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Sommaire du n° 86 oct - dec 1988

 



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Du Dieu souverain à la souveraineté absolue de l'homme savant

Jean-Marc BERTHOUD

Il serait utile de se demander comment nous en sommes arrivés à envisager la possibilité - l'actualisation expérimentale? - de transformer des éléments du code génétique d'êtres humains. Comment cette éminente créature de Dieu qu'est l'homme s'est-elle dénaturée au point d'être devenue ce petit dieu qui trafique avec la structure biologique de ses semblables?

Le bref rappel des étapes essentielles de l'entreprise scientifique permettra de donner des éléments de réponse à cette question.

1. Les vastes travaux du moine bénédictin hongrois, Stanley Jaki, à la fois physicien et historien des sciences, ont démontré de manière convaincante que seul un consensus général fondé sur la cosmologie biblique permettait le développement de la science moderne. Car pour son développement. il fallait non seulement désacraliser la nature en faisant la distinction entre Dieu et sa création, mais il fallait comprendre que la nature était un système ordonné par des lois stables.

Seul le christianisme a permis l'établissement d'un consensus au Moyen-Age où pouvaient se rencontrer ces deux conditions. (1) C'est donc dans ce contexte culturel précis que s'est développée la science moderne. C'est dans ce cadre « créationnel » que se développèrent les sciences de la vie, chaque forme créée recevant ainsi sa finalité du Créateur. La révolution darwinienne de 1859 mit fin à ce consensus créationnel qui donnait à l'univers son sens.

2. Avec la publication par Darwin en 1859 de « L'origine des espèces » et l'adoption rapide de sa manière de penser par l'ensemble des savants. la notion même de finalité, ainsi que celle de sens, disparurent de la pensée biologique. Les formes de la vie étaient dépouillées du sens que leur avait donné le Créateur. Ces formes de la vie apparaissaient alors comme le résultat fortuit du jeu entre le hasard et la nécessité. Avec Darwin, l'univers vivant perd son sens. Il est livré à l'arbitraire des rencontres fortuites de particules et à la « sélection naturelle ». Ce n'est pas ici l'endroit de s'étendre sur la nature peu scientifique, c'est-à-dire peu conforme à la méthode expérimentale, d'une telle démarche, ni sur la nature inutilisable d'un « modèle » évolutionniste aussi vaste, ni sur le refus qu'on y trouve de reconnaître la spécificité des phénomènes biologiques. Tout ce que je veux ici vous faire remarquer, c'est la nature d'un tel univers biologique: il ne peut s'y trouver de sens: c'est un monde absurde.

3. Nous parvenons aujourd'hui à la troisième étape de cette désastreuse épopée. L'univers n'ayant pas en lui-même le moindre sens, étant le pur fruit des « lois du hasard », de mutations fortuites et dune sélection parfaitement arbitraire, il revient maintenant à l'homme lui-même de lui donner un sens, de lui donner une finalité. Voici la nouvelle tâche des savants, des biologistes: donner un sens, une direction, à une évolution arbitraire et fortuite jusqu'alors.

C'est ce que nous constatons aujourd'hui chez de nombreux savants qui rêvent - et ce rêve est déjà dans bien des cas une réalité aujourd'hui - de donner des formes nouvelles à la vie biologique en manipulant ses fondements génétiques. En témoignent que trop clairement ces citations tirées de l'ouvrage décisif du biologiste canadien Magnus Verbrugge: « Alive. An Enquiry into The Origin and Meaning of Life » (2):

« La raison pratique majeure pour l'étude de l'origine de la vie est que sans une telle étude nous ne pouvons comprendre la vie, et si nous ne pouvons la comprendre, nous ne pourrons pas la contrôler. » (3)

« Les matérialistes ne cherchent pas seulement à comprendre l'essence même de la vie, ils désirent également apprendre comment la modifier de manière réfléchie, favorable à l'humanité. » (4)

Dans un ouvrage plus ancien de H.M. Morris: « The Troubled Waters of Evolution » (5), nous trouvons des citations semblables:

« Ce qui distingue l'homme de façon unique des animaux est sa capacité de diriger et de contrôler sa propre évolution. La science est son outil le plus puissant pour le faire. » (6)

« Nous ne sommes plus obligés de nous soumettre à des forces aveugles qui nous sont extérieures, mais nous pouvons manipuler notre environnement et éventuellement même nos propres gênes. Ainsi, contrairement à toutes les autres espèces, nous pourrons intervenir dans le processus de notre évolution biologique. » (7)

Il semble bien que nous sommes arrivés à une époque où le savant s'amuse à jouer à dieu.

Jean-Marc BERTHOUD
Secrétaire de l'Association vaudoise des parents chrétiens
Rédacteur de « Résister et construire »

Notes:
(1) Relevons, parmi les nombreux ouvrages de Stanley Jaki:
Cosmos and Creator ". Scottîsh Academic Press, Edinburgh, 1980.
« Science and Creation. From Eternal Cycles to an Oscillatirg Universe »
Scottish Academic Press, Edinburgh, 1986.
« The Road of Science and the Way of God », idem, 1978.
« Planets and Planetarians. An History of Theories of the Origin of Planetary Systems », idem, 1978.
(2) Ross House Books, Vallecito, Ca 95251 USA, 1984.
(3) J. Bernal, cité par D.H. Rohling et A.I. Oparin dans « Molecular Evolution, Prebiological and Biological », p.1.
(4) A.I. Oparin: « Life, its Nature, Origin and development », Academic Press, New York, 1962, p.5.
(5) Creation Life Publishers, San Diego. 1974.
(6) Hudson Hoagland: « Science and the New Humanism » Science, vol. 143, 10 Janvier 1964. p.111
(7) A.G. Motulsky: « Brave New World », Science, vol. 185, 23 août 1974, p.653.

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