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Sommaire du n° 92 avr - jun 1990

 



Fondements (5)

La mort

Jean-Pierre Schneider

A. Dans l'Ancien Testament

Gen 2.17: Première mention de la mort dans la Bible (Litt.: «mourant, tu mourras»). Satan avait-il raison en disant: Vous ne mourrez nullement? La traduction littérale montre que le processus de détérioration physique s'est mis en marche ce jour-là; la mort spirituelle, par contre, était immédiate.

NB: La mort est entrée dans le monde au moment où Adam et Eve ont péché (Rom 5.12).

Il y a deux sortes de déclarations sur la mort dans l'AT:

-Ps 6.6; 88.6, 11-13: ces passages donnent l'impression que les morts sont in­conscients et ne se relèveront jamais; remarquons pourtant que Ps 88.11-13 n'est pas une affirmation, mais ce sont des questions.
-Ps 16.10-11: Il n'y a pas d'abandon au shéol; il est question de délices éternelles.
Ps 49.16: parle de libération du shéol (=séjour des morts).
Ps 73.24: Le croyant sera reçu dans la gloire.
Job 19.25-26; Es 26.19; Dan 12.2: Il est question de résurrection physique!

Sous la loi, la peine de mort est ordonnée pour le meurtrier, l'adultère, l'incestueux, l'homosexuel pratiquant, le pervers (relations avec animaux), celui qui maudit père ou mère, l'idolâtre, le spirite, entre autres. Pourquoi? - Le peuple de Dieu doit être purifié des malfaiteurs (danger de contagion).

Le suicide est très rare dans l'AT. La vie est le bien suprême dont le suicide est la négation. On aimait avoir une «belle mort». Saul se suicida parce qu'il ne voulait pas tomber aux mains des ennemis; aucun héroïsme dans sa mort !

Comment surmonter la mort dans l'AT? En communiquant sa vie à sa descendance: on continuait à vivre en eux.

B. Dans la littérature grecque

Homer: «thanatos» = la mort ou le danger mortel (sens physique).
Hellénistes: la mort a aussi un sens spirituel.
On cherche à donner à la mort le sens d'un achèvement en mourant glorieusement, p. ex. pour sa patrie.
Platon: L'âme est immortelle; le corps est sa prison. On recherche la mort.
Les gnostiques: Le cosmos est diabolique; le corps étant matière, il en fait partie. On en arrive à une conception diamétralement opposée à la Bible:

Vivre dans son corps équivaut à la vraie mort.
Se libérer du corps: victoire sur la mort.

Le suicide est donc un acte méritoire, vu qu'il procure la libération du corps.

C. Dans le Nouveau Testament

On y trouve «thanatos» environ 120 fois. Dans les évangiles, il s'agit surtout de la mort de Jésus, chez Paul de la mort humaine. Le verbe «apothnesko» (mourir) revient 113 fois (chez Paul, surtout de Jésus).

La cause de la mort est le péché, dont la mort est le salaire.

Si, d'une part, Satan a le pouvoir de la mort, c'est Dieu lui-même qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne (l'enfer): Héb 2.14; Mat 10.28.

L'homme vit dans la mort en tant que pécheur; la mort domine sa vie aussi bien physique que spirituelle, tant qu'il vit sans Dieu. P. ex. le fils prodigue: il est «mort» tant qu'il est loin du père.

La création entière est sujette à la mort, parce que, selon Rom 8, elles est liée au destin de l'homme. La raison? - Elle fut créée pour l'homme. Cette vérité ne se trouve nulle part ailleurs que dans la Bible. Rom 8.20 révèle que Dieu lui-même a soumis la création à la «vanité» (= qui ne remplit pas sa fonction), et non Satan. Suite au péché de l'homme, Dieu a prononcé une malédiction sur la nature entière (Gen 3.17-19) et fait entrer la mort aussi dans le règne animal, ce qui exclut toute l'hypothèse de l'évolution avant la création de l'homme. La mort n'est donc pas un «phénomène naturel», et le jour vient où la création en sera libérée en même temps que les fils de Dieu (Rom 8.21). Cela explique pourquoi, dans le NT, la mort est si souvent mentionnée avec la résurrection, qui est son annulation.

La mort de Jésus: Christ est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justifica­tion (Rom 4.25).

La mort de christ surmonte:
1. la loi - Rom 7.4
2. le péché - 2 Cor 5.21
3. notre mort - 2 Tim 1.10

L'Evangile de la victoire sur la mort: Rom 3.25: La mort de Jésus est un sacrifice propitiatoire qui expie le péché.
2 Cor 5.21: Elle est un sacrifice de substitution, Christ étant mort à notre place.
Marc 10.45: Christ a donné sa vie en rançon (rachète de l'esclavage du péché).

La mort de Jésus est l'événement fondamental de l'histoire du salut.

Dieu brise le pouvoir du péché en s'identifiant avec l'homme dans la mort de Jésus, par laquelle il a déjà vaincu notre mort; sa mort est promesse de vie, et la résurrec­tion est présentée comme une réalité à venir, certaine à cause de la résurrection de Jésus qui en est le garant.

Réalité présente:
Le croyant est passé de la mort à la vie (Jean 5.24). Le croyant ne verra jamais la mort (Jean 8.51).
Le croyant vivra quand même il serait mort (Jean 11.25).

Question: Pourquoi les chrétiens doivent-ils quand même mourir?

La mort physique est le dernier ennemi à être vaincu (1 Cor 15.26). Elle est déjà vaincue virtuellement, mais cette victoire sur la mort ne se manifeste pas encore dans toute son ampleur. Par la mort physique, l'homme reste entièrement dépendant de Dieu, dans l'espérance de la résurrection physique au retour de Christ.

Entre la première et la seconde venue de Christ, il y a coexistence entre le siècle présent et le siècle à venir, entre le monde qui passe et le monde permanent.

Le chrétien est déjà citoyen des cieux, mais encore dans la chair. Le fait d'avoir la vie éternelle devient un article de foi.

La souffrance et la mort sont vécues avec le Christ. La mort physique cesse d'être un problème pour le chrétien: «Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui» (2 Tim 2.11).

Tous les hommes ont péché et doivent mourir physiquement.
Mais:
Le chrétien meurt physiquement et entre dans la vie éternelle.
L'incrédule meurt physiquement et entre dans la mort éternelle (seconde mort: Apoc 20.14, qui ne touche pas le chrétien: Apoc 2.11).
Donc:
La mort ne sépare pas le chrétien de Dieu, mais le réunit avec Christ (Rom 14.8).

Où vont les morts? Chrétiens: au sein d'Abraham (père des croyants) = paradis.* (cf Luc 16.19-31) Incrédules: au hadès ou séjour des morts (lieu de tortures).
Luc 23.43: Aujourd'hui tu seras avec moi au paradis. Donc Jésus y est allé.

La mort est souvent assimilée au sommeil
Raisons:
1. Le sommeil est passager - on en revient!
2. Le sommeil n'interrompt pas l'identité du dormeur.

Jean-Pierre Schneider

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