Quand bien même nous nous croirions « très proches » de Dieu, nous aurons toujours besoin que Jésus s’approche…
Les onze disciples se rendirent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait indiquée. Quand ils le virent, ils se prosternèrent ; certains d’entre eux, pourtant, eurent des doutes. Jésus s’approcha et leur dit : « Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc auprès des gens de tous les peuples et faites d’eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et de l’Esprit saint, et enseignez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai commandé. Et sachez-le : je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (28.16 -20, NFC)
Après sa résurrection, Jésus donne un rendez-vous à ses disciples, au lieu qu’Il lui a lui-même fixé. C’est là le sens de l’Église ou « l’assemblée des convoqués » par Jésus (« deux ou trois » suffisent, nous dit 18.20), pour se réunir autour de Lui, dans le but de le rencontrer, l’écouter et l’adorer, comme nous le voyons dans ce passage : il est en effet dit qu’une fois dans Sa présence, ses disciples « se prosternent » devant Lui, c’est à dire : l’adorent.
C’est ce que sont censés faire naturellement ceux qui appartiennent à Jésus. Pourtant, le passage nous donne à voir une scène insolite : « Certains d’entre eux [les disciples] eurent des doutes. » Et ce, alors que Jésus est devant eux. Le texte ne nous précise pas de quels doutes il s’agit, mais peut-être certains d’entre les disciples doutent- ils que Jésus soit réellement ressuscité ? Peut- être doutent-ils de leur légitimité à être là, après l’avoir trahi, abandonné ? On ne sait pas vraiment, mais ceux qui vivent actuellement de tels doutes, alors qu’ils se trouvent dans la présence du Seigneur, savent déjà de quoi il s’agit, sans avoir besoin de le lire.
En réponse aux doutes, Jésus ne fait pas de reproche : il s’approche. Et nous avons toujours besoin que Jésus s’approche, quand bien même nous penserions être « au plus près » de lui.
En réponse aux doutes, Jésus ne donne pas de justification ou d’explication, mais rappelle « que toute autorité (lui a) été donnée dans le ciel et sur la terre ». C’est pourquoi Il nous envoie en mission, revêtus de cette même autorité, pour « aller » et « faire de tous les peuples des disciples » de Jésus.
En réponse à nos doutes, Jésus nous bénit. Une parole de bénédiction est une parole qui donne de l’espace, qui fait grandir et qui conduit vers la liberté. Lorsqu’on bénit ou que l’on dit « que le Seigneur te bénisse », on dit : « que ça se multiplie ! ». En hébreu, entre le verbe créer « bara » et le verbe bénir « barak », il n’y a qu’une lettre de différence : c’est le « k » (kaph), qui évoque la multiplication. Bénir, c’est non seulement dire du bien, mais aussi se mobiliser pour que ce bien arrive à la personne qu’on bénit. Nous sommes bénis, lorsqu’une personne autre que nous nous autorise à faire quelque chose et nous en rend capables, en nous donnant en même temps la promesse et le moyen de réussir, l’autorité (la légitimité) et le pouvoir de le faire. C’est ainsi que Jésus nous bénit en nous envoyant en mission : sa bénédiction, accompagnée d’un appel, nous rend dignes en nous rendant capables de répondre au don qui nous a été fait !