole, rendant témoignage aux juifs que Jésus était le Christ (Actes 18 v. 5). Il travaillait de longues heures chez ses hôtes, Aquilas et Priscille, pour fabriquer des tentes en poil de chameau, afin de n'être à la charge de personne. Pendant qu'il travaillait, il priait sans cesse, pour que leur foi soit établie et leur espérance affermie (1 Thess. ch. 1 v. 3). Nous pouvons donc imaginer son contentement de voir finalement arriver ses deux compagnons de voyage, précédemment passés par Athènes, et qui avaient appris que Paul était déjà reparti plus loin.
Il semble que Paul était vraiment dans le besoin au point de vue matériel, mais ces deux frères venaient lui apporter les dons de l'assemblée de Philippes et dès cet instant, il se donna tout entier à la Parole. Philippes était la seule communauté à se souvenir des bénédictions reçues de la part du Seigneur par Paul, et des responsabilités à l'égard du serviteur (2 Corinthiens 11 v. 9 et Philippiens 4 v. 15).
Dès leur arrivée, Paul, le missionnaire, questionne ses collaborateurs quant à l'état du témoignage naissant à Thessalonique. Les sujets de louange et d'encouragement sont nombreux, car le dynamisme de leur foi a déjà édifié des croyants des autres parties de la Macédoine et aussi d'Achaïe. D'autres personnes se sont même données au Seigneur comme suite à leur témoignage (1 Thessaloniciens ch. 1 v. 7/8). Ainsi, Paul aurait tant voulu revoir ces chers chrétiens, mais ayant déjà été empêché d'y aller à cause d'une opposition satanique dont la Bible ne nous donne pas de renseignements (ch. 2. v. 17), il décide de leur écrire tout de suite pour répondre à leur désir de le revoir (ch. 3 v. 6). En même temps, il veut corriger certaines erreurs lui semblant susceptibles de les handicaper, tandis que son voeu profond est qu'ils marchent dans la sainteté pour plaire à Dieu (ch. 4 v.1).
Un des problèmes dont souffrait l'église naissante était celui des parents de chrétiens qui venaient de mourir. Ils attendaient si ardemment le retour de Jésus-Christ, qu'il leur était cruel d'envisager que ceux qui étaient dans la tombe allaient être privés de la joie d'une telle rencontre.
Paul est heureux de pouvoir leur dire qu'il y a une espérance chrétienne qui dépasse tout ce que les incroyants connaissent (ch. 4 v. 13), et que cette espérance n'est pas moindre pour ceux qui sont morts. Mais toute médaille a son revers et Paul est attristé de savoir que des chrétiens entendaient «négliger le travail quotidien sous prétexte que le Seigneur allait bientôt revenir» (N. D. B.). Une espèce de manie religieuse, divorcée d'un témoignage véritable, avait amené certains esprits inconséquents à ne plus s'occuper de leurs propres affaires, ni à travailler (ch. 4 v. 11), mais à se tenir au crochet des membres les plus influents de la communauté chrétienne.

Le travail de Paul fut richement béni à Thessalonique, et il est bouleversant de remarquer tout ce qu'ils avaient en si peu de temps compris - sans livres d'étude biblique - au sujet de leur élection chrétienne, cela en recevant pleinement la Parole, avec la joie du Saint- Esprit et malgré les tribulations. Il n'est pas surprenant d'apprendre que, comme aujourd'hui, le diable ait suscité sa cinquième colonne et que les juifs aient critiqué Paul d'être si rapidement parti. Ils l'accusaient de n'être qu'un prédicateur à sensation, qui ne se souciait guère des problèmes et du progrès spirituels de ses nouveaux convertis. Par contre, il semble que beaucoup de grecs s'étaient ouverts à l'Evangile. Il s'agissait de gens fréquentant la synagogue, très impressionnés par la grandeur de la loi de Moïse mais qui, jusqu'à leur conversion à Dieu lors de la visite de Paul, continuaient d'adorer leurs idoles. Voilà un terrain vierge, tout préparé, non endurci par l'orgueil religieux des juifs. Il est facile de discerner une situation similaire, aujourd'hui, dans certaines communautés même évangéliques, où le Saint-Esprit ne peut plus travailler les coeurs, car un état de suffisance et de vanité empêche tout labourage spirituel.
Saisi d'un véritable fardeau pastoral pour ces nouvelles âmes, Paul écrit sa lettre. Elle ne contient que très peu de doctrine théologique, sauf les références eschatologiques des chapitres 4 et 5. L'apôtre veut voir ses enfants spirituels fondés et formés en vue du retour de Jésus-Christ: l'espérance constante du chrétien.
(Avant le prochain article, il est recommandé de lire la 1ère épître aux Thessaloniciens)

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