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Sommaire du n° 84 avr - jun 1988

 



Les miracles et la résurrection de Jésus (2)

Daniel ARNOLD

Le gouffre des deux mille ans étant comblé grâce aux témoignages d'une authenticité et intégrité établies, l'homme du vingtième siècle rejoint l'homme du premier siècle pour se demander si les affirmations des évangiles, en particulier les récits miraculeux, concordent avec les faits. Derrière cette question se cachent deux hésitations: les témoins sont-ils honnêtes et ont-ils correctement observé les événements décrits?

Avant d'examiner les caractéristiques des miracles, arrêtons-nous aux témoins. Jésus a opéré la plupart de ses prodiges en plein jour, entouré de grandes foules. L'abondance des témoins oculaires est le meilleur garant de la fidélité des évangiles. Jamais ces oeuvres n'auraient reçu un accueil universel si elles présentaient un rapport tronqué des faits. Immédiatement, des protestations se seraient élevées. Remarquons aussi que les autorités juives, toutes déterminées qu'elles étaient à supprimer le Christ, ne se sont jamais aventurées à mettre en question sa puissance. C'était impossible : trop de miracles, trop de témoins. Leurs attaques se bornaient à questionner la légalité de ses actes - guérisons le jour du sabbat - et la légitimité de ses affirmations -allusions à sa divinité. L'acte d'accusation final le traitera d'hérétique et blasphémateur, non de charlatan ou faussaire.

Concernant les miracles, ils avaient tout pour convaincre : nombre, diversité, puissance. Jésus a accompli des centaines, peut-être des milliers de prodiges. Les évangélistes se contentèrent d'en décrire un nombre limité (trente-trois en tout) laissant clairement entendre qu'il y en avait bien d'autres. Jean qui n'en rapporte personnellement que sept, le chiffre parfait, écrit : Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom (Jean 20.30-31), ou encore: Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pourrait contenir les livres qu'on écrirait (Jean 21.25). Sélectionnant quelques miracles, les évangélistes ont soigneusement décrit variété et puissance. Les sept prodiges de Jean comprennent: la transformation d'environ six cent litres d'eau en vin, la guérison d'un malade à distance, la guérison d'un homme paralysé depuis 38 ans, la multiplication de deux pains et cinq poissons pour nourrir cinq mille familles, une marche de cinq à six kilomètres sur la mer, la guérison d'un aveugle de naissance et la résurrection d'un mort enterré depuis quatre jours. Cette diversité témoigne de l'étendue sans précédent du pouvoir de Jésus. Rien ne lui est impossible fut la conclusion de ses contemporains. Pour terminer, relevons que presque toutes les guérisons du Christ étaient instantanées: une parole, un geste et voilà un aveugle guéri, un lépreux purifié, un mort ressuscité.

Aux yeux des disciples, le signe le plus clair de la divinité de Jésus fut sa propre résurrection des morts. Avec confiance et enthousiasme, ils l'annoncèrent partout où ils le pouvaient, en dépit des menaces et des persécutions, convaincus qu'ils étaient de la réalité de cet événement. Après sa mort, ne l'avaient-ils pas vu vivant à plusieurs reprises, dans différents lieux, pendant plus d'un mois; leurs propres mains n'avaient-elles pas touché son côté et ses mains meurtries, leur bouche n'avait-elle pas goûté de la nourriture préparée par le Christ ressuscité; leur témoignage n'était-il pas confirmé par plus de cinq cents personnes et par le tombeau à jamais vide? Rien ne permettait de croire à des rêves ou à des hallucinations nourries par l'autosuggestion. Rien. La conviction des disciples était telle qu'elle transforma ces lâches ayant abandonné leur maître, en apôtres affrontant mille dangers et persécutions, avec courage, espérance et amour; elle transforma aussi une des institutions juives les mieux ancrées: le samedi (sabbat) fut remplacé par le dimanche, jour de la résurrection, qui devint ainsi le jour du Seigneur.

Pour contrer ce déferlement de témoignages, les responsables juifs, incapables de produire le corps de Jésus, eurent recours à la menace et à la diffamation. Les menaces rencontrèrent des hommes armés de convictions sans faille, et les accusations étaient sans fondement: comment les disciples auraient-ils volé le corps de Jésus et pourquoi auraient-ils inventé tous ces récits? A la mort de Jésus, les onze disciples furent laissés sans force, désillusionnés et brisés, incapables d'organiser une expédition risquée, surtout une attaque contre une garnison romaine. D'ailleurs, même s'ils en avaient été capables, n'auraient-ils pas attendu au minimum trois jours, afin de voir si le Christ ne ressusciterait pas comme il l'avait annoncé? Ainsi, leur expédition aurait eu lieu au plutôt le quatrième jour, soit lundi. Sur le plan moral, le vol du corps et les mensonges qui l'auraient accompagné sont en flagrante contradiction avec l'éthique prêchée et vécue par ces hommes. Aucun motif, non plus, n'existe pour expliquer une telle entreprise frauduleuse. Ce ne sont ni richesses ni soutien public que les apôtres ont rencontré dans leur ministère, mais souffrances et persécutions. La tradition nous dit que tous les apôtres, excepté Jean, sont morts en martyrs pour leur foi. L'abondance des témoins fait aussi problème. Si tout est mensonge, comment expliquer l'existence de plus de cinq cents témoins, la plupart encore vivants 20 ans après la crucifixion? Pour terminer, certains éléments des récits resteraient sans explication. Si l'on cherche à convaincre à tout prix, pourquoi présenter quatre récits qui semblent contenir plusieurs contradictions; pourquoi choisir des femmes comme premiers témoins de la résurrection, surtout une ancienne démoniaque; pourquoi Marie de Magdala et les deux disciples d'Emmaüs n ont-ils pas d'emblée reconnu Jésus?

Au vingtième siècle, un être humain peut adhérer aux affirmations des évangiles avec tout son être, y compris son intelligence et même poussé par elle. Certains miracles, comme la naissance virginale, ont été opérés devant peu de témoins, certaines paroles du Christ ne pourront être vérifiées qu'après notre mort; néanmoins, les nombreux prodiges publics de Jésus et sa résurrection d'entre les morts attestent avec force sa divinité et sont le garant que toutes ses paroles sont dignes de confiance. Comme Jésus l'a dit lui-même aux Juifs: Si je ne fais pas les oeuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez point, croyez à ces oeuvres, afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi et je suis dans le Père (Jean 1O.37-38).

Daniel ARNOLD
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